La critique d'Excessif

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hellboyz1 L'HISTOIRE : Né dans les flammes de l'enfer, le démon Hellboy est transporté sur Terre lors d'une sombre cérémonie célébrée par les nazis, désireux d'utiliser les forces infernales à des fins de conquête. Sauvé par le docteur Broom, Hellboy est alors élevé pour combattre les forces du Mal. Armé, possédant un bras droit en pierre, il fait équipe avec le télépathe Abe Sapien et Liz Sherman, capable de contrôler le feu...
Le but principal d’une bande annonce, si le marchandising est honnête, est de vendre le film tout en en respectant l’esprit. Celle de Hellboy laissait présager un film bancal, à la limite du ratage, ce que malheureusement le film confirme totalement. Ce que nous espérions tous comme un grand film fantastique à grand spectacle, s’avère au final une nouvelle preuve qu'il n'est pas forcément évident d’adapter des comics book sur grand écran, et qu'Hellboy était sans doute l’une des plus compliquées à transposer tant sa version papier dégageait une ambiance graphique particulière et unique. Personnages aux carrures angulaires et acteurs de chairs et de sang ne feraient-ils pas bon ménage ? Les nombreuses demandes de fans qu'Hellboy soit un film d’animation allaient dans ce sens...

HELLBOY
Un film de Guillermo Del Toro
D'après le comic book de Mike Mignola
Avec : Ron Perlman, John Hurt, Rupert Evans, Selma Blair, Karel Roden, Jeffrey Tambor
Directeur Artistique et producteur : Mike Mignola
Durée : 2h02
Sortie : 11 Août 2004


Hellboy en bd, Hellboy au cinéma

Pourtant les efforts de Del Toro de coller au plus près au comic, de lui donner vie, s'enchaînent tout le long du film. Ainsi il tente (désespérément) de jongler graphiquement entre la mise en avant des couleurs vives et des très fortes zones d’ombres comme dans le comic, et filme sont héros principal de profil le plus souvent possible tel qu'il est majoritairement représenté encore sur le papier. Le réalisateur, grand fan de la BD se permet d’ajouter quelques petits clins d’œil à divers volumes des aventures de Hellboy, tel que la photographie datant de 1944 prise au début du "Diable dans la boite" (dont le film est grandement inspiré) sur laquelle on aperçoit notre héros à sa naissance, ainsi que la moitié de cadavre (excellent animatronique au passage) présente dans "Le cercueil enchaîné" qui sert ici de guide au gros singe rouge pour trouver le mausolée de Raspoutine. Il récupère également l’esprit graphique du bestiaire présent dans la série, et assez lovecraftien, dont un épatant animal, Sammael, sorte de croisement entre un chien et un Alien affublé de dreadlocks ressemblant beaucoup aux hommes grenouilles de la BD. Il trouve aussi en Karel Roden (le petit teigneux méchant de 15 minutes, également présent dans Blade 2) un stupéfiant sosie du Raspoutine de Mike Mignola qu’on jurerai être dessiné a partir de l’acteur. Etrangement, et histoire de tordre le cou aux mauvaises langues qui pinaillaient aux vues des photos, le personnage le plus réussi est Abe Sapien dont l’excellent maquillage est complété avec une animation 3D des yeux et des branchies du plus bel effet.


Mais là où Del Toro excelle, c’est dans le développement de son personnage principal, Hellboy, qui sera malheureusement le seul à bénéficier de ce traitement faveur. Seul le professeur Bloom, interprété par John Hurt peu également prétendre être un peu plus épais que le reste du casting. Hellboy est un personnage réellement charismatique, tant physiquement que psychologiquement. Loin des héros guidés par la vengeance ou par simple désir de faire régner la justice, lui casse du monstre vénalement, soit un simple salarié comme n’importe qui. Monstre en apparence, il est humain avant tout avec les qualités et les défauts que cela entraîne : une grande sensibilité sentimentale, beaucoup d’humour et d’autodérision sans tomber dans la caricature involontaire. Ron Perlman, qui trouve ici probablement son meilleur rôle, s’empare totalement du personnage qu’on comparera beaucoup aux machos les plus excentriques interprétés jadis par Arnold Schwarzenegger enchaînant des punch-line à gogo, même si "Gueule de vomi" ne vaudra jamais un "T’as pas une gueule de porte bonheur".


Malheureusement, si Guillermo Del Toro arrive à donner une grande consistance à son personnage, il s'agit de la seule véritable qualité du film. Certes les vingt premières minutes d’introduction et de présentation des personnages sont assez réussies, mais le reste du film n’arrive désespérément jamais à décoller. La faute à une histoire quasi-inexistante, mal rythmée, limite chiante. On a surtout l’impression de regarder une introduction durant deux heures. Pour résumer : les cinq premières minutes Raspoutine veut capturer Hellboy, les cinq dernières minutes Raspoutine attrape Hellboy. Entre les deux, un énorme vide scénaristique d’autant plus attristant lorsque l'on connaît les capacités du réalisateur de Blade 2 en terme de rythme de narration.


Les scènes d'action restent du même acabit. Le premier combat, aussi modeste soit il, restera le plus spectaculaire du film, et les deux ou trois qui suivront en plus d’être répétitifs (même décor, même adversaire) n’en récupéreront à aucun moment l’intensité, placer une vanne entre chaque coup de poing n’arrangeant pas les choses. Un an après les empoignades sauvagement musclées de Terminator 3, ou encore après le combat spectaculaire opposant les deux Mr Hyde de La ligue des gentlemen extraordinaires, forcément Hellboy laisse sur sa faim. Del Toro nous avait vendu Blade 2 comme un brouillon de Hellboy, avec le recul on aurait plutôt tendance à affirmer le contraire. Aucun plan virtuose digne de son blockbuster précédent, aucun véritable impact, les plans spectaculaires étant tous dans la bande annonce. Le duel final est expédié en deux coups de cuillère à pot (avec du Men In Black dans l’air, pas forcement la meilleure référence dans le genre) nous laissant la désagréable impression que le film a été achevé à la hâte. En enfonçant un peu plus le clou, sans doute dans le but légitime de permettre aux plus jeunes de voir le film, la censure a imposé son sceau : sans réclamer du gore à outrance, l'absence totale de goutte de sang même dans les moments les plus justifiés choque un peu. Ainsi il y a de quoi rire lorsqu'un personnage armé de deux sabres tranche à outrance quatre agents de sécurité, s’écroulant sur le sol leurs chemises encore toute propre.


Finalement le seul plaisir que l’on a en regardant Hellboy reste la comédie générale qui émane du film et, aussi étrange que ça puisse paraître, la petite histoire d’amourette entre le monstre et sa collègue, un thème traité avec une finesse très appréciable. Guillermo Del Toro joue sur la désormais célèbre carte du triangle amoureux sauf que dans le cas présent le triangle en question n’existe que dans l’esprit jaloux et parano du héros. Persuadé que Liz Sherman (ici interprétée par Selma Blair) flirte avec la nouvelle recrue John Myers (un Rupert Evans très transparent), notre gros nounours rouge s’organise une filature à l’encontre de son job pour espionner les deux jeunes gens, un thème assez comique déjà utilisé dans La Totale de Claude Zidi. Une filature qui s’avère au final être la meilleure séquence du film dans laquelle Hellboy finira par copiner avec un marmot de 9 ans sur un toit d’immeuble, partageant avec lui quelques cookies, un verre de lait et leurs avis respectifs sur la gente féminine.


Humour et sentiments (dont une très belle métaphore expliquant qu’un homme ne craignant pas le feu ne peut être qu’avec une femme sujette aux combustions spontanées), deux ingrédients que l’on n'attendait pas forcement dans un gros blockbuster fantastique, et malheureusement trop éloignés du sujet et trop sous exploités pour rehausser ce que l’on peut appeler sincèrement un film raté. Sans l’intensité du splendide Echine du diable, et surtout à des années lumières des combats et de la virtuosité visuelle de Blade 2, Hellboy qu’on aurait espéré comme un habile mélange des deux, s’avère au final être une franche déception dont on s’étonne encore du résultat tant les propos du réalisateur transpiraient l’enthousiasme. Œuvre incomplète (une version longue ressort prochainement), censurée, ou tout simplement inadaptable à l’écran, HellBoy fait malheureusement partie des nombreuses bandes dessinées dont le passage au cinéma n’est pas convaincant. Dommage.

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Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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