Présenté en avant-première à "L’étrange festival",
Dirty Mind est le second volet de la trilogie sur l’amour et la souffrance écrite et réalisée par Pieter Van Hees.
Après avoir été révélé avec l’excellent
Left Bank, Pieter Van Hees ne voulait pas se spécialiser dans l’horreur et signe un nouveau film totalement différent du précédent, recelant néanmoins les mêmes préoccupations thématiques (les dérives organiques, le regard des autres). A la base écrit comme un thriller,
Dirty Mind ne ressemble ni plus ni moins qu’à une pochade inoffensive et gentiment trash dont l’intérêt repose sur les gesticulations de l’acteur principal (Wim Helsen) en roue libre. Fasciné, Van Hees oublie juste le principal : construire une intrigue avec un minimum de rigueur (le dernier tiers est assez épouvantable). Loin de la préciosité formelle de
Left Bank qui plaçait son auteur quelque part entre Lynch et Polanski, l’image granuleuse à outrance et la mise en scène de
Dirty Mind aimeraient évoquer l’urgence burlesque de
L'hôpital et ses fantômes, de Lars Von Trier, un autre toqué des trilogies. Mais le cinéaste flamand n’est jamais aussi méchant que le Danois. A tous les niveaux, c’est un échec.