L'HISTOIRE : Angel est un homme égoïste et sans principes qui s'éveille un matin avec des ailes dans le dos. Il s'efforce de les dissimuler mais les autres clients du bar où il a ses habitudes vont finir par percer son secret ... De quoi dérouter les aficionados.


Alors qu’auparavant tous les débordements érotico-gores étaient autorisés par la grâce de l’animation (se souvenir de L'impitoyable lune de miel ou même Les Mutants dans l’espace), l’humour devient cette fois-ci plus désespéré que trash. Passé la découverte des ailes et la manière dont le protagoniste cherche à s’en débarrasser, l'histoire lorgne vers une ambiance Kafkaïenne de cauchemar absurde où le bien combat littéralement le mal et que Plympton surcharge de romantisme lyrique. On comprend mieux l'utilisation du noir et blanc qui n'a rien d'une facétie stylistique. Mais ces mélanges ne sont pas sans risques. Malgré des fulgurances, la peinture manque bizarrement de caractère et de mordant pour se hisser au rang des réussites du cartoonist. Le résultat, court comme souvent chez lui (seulement 1h18), se révèle donc assez inégal. Les progrès accomplis au niveau du graphisme sont épatants mais l’histoire trop nébuleuse a de quoi dérouter les profanes comme les aficionados. Reste un atout majeur qui devrait faire l’unanimité : une bande-son (avec notamment du Tom Waits) qui se substitue aux dialogues et contribue à un envoûtement durable.
Depuis plusieurs années, Bill Plympton porte haut le cinéma d'animation américain allant à contre-courant de la norme Walt Disney