La critique d'Excessif

2/5
db_evolution_vign23 L'HISTOIRE : San Goku est un guerrier extra-terrestre avec des pouvoirs extraordinaires, tombé sur Terre il y a des années. Ayant perdu la mémoire lors du crash, il fut recueilli par un vieil homme, Son Gohan, qui devint pour lui comme son grand-père et l'entraîna aux arts martiaux. Mais lorsque le vieil homme meurt, il confie à son petit fils une mission cruciale : retrouver les 7 boules de cristal, et cela avant que le démon Piccolo ne s'en empare pour détruire la Terre et contrôler l'Univers...
Sans imagination ni maestria, au mieux, on s'ennuie.
Quand Stephen Chow sous l’égide de la 20th Century Fox s’est attelé à l’adaptation de Dragon Ball, le manga d’Akira Toriyama, l’envie était grande de voir le film qui en découlerait. Hélas, se destinant à un public essentiellement occidental et porté par des capitaux américains, Dragonball Evolution ne parvient pas à faire mieux que Le Royaume interdit en frustrant les fanatiques et les amateurs de la saga de San Goku.



 

 

Une pâle relecture du manga

Qui pense adaptation filmique se doit avec raison de souligner l’évidente trahison que cela implique ; néanmoins, il est un écart entre adaptation - qu’elle soit libre ou pas- et négation même de ce qui fait le sel d’une œuvre originale. En l’occurrence, l’attelage James Wong- Stephen Chow n’a pas voulu réfléchir plus avant, dénaturant dans ses thématiques, ses origines, sa progression ou son incarnation, une histoire au long cours qui méritait un bien autre traitement. En effet, alors que le manga originel présuppose un Goku enfant qui ne sait pas pourquoi son grand-père et seul parent est mort, Dragonball Evolution pour des raisons évidentes de durée et de lisibilité, opte pour un début bien différent. Goku est un lycéen qui penche plutôt vers l’étudiant, il ne s’intègre pas et son grand-père l’a formé à un destin bien particulier. Or, sur fond d’univers futuriste plus ou moins réussi, ce dernier, valeureux expert en arts martiaux, n’imaginait sans doute pas qu’à la prochaine éclipse de lune, Piccolo, un Namec extraterrestre, allait revenir l’affronter et le laisser mourant, attribuant à son petit fils la responsabilité de sauver l’humanité au travers d’une quête inattendue, celle des sept boules de cristal.

 

 

 

Ainsi, commence donc Dragonball Evolution et il faut bien avouer que l’on conçoit mieux l’emploi du terme « évolution » tant l’écart est flagrant et abyssal entre le film que l’on nous montre et le manga ou le dessin animé que beaucoup connaissent. Cependant, de tels choix (durée, respect de l’histoire, des personnages, obligation d’accessibilité…) s’ils peuvent s’entendre, n’enlèvent rien au contenu propre du film. Tout d’abord, l’histoire n’emballe pas du fait de sa linéarité poussive et prévisible, ensuite, si elle oublie par exemple de révéler comment Piccolo s’est libéré du charme originel qui l’enferma, elle s’appuie surtout sur une progression par à coups qui n’affiche ni cohérence ni inscription dans un durée acceptable pour un tel récit – la quête des boules en est l’exemple fort. Mais finalement, ce qui heurte le plus, c’est la visée essentiellement commerciale du projet et le fait qu’il se destine à une exploitation internationale…



La somme de toutes nos peurs

En effet, reposant sur un acteur anglo-saxon débutant et ne maîtrisant en rien les arts martiaux, Dragonball Evolution se heurte à l’un des écueils entrevus parmi d’autres dans Le Royaume Interdit : celui d’une interprétation qui tente de passer pour crédible par le truchement des effets spéciaux. Ainsi, sans accabler le jeune personnage principal vu auparavant dans Weeds, on peut s’arrêter sur le comédien jouant Piccolo avec ses airs de série Z. Simplement grotesque sous son masque, il navre d’emblée et les effets spéciaux malgré leur récurrence ne peuvent cacher son peu de charisme, quant aux sbires fantastiques qui l’accompagnent, leurs qualités sont ou inexistantes, ou impossibles à distinguer. Pour tout dire, le seul à ne pas sembler réciter des chorégraphies savamment répétées et à s’en sortir n’est autre que Chow-Yun Fat, dont on se demande bien pourquoi il figure au générique d’un tel film aux côtés des surprenantes Jamie Chung et Emmy Rossum. Ainsi, autant du fait de son interprétation, de ses choix esthétiques et narratifs que de sa mise en scène, on ne croit guère à ce que l’on nous offre et ce n’est pas l’emploi lassant d’une photographie triturée à l’image de synthèse et d’un cadrage serré et récurrent qui changeront la donne. Or, si l’on attendait bien davantage, c’est hélas tout ce que l’on craignait qui s’affiche à l’écran.

 

 

 

 

Dès lors, à des années lumière de l’univers cohérent, familier et décalé du Dragon Ball de Toriyama, on se doit de subir une histoire où tous les personnages caricaturaux au possible, peinent à simplement exister et pire, à faire croire aux mésaventures qu’ils vivent. Si l’on ajoute à cela les thématiques et les tics récurrents du cinéma de James Wong (citation introductive superfétatoire, recours exagéré au ralenti, mise en scène à visée vainement spectaculaire, dualité, apprentissage et maîtrise de soi…), on reste plus que déçu du résultat final. Certes, les effets spéciaux acceptables s’inscrivent dans une honnête moyenne pour ce type de production, mais le film ne peut reposer sur si peu et c’est bien là que réside notre profonde frustration. En effet, en ne comprenant pas l’essence du manga et en ne voulant en conserver que les aspects les plus spectaculaires – et encore –, la volonté de toucher un large public associée à la faiblesse de l’équipe réunie font que Dragonball Evolution est un échec flagrant.

 

 

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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