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Envoyés très spéciaux

La critique d'Excessif

2/5
envoyes_tres_speciaux_vign L'HISTOIRE : Franck, journaliste populaire, et Poussin, ingénieur du son, travaillent au sein d'une célèbre radio nationale, spécialisée dans l'information et appelée R2I. Envoyés en Irak où les conflits s'intensifient, et ce, afin de couvrir l'évènement, les deux journalistes ne réussissent même pas à quitter le territoire français. En effet, Poussin a malencontreusement « égaré » les billets d'avion ainsi que 20 000 euros prévus pour leurs frais personnels. Cachés à Paris, en plein coeur du 18ème arrondissement, les deux hommes tentent néanmoins d'assurer un minimum, et s'inspirent des informations internationales afin de réaliser leurs propres reportages. Surmédiatisés, ils entrent alors dans un terrible engrenage...
Pas mal du tout !

Réalisateur d'un San Antonio de triste mémoire, Frédéric Auburtin fait aujourd'hui son grand retour, soutenu par le comédien Gérard Lanvin, en signant la mise en scène du film Envoyés très spéciaux, ayant pour thème, entre autre chose, "la prise d'otages", ici traité avec humour. Quelques mois après la libération d'Ingrid Bétancourt, le long métrage crée d'ores et déjà la polémique, en reposant l'éternel débat : "Peut-on rire de tout ?". L'humoriste Pierre Desproges répondait à cela : "Oui, mais pas avec n'importe qui". En ce sens, nul doute que certains risquent de s'offusquer à la vue de ce film détournant un sujet ô combien houleux vers une farce burlesque dans la plus grande tradition française. Dommage, car le résultat se révèle être une totale réussite, ou presque (ce qui est déjà pas mal).

 

  

 

Dans un premier temps, nous étions en droit de nous inquiéter. Sur le papier, le projet se présentait comme une énième comédie à la française, basée sur un duo, certes inédit dans la forme, (Gérard Jugnot aux côtés de Gérard Lanvin) mais dans le fond ultra-répétitif (le boulet et le meneur). A l'écran cependant, force est de constater l'efficacité de ce nouveau couple, aussi irrésistible qu'attachant. Jugnot interprète un personnage proche du film Tandem, dans une version nettement moins dramatique, face à Lanvin, toujours aussi dur, mais cachant en lui une sensibilité insoupçonnée. Les deux personnages se complètent ainsi merveilleusement bien et apportent beaucoup à l'humour du film, l'essentiel reposant même sur leur seule confrontation. Par ailleurs, certaines séquences devraient rapidement devenir cultes, à l'instar de l'enregistrement vidéo des deux otages "bidons", ou bien encore celle des claques successives données par les ravisseurs, clin d'oeil sympathique au film réalisé il y a maintenant plus de vingt ans par Francis Veber, La Chèvre, l'une des références les plus importantes du genre.

 

Mais cette force a ses limites. Trop centré sur les protagonistes, le film en oublie parfois ses personnages secondaires, dont le potentiel n'est pas assez exploité. C'est notamment le cas de la gente féminine, représentée ici par Valérie Kaprisky, toujours aussi envoûtante, et Anne Marivin, surfant sur l'interminable succès de Bienvenue chez les Ch'tis. Indispensables au récit et "responsables" en grande partie du caractère des deux héros, elles n'interviennent que trop brièvement au sein du métrage, à tel point que leurs apparitions finissent par en devenir presque gratuites. Et nous pourrions en dire autant d'Omar Sy, formidable dans le Service après-vente des émissions sur Canal Plus, mais ici à la limite de l'anecdote, dans un minuscule rôle d'homosexuel, ou bien encore de Serge Hazanavicius, frère de Michel, immense comédien injustement sous-exploité dans l'ensemble de la production hexagonale. Un réel gâchis. En revanche, le film a la bonne idée de mettre en avant de nouveaux visages, tels que Guillaume Durand (cela change de PPDA, figure journalistique récurrente au cinéma, malgré tout le respect que nous lui portons), ou l'humoriste Laurent Gerra, jusqu'ici ignoré par le Septième Art (à moins que ce ne soit l'inverse...). Est-ce l'annonce d'une grande carrière ? Nous le lui souhaitons, après ces débuts forts prometteurs.

 

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Ecrit par Simon Michael (ex membre de la brigade anti-terroriste) et Jacques Labib (ex grand reporter à RTL), Envoyés très spéciaux a l'avantage de reposer sur un script parfaitement bien construit et d'une rigueur à toute épreuve. Connaissant le milieu avec précision, les auteurs vont au bout de leur sujet; ils livrent même une histoire à la fois originale et culotée, au rythme trépidant. Au final, on ne s'ennuie pas un seul instant, malgré un début légèrement poussif (armez-vous de patience les quinze premières minutes !). La comédie française semble donc enfin avoir repris son souffle. Parallèlement, Frédéric Auburtin exécute son travail de metteur en scène avec efficacité et sérieux, "entièrement au service de l'histoire" pour reprendre ses propres termes. A ce niveau, le cinéaste a effectué une réalisation tout à fait honorable, sans pour autant révolutionner l'Art du Septième Art. Mais ce n'est pas ce que l'on demande à un long métrage de pur divertissement. Et si l'on excepte sa participation au tournage de Paris je t'aime, Envoyés très spéciaux se révèle même être sa plus grande réussite à ce jour. Ce n'est pas rien ! On attend désormais son prochain avec impatience...

 

L'année 2009 s'ouvre donc sur les chapeaux de roues, avec cette comédie française détonante, marquant d'une pierre blanche la création d'un duo enfin réussi après moults échecs, et le come-back d'un "jeune" réalisateur sur qui il faudra désormais compter. En tous les cas, lorsque vous regarderez ce film, vous risquez d'être pris en otage par vos propres zygomatiques. Vous voilà prévenus...

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Le verdict des internautes

Total des votes : 13

Les notes des internautes

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    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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