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Harcelés

La critique d'Excessif

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harceles135 L'HISTOIRE : Pour Chris et Lisa, emménager dans leur maison de Lakeview Terrace est un rêve devenu réalité. Pourtant, rapidement, les deux jeunes gens deviennent la cible de leur voisin, qui désapprouve leur relation interraciale. Cet homme strict et austère, père célibataire et policier, s’est autoproclamé responsable de la sécurité du quartier. Si ses patrouilles nocturnes et sa surveillance constante procurent un sentiment de sécurité à certains, il se montre de plus en plus oppressant envers le jeune couple, allant jusqu’à les harceler chez eux.
Lorsque Chris et Lisa décident de riposter, ils déclenchent une spirale infernale que plus personne ne pourra arrêter…
Chris et Lisa, un jeune couple interracial, arrivent dans leur nouvelle maison de Lakeview Terrace, un quartier huppé de maisons bourgeoises dans le Sud de la Californie. Ils font très vite connaissance avec Abel Turner, leur voisin noir et policier zélé. Père célibataire de deux enfants, il attache une importance particulière à leur éducation et à la façon dont les choses doivent être. Chris et Lisa l’apprendront à leurs dépends, leur voisin voit d’un mauvais œil le fait que lui, blanc de peau écoutant de la musique rap, fréquente une femme noire. Le couple, pourtant fortement fusionnel, commence à éprouver des différences de point à vue alors que leur voisin se fait de plus en plus oppressant voire menaçant. Policier de son état, ils ne peuvent faire appel à ses collègues, l’étau du harcèlement se refermant sur eux inexorablement.

HARCELES
Un film de Neil LaBute
Avec Samuel L. Jackson, Patrick Wilson, Kerry Washington, Jay Hernandez, Regine Nehy
Durée : 1h51
Date de sortie : 1er octobre 2008

Si le film ne brille pas par son originalité, le moins que l’on puisse dire est qu’il se révèle d’une efficacité redoutable. Le cinéaste Neil LaBute évite le piège de faire reposer son long-métrage uniquement sur les épaules de sa vedette Samuel L. Jackson en donnant la possibilité aux deux autres comédiens, Patrick Wilson et Kenny Washington qui incarnent le couple, et également Regine Nehy, qui interprète elle la fille du policier, de donner le meilleur d’eux-mêmes dans certaines scènes très tendues. Terriblement ironique, strict et autoritaire, le rôle du policier sied à Samuel L. Jackson comme un gant, l’acteur poussant la nature raciste de son personnage dans le moindre geste, le moindre regard. Mais le film n’est pas seulement un thriller se développant autour du thème racial, c’est surtout le portrait d’une Amérique qui arrive à bout d’une logique communautaire, pas seulement centrée sur la couleur de la peau mais tout simplement une logique qui démontre ses limites sur le bien fondé du repli en groupe, ici la fameuse résidence privée Lakeview Terrace bientôt menacée par le feu dévorant les collines alentours.

La figure du policier paraît tel le rempart de l’ordre et de la sécurité, un repère d’autant plus évident qu’Abel Turner effectue ses rondes dans le quartier tous les soirs, de manière officieuse. A une vision littérale du film, l’ennemi semble se profiler de tous les côtés, celui des quartiers pauvres en contrebas de la colline où vivent les enfants délinquants (que l’on ne verra jamais), celui de la nature menaçante lorsqu’elle envoie les flammes raser les environs, mais surtout du côté du quartier lui-même, c’est-à-dire de l’intérieur, en la personne du policier menaçant. Face à ces dangers, le couple tient bon. Pourtant le seul vrai spectre qui terrifie les tourtereaux est bien celui qu’il côtoie tous les jours et là se trouve la véritable conclusion du film, le repli sur soi ou en groupe ne permet pas de se protéger plus efficacement. Le traumatisme des attentas du 11 septembre a révélé combien les attaques pouvaient survenir non pas de l’extérieur mais aussi du propre territoire américain ayant pour conséquences de refermer le pays encore un peu plus aux échanges avec le monde. Un processus paranoïaque qui ne mène qu’à un isolement encore plus évident.

La parabole de l’incendie qui dévore les environs et qui vient lécher les frontières du quartier trouve bien entendu un écho à la guerre actuelle en Irak, qui touche indirectement la population américaine. A plusieurs reprises Abel Turner indique combien ceux « d’en bas » sont dangereux et combien il compte faire du quartier de Lakeview Terrace un endroit sûr où élever ses enfants mais un jour où l’autre l’incendie, ou les tremblements de terre viendront peut-être briser l’harmonie et la tranquillité des résidences avoisinantes. L’on ne peut se couper totalement du monde, au risque de se faire rattraper par lui.

David A.

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  • harceles_haut
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    Samuel L. Jackson Harcele Le Blu-ray18 novembre 2008 - 2 commentaires

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Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Musique

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