Trois ans après s'être enfermée dans une pièce de sûreté en compagnie de sa fille dans
Panic Room (David Fincher), Jodie Foster a de nouveau de bonnes raisons d'être paranoïaque dans ce thriller dont l'action se déroule à 11000 mètres d'altitude…
FLIGHT PLANUn film de Robert Schwentke
Avec Jodie Foster, Peter Sarsgaard, Sean Bean, Erika Christensen
Durée : 1h38
Sortie cinéma le 9 novembre 2005Déjà sous le choc du décès de son mari, Kyle Pratt prend l'avion de Berlin vers New York en compagnie de sa fille afin de rapatrier le cercueil du défunt. Alors qu'elle s'assoupit brièvement, sa fille disparaît. Le voyage vire au cauchemar pour Kyle qui part à la recherche de son enfant. Mais l'équipage n'a aucune trace de la présence de la petite fille à bord de l'avion…Flight Plan aurait pu se résumer à un simple thriller post 11 septembre en huis clos. En l'occurrence, le décor est justement un avion, ce qui évoque une psychose bien ancrée dans l'actualité. Mais le petit plus vient de l'état d'esprit dans lequel se trouve le personnage principal, Kyle Pratt (Jodie Foster), qui tente tout juste au début du film de rester connectée avec la réalité. La perte de son mari menace déjà de lui faire perdre pied et les premières images racontent d'ailleurs dans le désordre les faits marquants des jours précédant le vol, traduisant avec justesse la sensation d'irréalité que ressent une personne en état de choc dans ce type de situation. Lorsqu'elle survient, la disparition de la petite fille et de toute trace de celle-ci semble alors quasi surnaturelle, presque autant que le réveil des passagers dans
Les Langoliers de Stephen King.
Dans
Flight Plan, l'espace s'avère particulièrement bien utilisé puisque les recherches de Kyle Pratt révèlent au fur et à mesure la face cachée de l'avion, dont une partie seulement est accessible aux passagers. Dans un contexte où l'héroïne finit par s'interroger sur sa santé mentale, ce labyrinthe caché avec ses gardes qui en bloquent l'accès évoque inévitablement les souvenirs que l'héroïne pourrait tenter d'occulter et qui pourraient la faire basculer. Mais tout comme elle est la seule à connaître l'avion qu'elle a participé à designer, elle est aussi la seule à avoir les clés de son esprit, à pouvoir rétablir la distinction entre le réel et l'imaginaire. Propice aux paniques collectives, le confinement dans lequel se déroule l'action est aussi exploité à travers les comportements des autres personnages, rappelant qu'il en faut parfois peu pour réveiller les instincts primaires, comme ceux de l'homme qui ne cherche qu'une occasion pour agresser un Arabe barbu, alors qu'il se fiche pas mal du sort de l'enfant s'il y en a un. L'histoire de la mère qui redouble de courage et de sens de l'initiative dès lors que son enfant est menacé pourrait faire figure de cliché. Mais Jodie Foster parvient à faire passer avec l'intensité qui caractérise si bien son jeu le mélange de force et de vulnérabilité de son personnage et à donner à celui-ci une grande cohérence émotionnelle. Les autres comédiens s'avèrent aussi extrêmement crédibles, de Peter Sarsgaard en policier flegmatique à Sean Bean en commandant de bord intransigeant.

Là où le bât blesse, c'est dans le final que nous réserve un scénario par ailleurs bien construit mais qui peine à trouver une justification aux évènements qui se déroulent. En effet, si la première partie maintient efficacement la tension et le mystère, les enjeux perdent nettement en intérêt dès lors que l'on entrevoit l'explication, qui déçoit par son aspect trivial et un brin tiré par les cheveux. On retiendra cependant de
Flight Plan une atmosphère oppressante et un rythme qui ne faiblit jamais pour ce divertissement qui, à défaut d'être mémorable, reste haletant jusqu'à la fin.