L'HISTOIRE : Il y a dix ans, le docteur Hannibal Lecter s'échappait de sa cellule. Clarice Starling, agent du FBI sur la touche, n'a pas oublié sa rencontre avec lui, sa présence troublante et le son grave de sa voix qui hantent toujours ses nuits. Mason Verger, un ancien patient, se souvient également d'Hannibal, puisqu'il a été sa quatrième victime. Malgré le fait qu'il ait été atrocement défiguré et mutilé, il a survécu. Il nourrit sa vengeance depuis dix ans. Devenu extrêmement riche, il promet une récompense de trois millions de dollars pour quiconque le repérera. L'inspecteur Rinaldo Pazzi lui téléphone pour l'informer de sa présence en Italie. En effet, après avoir changé d'identité, Hannibal est devenu le conservateur d'un musée à Florence. Et pour attirer ce dernier dans ses filets, Mason connaît un appât irrésistible : Clarice Starling. L'heure de la vengeance va peut-être sonner.
C'est ainsi que, après une scène d'ouverture prometteuse, hélas plombée dans sa toute fin par une mise en scène aux effets très Gladiator, le film s'enlise inexorablement dans un peu plus d'une heure de sieste cinématographique, pénible temps de gestation d'un énorme final grand-guignolesque qui n'est pas sans rappeler Bad Taste et Le Jour des Morts-vivants, à ceci près de différent que le gore est ici totalement déplacé et d'une froideur toute chirurgicale. Sorte de série z sur-budgetisée, de nanar luxueux totalement assumé, qui ne se prive d'aucun ridicule (voir les gros plans décomplexés sur le visage défiguré de Mason Verger et la scène des sangliers dressés pour tuer), Hannibal délaisse la richesse de l'univers glauque et traumatisant du Silence des Agneaux pour le stérile recul de ce ''fameux'' et détestable cynisme post-moderne, si ''tendance'' chez nos contemporains (mais quand diable va-t-on en sortir ?). Les personnages (Hannibal et Clarice) et leur complexité, tant au niveau individuel que dans les relations qu'ils en sont venus à nouer, passés à la trappe, ne subsistent dans ce salmigondis, cette aberrance cinématographique outrageuse, que références, clins d'oeil, autodérision et ennui profond. Hannibal ou comment détruire le mythe originel.Parcours d'une actrice devenue référence dans bien des registres, dans les destins tourmentés, dans d'inquiétantes oeuvres de science-fiction ou dans des fantaisies. Le grand art de Julianne Moore.