Alors que le sixième roman vient de paraître, c'est avec la plus grande impatience que les fans attendent la sortie du quatrième film d'
Harry Potter. Cette aventure est pour la majorité des lecteurs la meilleure de la saga et c'est à Mike Newell que revient la lourde responsabilité d'en assurer l'adaptation à l'écran.
HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEUUn film de Mike Newell
Avec : Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Brendan Gleeson, Michael Gambon
Durée : 2h35
Galerie photoSortie : 30 novembre 2005
Pour sa quatrième année à Poudlard, Harry Potter va participer malgré lui à un tournoi très célèbre : la Coupe des Trois Sorciers. Mis en compétition avec d'autres élèves, Harry va devoir passer trois épreuves aussi difficiles et surprenantes les unes que les autres. Pilier central de l'œuvre de Rowling,
La Coupe de Feu est l'épisode le plus attendu et le plus redouté par les fans. Difficile de relater un livre assez imposant en 2h35 de film. L'avantage est que l'on peut se passer de la présentation des personnages et de l'univers que l'on connaît déjà grâce aux trois premiers volets. Pas de Dursley, ni de retrouvailles avec les camarades de classe, on rentre directement dans le vif du sujet. Trop vite malheureusement : tout s'enchaîne sans trop prendre le temps d'être développé, les fans seront frustrés, les autres un peu perdus. Plutôt que d'être une adaptation, ce début laisse plus entrevoir un résumé du livre qui avait pourtant toute son importance. On est partagé entre deux sentiments : celui d'en avoir trop vu, ou pas assez, notamment pour la Coupe du Monde de Quidditch où la présentation du stade et des équipes annonce un grand match entre professionnels jamais vu dans les films précédents, un match auquel il ne nous sera pas permis d'assister.


Cette impression de frustration règne tout au long du film. Le thème principal étant la Coupe des Trois Sorciers, les trois épreuves même de cet évènement auraient mérité d'être plus exploitées, étoffées, pour les rendre visuellement plus impressionnantes. La première, qui confronte les champions aux dragons est celle qui parvient à être la plus trépidante, peut-être parce que l'action est différente de celle du roman. La dernière épreuve quant à elle est la plus décevante (le labyrinthe). Tous les obstacles cités dans le livre ont été supprimés, la seule difficulté ici étant de trouver le bon chemin.
Dans cet épisode, beaucoup de personnages font leur apparition : Cedric Diggory, Cho Chang, Fleur Delacour ou Viktor Krum pour ne citer qu'eux. Mais rares sont ceux qui parviennent à réellement prendre de l'importance comme Maugrey Fol Œil, nouveau professeur de l'école complètement paranoïaque interprété par Brendan Gleeson, ou Albus Dumbledore qui curieusement devient presque méconnaissable par rapport aux livres ou même aux films précédents. Sensé incarné le calme et la sagesse, il apparaît ici comme étant troublé, agressif, allant même jusqu'à provoquer physiquement Harry Potter dans un moment où plus que jamais, celui-ci avait besoin de soutien. Les autres, bien que présents sont trop peu exploités, mais on ne peut que reconnaître la difficulté de réaliser l'adaptation d'une série où le nombre des personnages double à chaque nouvel épisode. Comme l'a déclaré le producteur David Heyman, seuls les personnages ayant véritablement un lien avec le héros seront exploités, l'univers étant perçu à travers lui.
Le film est sombre, c'est une évidence. Les préoccupations des personnages deviennent plus importantes, les esprits mûrissent : passer l'été chez les Dursley n'est plus un soucis pour Harry. L'arrivée en chair et en os de Lord Voldemort n'arrange en rien les choses, devenant la caractéristique la plus importante du film. D'ailleurs nous vous laissons la totale surprise de la découverte du personnage en vous rassurant toutefois sur son aspect physique qui est une belle réussite, Ralph Fiennes étant méconnaissable. La légèreté de l'univers disparaît laissant place à une atmosphère lourde et pesante dans le bon sens du terme, tout comme il est dans le roman. L'interdiction aux moins de 12 ans non accompagné est donc justifiée puisque même si les plus jeunes lecteurs connaissent l'histoire, une vision précise des évènements et des personnages sombres leur sera imposée, balayant du coup tout ce qu'ils avaient pu s'imaginer auparavant.
Paradoxalement,
La Coupe de Feu est également l'épisode le plus drôle. Si les touches d'humour se font rares dans l'ensemble du film, elles sont très présentes pour la partie concernant le bal. Nous évoquions précédemment les préoccupations qui deviennent plus importantes, les filles en font partie. La maladresse des garçons, l'euphorie des filles, le réalisateur a très bien su retranscrire ces instants que chacun d'entre nous a vécu à un moment ou un autre de sa vie, ce qui rend les personnages plus authentiques et abordables. Voir Harry Potter affronter un dragon puis perdre ses moyens face aux filles resteront des moments mémorables.
Au final, le principal inconvénient du film reste la comparaison inévitable à son homologue papier. Le scénariste a du faire des choix cruciaux pour ne garder que l'essentiel étant donné la taille du livre, et donc, au lieu de refaire l'histoire à sa façon en respectant l'idée principale, comme cela avait été le cas pour
Le Prisonnier d'Azkaban - qui s'est avéré être une réussite totale, ce film finit par être plus une œuvre transitive, nécessaire à la progression du récit. Néanmoins, même s'il n'atteint pas les espérances souhaitées,
La Coupe de Feu reste un film à voir...