L'HISTOIRE : La vengeance d'outre-tombe de Freddy Krueger, un meurtrier d'enfants tué par les parents du voisinage et attaquant désormais leur progéniture dans leurs rêves, qu'il transforme en cauchemars mortels. Une terrible vérité que va devoir comprendre la jeune Nancy pour mettre un terme aux morts suspectes de ses amis, tout en évitant d'être elle-même la victime de l'homme à la main aiguisée. Mais comment affronter ou échapper à un croque-mitaine surgissant dès que vous vous endormez ?
Un remake-fantôme manufacturé sans conviction du premier Freddy. Remboursez!
Ce faux reboot (et donc vrai remake) de Freddy avait un minimum de potentiel, ne serait-ce que pour tester la pérennité du boogeyman d'Elm Street et l'introduire à une nouvelle génération de spectateurs biberonnés à Saw et Hostel. Difficile pourtant de faire plus dissuasif que cette version qui tient plus de la relecture sans âme de Vendredi 13 (Marcus Nispel, 2009) que de celle de La dernière maison sur la gauche (Dennis Illiadis, 2009) ou de La colline a des yeux (Alexandre Aja, 2006). Non seulement elle est moins bonne que l'originale de Wes Craven mais, surtout, elle est moins bonne que tous les Freddy réunis, des meilleurs aux pires. Le premier point faible, c'est d'avoir remplacé le charisme, la voix, le physique, le cynisme et la vulgarité bouffonne de Robert Englund par Jackie Earle Haley. Ce n'est pas tant la faute de l'acteur qu'une simple constatation : Freddy n'est rien sans Robert Englund - c'est même lui qui faisait le prix de Freddy VS Jason (Ronny Yu, 2003). La composition du remplaçant est à l'aune d'un scénario outré qui entretient la vague illusion d'un passé mystérieux, d'une connotation pédophile et d'une nuance psychologique chez ce boogeyman, un peu à la manière de Candyman 2 (Bill Condon, 1995).

En fait, c'est un traitement qui voudrait lorgner vers celui que Christopher Nolan propose de Batman (The Dark Knight). Sauf qu'en le rendant plus «torturé», il ne convient plus à l'esprit de la saga où ce sont avant tout les adolescents les premières victimes de névroses et de pathologies (revoir Freddy 3 et 4) qui, par-dessus le marché, doivent le vaincre. L'envie de modifier la donne psychologique - voire de point de vue - aurait été passionnante si elle avait été tenue ; elle apparaît juste hors-sujet. A cause de cette fausse bonne idée, le seul enjeu de ces ados consiste à ne pas s'endormir et le paradoxe veut que ce soit le spectateur qui s'endorme, le trouillomètre à zéro. Avec l'ardeur d'un yes-man sous Tranxène, Samuel Bayer recycle sans inspiration ni humour noir, accumule tous les clichés que l'on déteste dans les films de genre liftés (interprétation uniformément calamiteuse des acteurs qui ont plus de dix ans que leurs personnages, esthétique de mauvaise sitcom sur MTV, dialogues navrants) - chaque scène empruntée aux différents épisodes (le plaquage au plafond, Freddy qui sort du mur, la salle de bain etc.) souffrant de la comparaison. D'où la sempiternelle question que l'on se pose face à ce genre d'accidents industriels : quel est l'intérêt de refaire ce qui a déjà été fait 26 ans plus tôt en carrément mauvais ?
Romain LE VERN
Monstre polymorphe par excellence, Freddy a endossé de très nombreuses apparences au cours de sa carrière. Alors, à l'occasion de Freddy - Les Griffes de la nuit et son lifting du boogeyman, découvrez la cauchemardesque galerie du croquemitaine aux mille visages...