1. >
  2. >
  3. >Critique Harry Potter A L'ecole Des Sorciers

Harry Potter à l'école des sorciers

La critique d'Excessif

0/5
harrypottercinef L'HISTOIRE : Harry Potter, un jeune orphelin, est élevé par son oncle Vernon et sa tante Pétunia qui le détestent. Alors qu'il était haut comme trois pommes, ces derniers lui ont raconté que ses parents étaient morts dans un accident de voiture.
Le jour de son onzième anniversaire, Harry reçoit la visite inattendue d'un homme gigantesque se nommant Rubeus Hagrid. Celui-ci lui révèle qu'il est en fait le fils de deux puissants magiciens et qu'il possède lui aussi d'extraordinaires pouvoirs.
C'est avec joie que le garçon accepte de suivre des cours à Poudlard, la célèbre école de sorcellerie. Il a enfin la chance de se faire des amis. Blâmé par le professeur Severus Rogue qui lui enseigne les potions et protégé par Albus Dumbledore, le directeur de l'établissement, Harry va tenter d'élucider le mystère de la pierre philosophale.
Le phénomène Harry Potter arrive dans nos salles de cinéma et il va vite falloir s’habituer à ce petit binoclard roi de la magie puisque la Warner ayant vite compris qu’elle avait entre ses mains la poule aux œufs d’or. A l’instar de la Fox avec Star Wars ou de Paramount avec ses Indiana Jones, Warner a déjà mis en chantier le tournage du deuxième opus et ce n’est pas moins de 7 films qui devraient voir le jour (autant d’adaptation des livres écrits et futurs signé J. K. Rowling). Les résultats époustouflants du premier épisode au box-office américain (le film est en train d’y battre tous les records) ne font que conforter que l’ère cinématographique d’Harry Potter vient tout juste de commencer.

HARRY POTTER
Année : 2001
Réalisateur : Chris Columbus
Acteurs : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, John Cleese, Richard Harris, John Hurt, Alan Rickman, Robbie Coltrane
Durée : 2 h 32
Sortie : 5 décembre 2001

Parce que Harry Potter constitue un véritable phénomène de société, plutôt appréciable d’ailleurs puisqu’il permet à toute une tranche d’âge (en gros les 8-15 ans) de s’adonner aux joies de la lecture alors que leur monde tourne depuis longtemps déjà autour du visuel (TV, jeux vidéos,...), la transposition cinématographique de ses aventures se devait avant tout de contenter les fans de la première heure, ceux qui ont déjà englouti les quatre premiers volumes. Les attirer dans les salles et parvenir à leur faire retrouver les péripéties et l’univers hautement farfelu et coloré des livres, voilà ce à quoi Chris Columbus et son scénariste Steve Kloves (réalisateur de Susie et les Baker Boys !) se sont attelés durant les deux heures trente deux de projection.



Résultat des courses, Harry Potter à l’école des sorciers réussit l’exploit très rare de transposer la quasi intégralité du roman tout en parvenant presque à en garder le substantifique moelle. En se faisant, Columbus s’est assuré des jours paisibles en n’a pas à craindre que certains fans se sentent trahis, le pourchassent ou lui jettent un mauvais sort. Or, le paradoxe reste tout entier dans l’optique choisie par les responsables du projet: en transposant fidèlement le livre, l’objectif est largement atteint mais pour autant cela fait-il de Harry Potter un bon film ?

La réponse est : pas si sûr. La grande faiblesse provient justement de cette trop grande fidélité. Chris Columbus, réalisateur sans génie, fidèle artisan des studios s’est contenté de reprendre souvent à la virgule près les situations phares décrites par Rowling sans jamais chercher à se les accaparer. On a donc souvent le sentiment, qu’on ait lu ou pas le livre, d’assister à un bout à bout des scènes clés, sans que jamais il n’y ait un vrai lien entre elles, sans que l’on ressente une fluidité évidente dans la progression du récit.

Il faut dire que Columbus a du faire face à un problème quasi insoluble : instaurer un climat, présenter des personnages et un univers qui va nous être familier durant de longues années, au fil des sorties des futurs films, tout en parvenant à insérer une intrigue digne de ce nom. Et justement, c’est là où la fidélité à la romancière lui joue un tour. Au cinéma, la faiblesse relative du livre (l’intrigue passait plus au second plan, bouffée par la découverte et la description de cet univers fait de magie et de sorcellerie) prend des proportions bien plus grandes.



L’une des qualités évidentes du livre provient de la méticulosité, de la précision et de l’art de l’écrivain à décrire l’univers de Poudlard, la légendaire école de sorcellerie. Or, grâce à la technologie actuelle et les moyens dont dispose Chris Columbus, la visualisation d’un décor qui pouvait prendre des pages dans le livre se fait ici en quelques secondes. Au delà de l’efficacité des effets spéciaux, on sent alors qu’il manque quelque chose aux scènes, le sentiment qu’une fois son devoir de sage écolier accomplie, l’élève Columbus se dépêche de passer à autre chose. Alors, oui, cela reste d’une immense fidélité au livre mais en se faisant le réalisateur oublie que le charme provenait justement de cette application à détailler les situations. L’illustration montre ici ses cruelles limites. Ainsi sur la corde raide, le film est constamment sur le point de devenir artificiel par manque de magie cinématographique (un comble !). Pourtant, une bonne fée a du se pencher sur le projet puisque avec des hauts (le début est admirable) et des bas (la dernière partie d’ailleurs paradoxalement la moins fidèle au livre, manque de souffle), Harry Potter à l’école des sorciers arrive à rester séduisant.

L’une des grandes forces du film réside dans le choix de son casting. Tous, de Harry Potter et ses deux fidèles compagnons de route, Ron et Hermione, au Professeur Dumbledore (Richard Harris) en passant par le Professeur Rogue (Alan Rickman est né pour jouer les méchants) ou Hagrid (impressionnant Robbie Coltrane) personnifient à merveille leur personnage. Leur crédibilité et le plaisir évident d’interpréter des rôles aussi haut en couleurs tiennent une grande place dans l’identification du spectateur au récit (surtout pour ceux qui auront lu le livre).



L’autre atout de poids vient de la faculté des responsables des effets visuels à donner à l’imaginaire de Rowling. A ce titre, l’arrivée au château (un des plus beaux plans du film), le combat dans les toilettes avec le Troll ou encore le fameux match de Quidditch (un mélange de foot et de basket dans les airs où les joueurs se déplacent au moyen de balais volant) constituent des moments forts réjouissants autant pour le lecteur connaisseur que pour le profane.

Si effectivement, on a l’impression à la sortie de la projection que Columbus est passé à côté de quelque chose de grand, qu’il n’a pas su nous transporter et nous subjuguer (la durée excessivement longue du film joue ici incontestablement en sa défaveur), il faut lui reconnaître le mérite d’avoir cru en son concept, d’avoir réussi à raconter une histoire enfantine (il est bon de rappeler que le film est avant tout destiné aux plus jeunes) au premier degré. Et ce dernier point est à mettre vraiment en exergue tant les productions actuelles privilégient et abusent jusqu’à l’écœurement du second degré, du décalage ou de la parodie. Qu’il est bon enfin de revoir un film, même imparfait, qui croit avant tout à la puissance évocatrice de son histoire, qui pense qu’elle seule peut suffire à captiver son audience. En ce sens, Columbus est parvenu à retrouver une partie de l’essence du cinéma hollywoodien classique, celui qui mise avant tout sa réussite sur son art de la narration. Voilà encore un autre paradoxe de ce décidément indiscipliné Harry Potter : alors que le film pêche par sa structure trop linéaire, trop fidèle au livre, il en tire sa principale force.

On accordera donc à l’entreprise le bénéfice du doute : Harry Potter passe en deuxième année avec la mention passable et l’intime conviction qu’il peut beaucoup mieux faire.

Laurent Pécha



Une très belle réussite !

En adaptant pour le grand écran et quasiment mot à mot l’œuvre ‘’enfantine’’ culte et la plus vendue au monde, Chris Colombus pouvait s’attendre aux foudres les plus virulentes des fans et de ses détracteurs. Aujourd’hui, il donne une bonne leçon à tout ceux qui, à l’initiative du projet, aurait préféré un Steven Spielberg (pressenti pour la réalisation du troisième opus) ou encore un Terry Gilliam derrière l’œil de la caméra.

Car le but premier du réalisateur de Mrs Doubtfire n’était pas de faire un film pour lui, mais pour sa fille donc pour les enfants tout en respectant l’œuvre de J. K. Rowling (celles-ci ayant d’ailleurs fortement veillé au grain). Si certains de dire qu’il fut trop respectueux du livre et qu’il en résulte un film sans véritable parti pris ni patte quelconque d’un réalisateur digne de ce nom, Columbus réussit ce pour quoi il a été engagé avec beaucoup de classe et servant ainsi son propos sans privilégier l’effet de caméra (ou autre figure de style), nous livrant (pour une fois) des effets spéciaux (par ailleurs de toute beauté) servant avant tout l’histoire et ne cherchant en aucun cas à faire un étalage d’un savoir faire à la Lucas.

Il en résulte un film doté d’une âme qui nous entraine dans un univers féerique plein de tendresse et d’humour. Certains s’accorderont, en reprochant au film son manque d’intrigues ou de rebondissements dramatiques, mais une nouvelle fois, Colombus et son scénariste ont tenu à rester le plus fidèle possible à l’œuvre originelle.

Ce premier opus n’est en fait qu’une grande présentation de personnages, une galerie de peintures, une prise de connaissance d’un univers dont nous attendons désormais la suite avec la plus grande impatience (actuellement en tournage sous la direction du même réalisateur).

Pascal Faber

Mag : plus d'actu sur Harry Potter à l'école des sorciers

Le verdict des internautes

Total des votes : 18

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

skyliiine 22/11/2009 à 15h51
logAudience