L'HISTOIRE : Jin se réveille d'un cauchemar dans lequel il a eu un accident de voiture en se rendant chez son ex-fiancée. Quelques heures plus tard, il se retrouve sur le lieu d'un accident survenu dans les mêmes circonstances. Il suit la police jusqu'à la maison de la suspecte, Ran. Celle-ci nie avoir provoqué l'accident, puisqu'elle a dormi toute la nuit. Pourtant, Jin est intimement persuadé qu'il existe une connexion inexplicable entre lui et cette étrangère.
Le nouveau Kim Ki-Duk : un rêve sans réveil où les nuits sont plus belles que les jours.
Comment faire pour nourrir l’intensité d’un couple durant des années ? Est-il possible d’aimer la même personne toute une vie? Peut-on pardonner à celui/celle qui a trahi? Pourquoi recommencer une nouvelle relation si c’est pour tout détruire? Peut-on retrouver confiance en soi? Kim Ki-Duk rend compte de la dégradation physique et morale dans un écheveau aux allures de labyrinthe proustien où les sens sont prisonniers de leur première fois. Comme toujours, il a beaucoup mis de lui-même dans les situations pour les avoir vécues. Partant du principe que parler de soi revient à parler des autres, Kim Ki-Duk avait tous les éléments pour réaliser un film ultime sur l’amour destructeur, en mêlant le texte et l’image, le sens et la sensation, l’abstraction et l’émotion. Bizarrement, il n’arrive jamais à lui conférer une force inédite et dans le même genre, il n'est pas interdit de préférer L'écureuil rouge (Julio Medem, 1993). Sans retrouver la grâce de ses précédents longs-métrages, le cinéaste coréen laisse apparaître les coutures de son style. Mais on peut se rassurer sur l’avenir de son cinéma en se disant qu’il a réalisé le sublime Locataires après l’échec artistique de L'arc, dont il aurait pu ne jamais se remettre.
Romain LE VERN
A l'occasion de la sortie de Dream, son nouveau long métrage, retour sur la carrière passionnante de Kim Ki-Duk.