Dans le premier
Garfield réalisé par Peter Hewitt et sorti en 2004, le célèbre matou amateur de lasagnes devait faire face à l'arrivée sur son territoire d'Odie, un petit chien si attendrissant qu'il menaçait de lui voler le cœur de son maître, Jon Arbuckle. Clairement destiné aux enfants, le film ne brillait pas par sa subtilité mais demeurait agréable à regarder, grâce à l'interaction entre le chat de synthèse et les deux vrais chiens qui lui donnaient la réplique dans le rôle d'Odie (les meilleurs acteurs du film !) et grâce à des thèmes on ne peut plus universels tels que la jalousie et la crainte de perdre sa place au sein du foyer. Avec
Garfield 2 de Tim Hill , fini le temps de la modestie. Notre héros ayant résolu ses problèmes de ménage avec son compagnon canin, il ne reste plus qu'à le catapulter en territoire exotique pour justifier de nouvelles aventures. Moins réussi que le premier, ce nouvel opus devrait toutefois plaire à un public enfantin.
GARFIELD 2Un film de Tim Hill
Avec Breckin Meyer, Jennifer Love-Hewitt, Billy Connolly, Ian Abercrombie, Lucy Davis, Roger Rees et Bill Murray
Durée : 1h18
Sortie le : 19 juillet 2006Jon part en Angleterre pour suivre Liz qui doit se rendre à une conférence importante dans un immense château. Entraînant le chien Odie dans le plan qu'il a échafaudé afin de retrouver son maître, Garfield, à peine arrivé sur le sol anglais, est pris par mégarde pour un chat issu de la haute noblesse qui lui ressemble trait pour trait et qui se prénomme Prince. La belle vie qui s'offre à lui est troublée par les manigances de Lord Dargis qui convoite l'impressionnant héritage du distingué chat au point de chercher par tous les moyens à éliminer Prince/Garfield…
Garfield, gros patapouf fainéant, pataud et gourmand qui soliloque à longueur de temps d'un air blasé, est susceptible d'appeler à une identification de la part d'un public adulte, capable de se reconnaître dans son ironie mordante. Une ironie que vient encore renforcer le doublage désinvolte de Bill Murray dans la version originale (Cauet en VF). S'il est finalement très humain, Garfield n'en oublie pas d'être un chat, et plus précisément le genre de chat qui se prend pour un dieu – comme tous les chats ?… Sans faire de miracle,
Garfield tirait correctement parti de cette double identité et permettait à Garfield d'accomplir un modeste parcours en s'ouvrant aux autres (le chien !), sans pour autant que son caractère bien trempé ne s'en trouve dénaturé.
En élargissant soudainement l'horizon du gros matou tigré,
Garfield 2 évacue quelque peu l'essence de son charme premier, à savoir ce regard critique vis-à-vis du monde des humains, hérité de sa position privilégiée d'observateur de leur intimité. Garfield nage désormais dans d'autres sphères et entend vivre sa vie hors du foyer. Plus rocambolesques que jamais, ses nouvelles aventures l'entraînent vers la découverte des mœurs de l'aristocratie anglaise, puisque son sosie n'est autre que l'un de ces chats auxquels une veuve richissime a légué tous ses biens, au grand dam des héritiers légitimes. Un pitch qui rappelle effectivement de loin certains faits divers cocasses du même genre venus tout droit d'Angleterre.
Plus encore que le premier film,
Garfield 2 cible presque exclusivement un public composé de jeunes enfants, la plupart des gags reposant sur du comique de situation à tendance burlesque qui ne manqueront pas de les divertir. Les adultes risquent de trouver le temps un peu plus long en revanche, et pas seulement parce que les seuls gentils humains auxquels se raccrocher, Jon (Breckin Meyer) et Liz (Jennifer Love-Hewitt), continuent de rivaliser de niaiserie. Lord Dargis (Bill Connolly), le vilain monsieur qui veut la peau de Prince et plus tard de Garfield, fait un méchant un peu trop caricatural pour convaincre totalement, même si l'acteur donne l'impression de bien s'amuser. Le plus triste est assurément de voir le chien Odie relégué au second plan, Garfield ne trouvant pas dans ce deuxième volet de partenaire à sa "hauteur", bien que les prétendants ne manquent pas. En dehors de notre héros, le personnage qui retiendra le plus l'attention n'est autre que l'autre chat du film, le placide et sympathique Prince.

Quelques moments de bravoure méritent d'être mentionnés, comme cette scène où Garfield, finalement pas si malheureux que ça d'être propulsé au rang de prince, met à contribution les talents des nobles animaux domestiques ainsi que ceux de la basse-cour du château, afin qu'ils lui concoctent son plat favori, les lasagnes. Le choc de la rencontre tant attendue entre Garfield et son sosie Prince ne manque pas de sel non plus.
Techniquement,
Garfield 2 surpasse son aîné grâce à une intégration et un rendu d'images de synthèse désormais sans faille, en dépit d'enjeux de taille puisqu'il n'y a plus un seul chat en vedette mais deux. Et si les deux matous semblent identiques à première vue, ils diffèrent en réalité par de petits détails qui tiennent à leur façon d'être, de se mouvoir, de réagir. Le climax du film joue d'ailleurs plaisamment sur cette ambiguïté tout en enchaînant les pitreries animales et humaines à qui mieux mieux, concluant en beauté ce divertissement léger et cartoonesque à destination des petits.