En cette période estivale où les distributeurs nous proposent tout et n'importe quoi,
Détour mortel mérite un peu plus d’attention que les autres productions US sortant au même moment (comme le misérable
Biker Boyz et le navrant
Cody Banks : agent secret qui feraient passer respectivement
Fast and Furious et
Spy Kids pour des oeuvres majeures du cinéma). Non pas que cette production horrifique va révolutionner le genre mais simplement parce qu’elle parvient grâce à un vrai savoir-faire technique associé à un premier degré des plus efficaces à nous faire passer un bon moment.
DETOUR MORTELRéalisateur : Rob Schmidt
Acteurs : Desmond Harrington, Eliza Dushku, Emmanuelle Chriqui, Jeremy Sisto, Lindy Booth
Durée : 1h 32
Sortie : 30 juillet 2003
Désirant éviter un énorme bouchon, Chris Finn décide de quitter l’autoroute pour s’aventurer sur un chemin de terre. Au détour d’un virage, il emboutit violemment la voiture accidentée d’un groupe de jeunes. Sans moyen de locomotion, la troupe s’aventure dans les bois sans se douter que l’horreur les guette.Débutant par une séquence impressionnante, véritable hommage aux
Dents de la mer de Spielberg mais en mode varappe (avec en point d’orgue, une utilisation du son multicanaux aussi ingénieuse qu’efficace et qu’on a hâte de réentendre en DVD),
Détour mortel annonce d’emblée la couleur. Oui, le film de Rob Schmidt n’a rien d’original et n’évite pas les facilités inhérentes au genre (notamment dans le comportement de nos héros, souvent bien empotés pour ne pas dire plus, cf/la scène des chiottes). Mais oui aussi, il bannit le second degré qui gangrène le cinéma d’horreur moderne pour offrir au spectateur la dose d’adrénaline qu’il est venu chercher.
Sans doute conscient de ne faire qu’un revival modernisé de films aussi cultes et insurpassables que
La colline a des yeux et
Massacre à la tronçonneuse (on y perd l’aspect vraiment glauque au profit d’un esthétisme plus léché mais qui a aussi du bon, à l’image d’une épatante poursuite dans les arbres), Rob Schmidt s’applique à bien emballer chacune des nombreuses séquences chocs du métrage. Généreux dans l'effort et bien aidé par une équipe technique chevronnée (les cannibales de Stan Winston sont plus que "présentables"), le jeune réalisateur parvient ainsi à concocter quelques plans gore aussi solidement assumés que joliment mis en évidence.
Alors, certes, les habitués du ce type de production ne seront jamais réellement surpris par le déroulement des opérations (on sait d’avance qui meurt et qui va en réchapper,…) mais il se dégage pourtant de
Détour mortel cette impression de plus en plus rare d’être pris avec un minimum de sérieux par l’équipe du film, à l’image d’une bande de comédiens très convaincant et d’un réalisateur intègre dans sa volonté d’œuvrer pour un retour aux sources d’un cinéma d’horreur tout simplement plus effrayant.