La critique d'Excessif

2/5
Affiche du film Happy Ever Afters L'HISTOIRE : Freddie et Maura se marient aujourd’hui… mais pas ensemble. Les deux mariages ont lieu le même jour, au même endroit, peut-être pour le meilleur mais sûrement pour le pire ! Pour Maura, il ne s’agit pas d’amour, pour Freddie c’est une seconde chance. Ce jour peut devenir leur pire cauchemar à moins que le destin n’en décide autrement.
L’institution du mariage a fait tourner beaucoup de caméras, pour le meilleur et pour le pire. Ne citons, pour ces toutes dernières années, que 27 robes (Anne Fletcher, 2007), Un mari de trop (Griffin Dune, 2008), Le témoin amoureux (Paul Weiland, 2008) ou encore cette année, Meilleures Ennemies où l’on pouvait voir Kate Hudson et Anne Hathaway brandir sauvagement des pelles à tarte serrées dans leur robe blanche. Stephen Burke, pour son premier long-métrage, part bille en tête mettre son grain de sel et tenter un peu plus de folie dans ce milieu balisé. De très bonnes intentions pour un résultat assez plat…

HAPPY EVER AFTERS
Un film de Stephen Burke
Avec Sally Hawkins, Tom Riley, Jade Yourell, Ariyon Bakare
Durée : 1h43

Freddie se marie aujourd’hui pour la deuxième fois avec la même femme, espérant avoir vaincu les démons de leur première union.
Maura se traîne aussi à l’église en attendant surtout l’enveloppe que lui remettra Wilson, le marié, à la fin de la journée en échange de ce mariage blanc.
Les deux cérémonies n’ont pas pour unique point commun leur caractère peu ordinaire. Elles se déroulent également le même jour et la réception a lieu au même hôtel…




Happy Ever Afters évoque sans aucun doute 4 Mariages et un Enterrement. Cette comédie romantique débute, in medias res, en pleine matinée matrimoniale où rien ne se passe vraiment comme il le faudrait. « It’s our perfect day » déclare un des protagonistes, et l’on sait déjà que ce sera tout le contraire. Comme son cultissime aîné, Happy Ever Afters multiplie les personnages et les cérémonies, surtout pour mieux souligner leur aspect boiteux. Le postulat de départ est plutôt sympathique, installant en parallèle deux situations bien loufoques et…des plus crédibles. Un mariage blanc richement monnayé et un re-mariage d’un jeune couple sous la pression d’un premier échec. Bref, une situation étonnante telle que seuls des esprits un peu tordus voire névrosés comme on en croise tous les jours peuvent en occasionner. Le manque d’argent, les doutes, un ultimatum, la dépression, les difficultés de la vie viennent mettre leur nez dans l’institution du mariage. L’idée n’est pas mauvaise.

Dommage que la suite ne soit pas du tout à la hauteur de cette situation initiale. Stephen Burke fait son entrée dans la comédie après quelques courts-métrages à l’orientation politique et l’exercice ne lui réussit pas tellement. Le manque de rythme et une mise en scène truffée de clichés ne pardonnent pas. Pas de surprise, des personnages peu fouillés, des scènes ultra ordinaires que la musique ornementale un peu joyeuse ne met pas en valeur. Il est étonnant de constater que depuis une idée première insolite –occasionnant de jolies images comme celle où les deux jeunes mariées du jour grillent une cigarette en bord de mer- Stephen Burke parvient à rejoindre les lieux les plus communs et hystériques de la comédie de mariage.

Le réalisateur va jusqu’à donner dans l’incohérence pour parvenir à des situations attendues. Alors que Freddie, le mari désespéré, encore vêtu de son smoking, prend appui sur un muret pour se donner la mort (déjà un cliché injustifié et sans densité tragique dans le film), l’héroïne lit juste à temps le papier d’adieu, va chercher la mariée responsable du désespoir et trouve en un instant l’endroit d’où le jeune premier s’apprête à se suicider. Autre incohérence : pourquoi Maura et Freddie cherchent-ils la fille de Maura hors de l’hôtel alors qu’elle vient de disparaître dans l’ascenseur ? Pour mieux la retrouver perchée dans un arbre dont seul Freddie parvient à la faire descendre ce qui occasionne une scène à la limite du romantisme.



Stephen Burke veut bien évidemment parler de choses tristes de la vie à partir de cette comédie, mais Happy Ever Afters est trop encombré de maladresses et de lourdeurs qui ne laissent pas la place à l’émotion. Ce qui est dommage au vu du talent de certains protagonistes, notamment Sally Hawkins, qui reçut un Golden Globe pour le rôle de Poppy dans Be Happy (Happy go Lucky en v.o.). Le film de Mike Leigh misait sans doute trop sur son capital sympathie au point que le film en devenait agaçant. Ici, on ressent toute la grâce d’une actrice qui s’offre vraiment à son rôle et qui excelle dans la comédie. Sally Hawkins insuffle à cette malheureuse comédie un peu de légèreté et d’authenticité. Même si cela ne suffit pas.

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Les notes des internautes

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