Quand on souhaite faire un Buddy Movie, on se doit de trouver les deux bons acteurs qui auront la lourde tâche de porter le film. Pour Gilles Paquet-Brenner le choix s’est porté sur le comique Titoff et le rappeur Stomy Bugzy (comme il souhaite qu’on le nomme aujourd’hui). Un duo des plus improbable ! Gomez et Tavares reprennent du service pour défier la loi et s’en mettre plein les poches.
GOMEZ VS TAVARESUn film de Gilles Paquet-Brenner & Cyril Sebas
Avec Stomy Bugzy, Titoff, Jean Benguigui, Noémie Lenoir, Dernanda Tavares…
Durée : 1h37
Date de sortie : 13 juin 2007Tonton est mort…et il a planqué l’héritage ! Qui de Gomez et Tavares mettra la main sur le magot en premier sachant qu’ils ne sont pas seuls sur le coup ! Se partageront-ils le butin ? Nos deux flics se lancent dans une redoutable chasse au trésor où tous les coups sont permis…Gomez et Tavares sorti en 2003 narrait l’histoire de deux flics obligés de bosser ensemble pour démanteler le groupe du trèfle à quatre feuilles. Le film n’était pas une réussite, Gilles Paquet-Brenner disait : «
Pour Gomez et Tavares, j’ai voulu jouer avec les codes et je m’étais axé sur une tonalité au second degré. Malheureusement, les spectateurs sont souvent restés fixés sur un récit au premier degré et beaucoup de malentendus autour du film sont venus de ce double niveau. » Double niveau qu’on ne retrouve pas dans ce second opus. Inutile de chercher de la subtilité, on est devant le schéma des plus classique du film d’action à savoir : voitures, argents, filles et explosions. C’est un blockbuster français qui n’a aucun complexe sur ce qu’il est : du divertissement. Alors pour y arriver les réalisateurs mettent les moyens.
Le film débute par un long flash back pour nous expliquer les causes qui ont conduit Gomez à tirer sur Tavares. On nous sort une scène sortie tout droit de
Fast & Furious où Gomez affronte des concurrents dans une course de voitures tunées afin de gagner un maigre butin. On y voit des filles se dandiner et mettant en valeur leurs formes, des explosions dans des restaurants chinois (les Chinois sont toujours mêlés à des affaires pas très claires dans les films français !), des situations incongrues comme celle où Tavares est un prisonnier mâté par son geôlier Gomez ou encore des répliques susceptibles de faire rire le spectateur. Les moyens mis en œuvre sont considérables, mais ça ne suffit pas pour en faire un bon film.
Les réalisateurs ont commis l’erreur de se laisser emprisonner par leur univers fictionnel et à force de jouer avec les stéréotypes ils s’en retrouvent piégés. La course de voitures par exemple est le reflet d’une société machiste véhiculée par les médias, et bien que ce soit une femme qui gagne la course, les réalisateurs jouent avec leur camera pour la montrer dans tout ce qui fait la différence avec l’homme : ses courbes. Les Chinois parlent le français avec un accent très prononcé pour souligner leur différence. Sans oublier les policiers ridiculisés mettant ainsi en valeur leur inutilité dans cette conception de la société où règne la corruption et les trafics.

Pourtant quelque chose fonctionne dans ce film, la relation entre Gomez et Tavares se retrouve renforcée par une complicité entre les deux acteurs. Ainsi Titoff est fidèle à son personnage et continue d’être le Tavares déjà vu dans le premier opus (magouilleur et blagueur). Stomy Bugzy incarne un Gomez farceur, ironique et souriant. Là est la différence, bien loin de son personnage du premier épisode (Gomez était quelqu’un de fermé, l’acteur ne laissait rien apparaître, son personnage était creux et fade), Stomy Bugzy semble s’être lâché et éclipse même son partenaire Titoff en lui volant la vedette dans le registre des blagues qui fonctionnent. Il n’hésite pas à se caricaturer en mettant en scène sa célèbre chanson «
Mon papa à moi est un gangster ». Une réussite qui espérons-le, lui sera bénéfique pour d’autres productions cinématographiques. Le couple est renforcé par un troisième homme, Jean Benguigui, qui joue le père de Tavares.
Enfin les deux actrices Noemi Lenoir et Fernanda Tavares se contentent de jouer le rôle qui est le leur : les femmes objets d’un monde phallocratique.
Alexandre Jumelpsuv