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Elève libre

La critique d'Excessif

3/5
eleve_libre L'HISTOIRE : Jonas, seize ans, vit un nouvel échec scolaire et pense pouvoir tout miser sur le tennis mais il échoue aux portes de la sélection nationale. Il rencontre Pierre, un trentenaire, qui touché par sa situation, va le prendre en charge. Fort de ce lien privilégié, Jonas abandonne l'école publique. Incapable de fixer les limites de cette relation, l'éducation va dépasser le cadre purement scolaire.
Histoire trouble.

Jonas, un jeune garçon de seize ans, échoue dans son parcours scolaire alors qu’il place ses espoirs dans sa passion, le tennis. Mais l’échec le rattrape lorsqu’il manque sa sélection au niveau national. Jonas se réfugie auprès de ses amis trentenaires, Pierre un célibataire cadre et Dider et Nathalie, un couple qui semblent proches et complices. Quand Jonas choisit de se préparer à un concours pour sauver sa situation, les trois adultes lui proposent de l’aider en le soumettant à des cours particuliers. Bientôt, aux côtés des mathématiques et de la chimie, un autre enseignement va peu à peu s’immiscer, celui de l’éducation sexuelle. Jonas fréquente une jeune fille de son âge et sa curiosité va l’entraîner dans les frasques de Pierre, Didier et Nathalie, des libertins qui ne semblent pas connaître de limites.

 

N’y allons pas par quatre chemins, la perversion est le sujet central du film. Innocent, Jonas devient le jouet d’adultes qui, sous couvert de l’adage « il est interdit d’interdire », n’hésitent pas à emmener le jeune adolescent dans les méandres des pratiques sexuelles et du libertinage, lui qui commence à peine à connaître ses premières érections. Le film évite heureusement le voyeurisme et le grotesque par la grâce de la direction d’acteur et par une mise en scène sobre et dépouillée. Le cadre n’est pas une arène où se dérouleraient les orgies les plus inconvenantes mais au contraire enferme les personnages dans leurs principes et dans leur solitude. Le film cultive l’ambiguïté et le non-dit, pourtant, avec rétrospective le réalisateur assène un moralisme rétrograde et dénué de contrepoint.

A ses yeux en effet, nul salut pour ces adultes pervers qui prennent plaisir à jouer avec leur victime, victime par ailleurs consentante puisqu’il en va de son succès au concours. Perversité suprême, Pierre, dans son enseignement de Camus et de l’homme révolté qui pense par lui-même, fait croire à son jouet que ce dernier pense en effet selon ses propres désirs alors que, bien entendu, Pierre provoque et influence ses choix. Pour démontrer toute la faiblesse de ces personnages peu scrupuleux, le cinéaste Joachim Lafosse n’hésite pas à faire de Pierre un pédéraste et un pédophile refoulé et du couple deux êtres à la dérive qui, à la fin, n’arrivent plus à se trouver, comme si les pratiques sexuelles marginales conduisaient forcément vers l’échec, la honte et le repli sur soi.

 

C’est bien là que le bât blesse, la relation ambiguë de Pierre et de Jonas rappelle le type de rapports que pouvaient soutenir les anciens grecs, ceux qui rapprochaient les mentors et les éphèbes, les plus anciens transmettant un savoir et une expérience lorsque les plus jeunes procuraient volupté et tendresse. Non ici, plutôt que la seule transmission et le respect, c’est bel et bien la perversité qui s’impose et qui conduit le récit plus profondément dans la transgression. Le libertinage, l’homosexualité et les pratiques sexuelles généralement considérées comme tabous dans les discussions sociales sont ici bien évidemment le centre des dialogues, paradoxalement les adultes n’offrent pas de solutions aux problèmes amoureux de Jonas, bien au contraire, ces discussions inconsidérées lui font perdre tout repère. En définitive le film place la jeune amoureuse de Jonas, Delphine, pudique et sincère, comme l’être le plus équilibré car elle ne dissocie pas l’acte du sentiment. Un film audacieux dans sa forme mais pudibond dans son fond, où la sexualité qui se voudrait juste et équilibrée ne peut se départir du sentiment amoureux, seule cause admissible qui permet d’explorer les choses de la vie avec naturel et respect.

Le verdict des internautes

Total des votes : 16

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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klohai 14/02/2011 à 06h16
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