Film tourné en deux fois, entre 1994 et 2006,
En souvenir de nous repose sur la dualité temporelle mise en rapport avec l’unité de lieu, mais surtout sur un triste parallèle avec la réalité, endeuillée par la mort d’une des actrices. Le drame du film s’ancre donc dans le réel, mais l’émotion, que l’on imagine forcément sincère, a du mal à passer par delà l’écran.
EN SOUVENIR DE NOUSUn film de Michel Léviant
Avec Hélène Lapiower, Marie Vinoy, Iliana Lolic
Durée : 1h31
Date de sortie : 22 août 2007Après le suicide de leur amie Jeanne, les deux sœurs Marielle et Colombe, se souviennent de l’été passé douze ans auparavant dans la maison de campagne de celle-ci. Le bonheur, l’amour, les rivalités… et peut-être la cause du suicide de Jeanne.Le fait que les acteurs vieillissent avec leurs personnages représente à coup sûr une aubaine, le diptyque
Before sunrise /
Before sunset l’a brillamment prouvé. Pourtant,
En souvenir de nous ne parvient pas à transcender son passé. Au lieu d’y puiser l’énergie ou simplement un état d’esprit, pour partir sur de nouvelles bases, le film se morfond dans ces souvenirs relativement heureux opposés à la l’incommensurable tristesse du présent. Une sorte d’autoflagellation pas vraiment salvatrice car particulièrement régressive.
Certes, la nostalgie de la jeunesse, la naïveté et l’insouciance des belles années attirent comme un aimant la caméra, ce qui paraît assez logique. Mais les scènes du présent ne donnent aucune profondeur, ou alors trop superficielle, à ce passé. D’où une curieuse sensation de vacuité alors même que les évènements narrés s’inscrivent dans un drame que l’on devine poignant et complexe. Dommage, car l’idée ne manquait pas de potentiel.