L'HISTOIRE : Marek, un officier de la police judiciaire, perd son collègue et meilleur ami lors d'une opération contre un réseau de trafiquants de drogue. Marek est alors muté dans un nouveau service de la PJ chargé des opérations d'infiltrations. Formé comme agent sous couverture, un "undercover", il sera chargé d'infiltrer un gang de trafiquants de drogue qui importe de la résine de cannabis en grande quantité depuis l'Espagne. La méthode de transport utilisée est celle du Go Fast : des voitures chargées de drogues remontant à très grande vitesse depuis le sud de l'Espagne vers des villes françaises.
Les premières images promotionnelles de Go Fast, et la façon dont Europa tente de le vendre ne laissait pourtant rien présager de tel. Les critiques grincheux dévalorisaient déjà ce projet, sans même l'avoir vu, notamment l'auteur de ces lignes. Heureusement, il y a parfois du bon dans le fait de se tromper. Premièrement, on apprécie d'autant plus le spectacle, et les qualités du métrage s'avèrent d'autant plus évidentes. Certains signes annonciateurs d'une telle réussite étaient pourtant visibles. La présence du réalisateur de Dikkenek, déjà évoquée, mais également le casting composé de Roschdy Zem et Olivier Gourmet entre autres. Et connaissant le niveau d'exigence du second nommé en particulier, il paraissait difficile de l'imaginer acceptant un sous Fast and Furious.
En l'occurrence, Go Fast élude bien vite cette comparaison intempestive et bien trop simpliste avec le film de Rob Cohen. Là où les bolides tunés américains volent clairement la vedette à tout autre élément du film, qu'il s'agisse du scénario ou des acteurs, Go Fast prend lui le temps d'installer les différents éléments de l'intrigue qui va se nouer sous nos yeux. Les engins motorisés ne se voient donc ici jamais magnifiés, ils servent juste au déroulement de l'histoire. Le look des voitures n'a d'ailleurs rien à voir avec les véhicules survitaminés d'un Fast and Furious ou d'un Taxi. Idem pour les courses-poursuites, que l'on attendait prédominantes durant les 90 minutes de métrage. En fait, mises bout à bout ces séquences ne doivent pas excéder le quart d'heure. Et c'est tant mieux, car le reste du temps est employé à bon escient.
Pleine de pepse et refusant catégoriquement les clichés faciles, la narration impose un rythme efficace au film et casse joyeusement quelques poncifs coutumiers du cinéma hollywoodien. Le héros subit ainsi un entraînement spécifique pour une mission d'infiltration à haut risque et bien qu'il dégage une assurance digne des plus grands action men outre-Atlantique, ne sait pas tout sur tout et va vraiment en baver. Roschdy Zem apporte au personnage cette présence incroyable, lui inculquant sa nature de force tranquille tout à fait adéquate ici.
Infiltration, trafic de drogue, quelques courses-poursuites quand même, tel est le cocktail réellement explosif du nouveau film d'Olivier Van Hoofstadt qui passe de manière éclatante et avec une aisance rare d'un registre à un autre. Ce réalisateur belge s'impose clairement comme l'un des talents à suivre dans les prochaines années.




Ce n'est qu'une date et une jaquette mais Go Fast vaut le coup d'oeil, surtout quand on sait que le Blu-Ray pourrait être un parfait allié pour tous les fans de spectacle motorisé de type Taxi ou ...