L'HISTOIRE : Issue d’une famille de nomades somaliens, Waris connaît une enfance rude mais heureuse car entourée des siens. Mais quand son père décide de la marier à l’âge de 13 ans, Waris prend la fuite. Traversant le désert au péril de sa vie, elle atteint la ville de Mogadiscio et retrouve sa grand-mère. Cette dernière lui fait quitter le pays en lui trouvant un poste de « bonne à tout faire » à l’ambassade de Somalie à Londres. Waris y travaille pendant 6 ans, telle une esclave, totalement recluse et coupée du monde extérieur. Quand la guerre civile éclate en Somalie, l’ambassade ferme. Waris se retrouve livrée à elle-même dans les rues de Londres, ne sachant pas un mot d’anglais. C’est alors qu’elle rencontre Marilyn avec qui elle se lie d’amitié. Cette jeune femme, délurée et originale, l’héberge et l’aide à trouver un emploi. Travaillant dans un fast food, Waris est remarquée par un célèbre photographe de mode. Grâce à lui, elle rejoint une agence de mannequins. Malgré de nombreuses péripéties, elle devient rapidement l’un des plus grands top model international. Sa célébrité est au plus haut et pourtant, derrière les paillettes et le glamour, se cache une blessure dont Waris ne se remettra jamais. Lors d’une interview Waris révèle l’excision dont elle fût victime à l’âge de 3 ans. Reprise par la presse internationale, sa confession bouleverse le monde entier. Waris a depuis décidé de dédier sa vie à combattre l’excision dont sont victimes des milliers de petites filles chaque jour. Une véritable leçon de vie
Fleur du désert évoque l'histoire tumultueuse de Waris Dirie, d'après son propre roman. Du désert de Somalie à Londres, la cinéaste Sherry Hormann nous présente sous forme de « fiction » l'un des parcours les plus atypiques du XXe siècle.
Les biopics se suivent et ne se ressemblent aucunement. Dans leur style bien sûr, mais aussi dans le choix de la personnalité représentée. Chanteur, acteur, politicien... Tous y passent. En 2006, La Môme d'Olivier Dahan relança la mode et connut un succès (mérité) des plus retentissants. Le film avait même réussi à convaincre la presse et les spectateurs à un niveau quasi identique. Dès lors, de nouveaux projets furent lancés, donnant lieu à divers résultats, bons ou mauvais. Ainsi, Antoine de Caunes ne se montra guère inspiré avec Coluche, l'histoire d'un mec (malgré la performance de son acteur principal François-Xavier Demaison), tandis que Sylvie Testud reçut tous les honneurs suite à sa brillante interprétation de l'écrivain Françoise Sagan. Dernièrement encore, Gainsbourg (Vie héroïque) semble avoir divisé un certain nombre de personnes (n'empêchant en aucun cas son triomphe en salles), sans oublier le déferlement d'oeuvres consacrées l'année passée à l'incontournable Coco Chanel. Entre fiction et documentaire, la limite devient donc floue et le Septième Art semble désormais vouloir se consacrer pleinement aux grands noms de notre Histoire. Aujourd'hui, c'est au tour de Waris Dirie, célèbre mannequin devenue écrivain, de passer sous la moulinette du biopic, sous la houlette de Sherry Hormann. A tous ceux qui pensaient être allergiques au genre, voilà le film de la réconciliation. Fleur du désert est en effet une réussite à bien des niveaux.
BIEN PLUS Q'UN SIMPLE BIOPIC
Fleur du désert est avant tout l'adaptation du roman autobiographique écrit par Waris Dirie, suivant pas à pas son incroyable parcours. Son histoire débute par une enfance tumultueuse. Issue d'une famille de nomades somaliens, Waris est excisée, comme le veut la tradition, lors de ses cinq ans. A l'âge de treize ans, son père décide de la marier. Waris décide alors de prendre la fuite. Traversant le désert au péril de sa vie, elle atteint la ville de Mogadiscio où elle retrouve sa grand-mère. Cette dernière lui fait donc quitter le pays en lui trouvant un poste de « bonne à tout faire » à l'ambassade de Somalie à Londres. La suite de son existence, bien que longue et difficile, sera faite d'expériences et de rencontres en tout genre, l'amenant progressivement en haut du podium et des succès mondiaux que l'on connaît. En ce sens, Fleur du désert a des allures de conte de fées moderne. Waris apparaît comme la petite soeur de Cendrillon, une jeune fille sans défense qui, bien que maltraitée durant toute sa jeunesse, finit par devenir une princesse aux yeux de tous. Une véritable leçon de vie. Le film aurait d'ailleurs pu s'arrêter là, sans que cela ne choque, du moins ceux qui ne connaissent pas la véritable histoire de Waris Dirie. Car cette femme est d'une importance primordiale au coeur-même de l'Humanité toute entière. En conséquence, ce film lui rend l'hommage qui lui est dû. Victime d'une excision étant enfant, elle finira par le révéler à la presse une fois célèbre, avant de rejoindre le Fonds des Nations unies pour la population, devenant alors « ambassadrice de bonne volonté » contre les mutilations génitales féminines. Grâce à son combat mené pendant de longues années, de tels procédés furent rapidement interdits, et ce, dans le monde entier.
En somme, bien plus que de nous résumer le simple parcours d'une femme exemplaire, Fleur du désert évoque aussi la violence faite à l'égard de certaines femmes, pour des raisons culturelles voire religieuses, et de ce fait, la lutte pour une éradication totale de ces pratiques jugées à juste titre inhumaines.
Gilles BOTINEAU
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