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Demandez la permission aux enfants!

La critique d'Excessif

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demandez_la_permission_z2 L'HISTOIRE : Les enfants ont pris le pouvoir ! Entre Lola l'insolente qui mange les pieds sur la table, Maxence et Clarence les affreux jojo désobéissants qui ont toujours un mauvais tour caché derrière leur sourire d'ange, Clémence la vénale qui ne rend aucun service gratuitement ou encore Salomé et Rachel les pleurnichardes obnubilées par leurs consoles de jeux, ils ont dépassé les bornes... Bien décidés à ne plus se laisser faire, leurs parents vont unir leurs forces pour rendre à ces petits diables en culottes courtes la monnaie de leur désobéissance... Entre les enfants rois et les parents rebelles, désormais, tous les coups sont permis !
De plus en plus de parents s’avouent vaincus face aux caprices de leurs chérubins. Les enfants-rois comme on les appelle, après avoir fait le bonheur d’M6 dans l’émission Super Nanny, débarquent au cinéma dans la nouvelle comédie du réalisateur d’Il Ne Faut Jurer de Rien Eric Civanyan, dans un film dont l’affiche est fortement inspirée de celle de la série télé The War at Home, traitant un peu du même sujet.

DEMANDEZ LA PERMISSION AUX ENFANTS
Un film de Eric Civanyan
Avec Sandrine Bonnaire, Pascal Légitimus, Anne Parillaud
Durée : 1h36
Date de sortie : 04 avril 2007



Dépassés par le comportement insolent de leurs enfants, trois couples décident de se serrer les coudes pour faire comprendre à leurs bambins qui sont les chefs à la maison.

Demandez la permission aux enfants fait partie de ces films ancrés profondément dans leur époque, et qui n’auraient jamais vu le jour il y a encore dix ans. Car à cette époque, il va sans dire que face au manque de respect de leurs têtes blondes, les parents n’auraient pas hésité longtemps avant de coller une fessée au plus jeune et un « aller-retour » aux grands. L’histoire aurait été réglée en cinq minutes et le film d’Eric Civanyan aurait eu sa place dans notre rubrique « court à la une ». Mais les temps ont changé et la peur de voir débarquer la DDASS un dimanche soir à la maison parce qu’on a privé le petit dernier de dessert hante l’esprit des parents. Dans ces conditions, le traitement du sujet du film se devait d’être moins frontal.



Et c’est exactement ce que fait le réalisateur en nous offrant une comédie que l’on qualifiera de « décalée » dans laquelle le pitch pourrait être une paraphrase de John Rambo : « Pour gagner la guerre, il faut devenir la guerre », réadaptée en : « pour éduquer ses enfants, il faut devenir ses enfants. » C’est donc un syndrome de régression que vont devoir subir ces couples de quadra, ce qui les mènera à jouer des ruses plus ou moins crasses à leurs mioches pour leur faire comprendre à quel point c’est insupportable de vivre avec quelqu’un qui pique des caprices pour tout et rien. Et il faut bien avouer que cela fonctionne assez bien, et les scènes de pétage de plombs des adultes font mouche à tous les coups.


Car si le casting d’enfants est très bien trouvé (il y a de fortes chances pour qu’on revoit bientôt la petite Lola, interprétée par Rebecca Marder, dont la justesse apporte un vrai plus au métrage), ce sont bien les parents qui sont le plus souvent au cœur des gags et en ce sens les le casting choisi par Civanyan pour ses personnages est vraiment réussi.



On retrouve donc dans Demandez la permission aux enfants Pascal Légitimus, déjà très drôle dans Madame Irma, en beau-père roublard prêt à toutes les fourberies pour se faire respecter, marié à Sandrine Bonnaire, dont le regard trahit la grande lassitude des mères qui ne dorment plus la nuit sans un demi flacon de Xanax, confrontés à leur fille Lola en pleine crise de MSN-ite aigue, qui passe plus de temps au téléphone ou devant son ordinateur que devant ses cahiers. De l’autre côté, on trouve le tandem Anne Parillaud – Pierre Cassignard, respectivement mère lunaire obsédée par ses vêtements et père à la recherche d’une autorité, qui tentent tous deux de faire face à leurs deux chipies de filles, dont les cris incessants arriveraient peut-être à énerver un yogi centenaire. Seul le dernier couple d’aristos coincés et leurs pirates de gamins (de vrais sauvageons, ils disent « poil au zizi » et tout !) paraissent un peu plus fades et nous semblent peut-être en trop dans le récit. D’ailleurs, on sent bien que le réalisateur ne savait pas trop quoi en faire, les oubliant une bonne partie du film. Dommage, car Michel Vuillermoz et Michèle Garcia auraient mérité des rôles un peu plus consistants.



Une comédie assez singulière donc, et somme toute sympathique, qui amusera ceux qui ont toujours assisté à la détresse des parents de loin. Par contre, ceux qui vivent déjà le problème dans leur vie n’auront pas forcément de réponses à leurs interrogations sur la manière dont leurs enfants doivent être éduqués, et ne seront pas amusés par certaines scènes qu’ils doivent vivre au quotidien, mais pourront peut-être montrer le film à leur progéniture pour régler quelques tracas à la maison.

Pierre Delorme

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