La critique d'Excessif

2/5
fighting_cineok L'HISTOIRE : Shawn MacArthur débarque de sa petite bourgade natale à New York sans un sou en poche. Survivant avec peine de la vente à la sauvette, sa chance va tourner quand le peu recommandable Harvey Boarden lui découvre un talent naturel pour le streetfighting. Harvey se propose d'aider Shawn à subvenir grassement à ses besoins et ils forment à eux deux une alliance incertaine. Harvey, devenu le manager de Shawn, l'initie au monde clandestin du combat à mains nues où de lourds paris s'opèrent sur les adversaires comme s'il s'agissait de simples pions. Shawn devient presque instantanément une star, défiant boxeurs professionnels, champions d' arts martiaux et aux combattants de l'ultime au cours de matchs terriblement violents. Mais pour sortir de cet univers corrompu, Shawn va devoir remporter son plus dur combat ...
Un film aux accents reconnaissables et surtout politiquement correct.



 

Dito Montiel s’était fait remarquer en 2006 au Festival de Sundance avec son premier long-métrage, A guide to recognizing your saints, avec déjà Channing Tatum dans un des rôles titres. Avec Fighting il revient une fois de plus dans les bas quartiers de New York où le cinéaste a grandi. Population cosmopolite, petites arnaques de rue, arrière-cours de magasins, appartements minables et luxueux, Dito Montiel tente de filmer New York différemment et y réussit presque. Là où un Scorsese gratter la patine pour montrer de manière approfondie le quartier de Little Italy dans Mean Street, Montiel malheureusement passe trop vite sur les singularités de chaque lieu pour faire des décors un personnage à part entière. Les premières images de la trajectoire du jeune homme dans le métro donnent un ton réaliste très intéressant que le cinéaste abandonne en cours de route pour mieux laisser filer la narration, pour éviter les temps morts. Hors la vie de Shawn ne se résume qu’à ça, attendre perpétuellement que quelque chose arrive, que ce soit un combat ou bien la sortie de boulot de celle qui lui tient à cœur. Ce quotidien minable échappe totalement au film même si, parfois, l’on en a un écho à travers la vie d’Harvey, l’autre grand looser de l’histoire.

 

Montiel passe donc à côté du film à faire même s’il échappe aux sempiternels clichés du film de rue avec ses voyous cinématographiques. Autre écueil évité, celui des combats spectaculaires. Non ici les combats restent sobres, voire un peu brouillons. Mais aucune étincelle ne vient allumer la mèche pour donner un film un caractère plus nerveux, plus explosif. Si Terrence Howard est audacieux dans son interprétation du frileux Harvey, Channing Tatum en fait un peu trop dans son rôle de garçon blessé par sa relation filiale. Lui qui se dresse sans hésitation contre ses opposants devient tout à coup très maladroit dans sa tentative de séduction de Zulay, la serveuse. Cette histoire amoureuse manque de sel pour éveiller suffisamment l’intérêt du spectateur. Ces petits défauts n’auraient cependant pas empêché au film d’avoir une certaine saveur s’il n’était pas phagocyté à chaque instant par une musique omniprésente, tapageuse et souvent contradictoire avec le propos. Gangsta’ rap à outrance, avec cependant un zest de jazz (Speaking of happiness), le film tombe tout à coup à plat, la musique procurant ce fameux côté spectaculaire que l’image, heureusement, ne possédait pas. Au lieu d’un film âpre et rugueux semblable au macadam des quartiers oubliés de la Grande Pomme, on nous sert un film aux accents reconnaissables et surtout politiquement correct.

David A.

Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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