L'HISTOIRE : Skeeter a passé toute sa vie dans le même motel, travaillant sans relâche et acceptant toutes les missions pour qu'un jour son implication soit reconnue et récompensée, en lui donnant la direction d'un nouvel hôtel. Mais ces années en tant que larbin l'ont lessivé et, aujourd'hui, il est persuadé qu'il n'y a que dans les contes de fées où tout finit bien. Pourtant, quand il découvre que les histoires qu'il raconte à son neveu et sa nièce pour les endormir deviennent le lendemain réalité, il va essayer de tirer profit de cette étrange magie pour corriger tout ce qui ne va pas dans son existence...
Les fans d'Adam Sandler peuvent eux passer leur chemin.
S'il est très loin de générer en France le même enthousiasme qu'aux Etats-Unis (voir les résultats plutôt décevants de son pourtant très drôle Rien que pour vos cheveux), Adam Sandler ne s'en est pas moins constitué un solide petit groupe de fans, particulièrement gourmands de son humour typique de l'école Saturday Night Live. Mais derrière ses allures d'adolescent attardé et plaisantin se cache un artiste plein d'aspirations autres que la comédie bêtement jouissive, un besoin de reconnaissance qui l'amène à prendre part à des projets plus ou moins dramatico-auteurisants mais aussi, et cela arrive plus souvent, à des films que toute la famille pourra aller voir. Histoires enchantées est de ceux-là, marquant la première collaboration du comédien et de sa compagnie Happy Madison avec le studio Disney. Une alliance qui permettra très certainement à Adam Sandler de se montrer plus rentable que jamais au box-office français mais qui, il faut le savoir, s'adressera moins aux fans du clown qu'aux enfants éblouis par une histoire pleine de magie.
Même s'il interprète ainsi un personnage dans la grande tradition de ses sympathiques loosers, les fans de Adam Sandler auront peine à retrouver l'humour du comédien dans ces Histoires enchantées. Car même si nous l'avons déjà vu participer à des comédies plus grand public qu'un gros délire à la Little Nicky, qu'elles soient romantiques (Amour et amnésie, Wedding Singer) ou familiales (Big Daddy), jusqu'à présent il était toujours parvenu à rendre les choses plus appréciables en y imposant sa marque, son humour. Des fulgurances absurdes qui parvenaient à relancer notre intérêt malgré des intrigues pas vraiment intéressantes, ou tout du moins très convenues. Mais il se trouve qu'avec ce dernier long-métrage l'acteur voulait participer pour la première fois à un film qu'il pourra montrer à ses enfants, et cela va se ressentir fortement sur l'humour du film. Adam Sandler s'abandonne donc cette fois-ci corps et âme à l'aspect familial de l'entreprise et tempère alors son humour dans un spectacle tous publics. Pour trouver des occasions de sourire, les plus de dix ans devront ainsi chercher davantage du côté de seconds rôles comme ceux de Guy Pearce, très étonnant dans un cabotinage inhabituel chez lui, et Russell Brand, seuls personnages à jouer sur un registre comique un peu plus appréciable pour un spectateur adulte.
Dommage, car il y aurait de plus eu le potentiel pour emmener l'histoire dans des horizons plus attrayants, plus intéressants pour les parents. En effet, si le film part sur un postulat de départ bien connu, où la frontière entre réel et fiction s'amenuise au point que les deux se confondent, le scénario amène une excellente idée en rendant son héros plus actif que d'ordinaire dans le processus. Comprenez par-là que, très tôt, le personnage de Adam Sandler va comprendre et accepter que les contes racontés la veille deviennent réalité le lendemain, et qu'il va alors essayer d'aiguiller les histoires pour qu'elles fassent tourner les choses à son avantage. Chaque séquence imaginaire se pose ainsi comme un reflet amusant de la réalité, l'entourage de Skeeter devenant des personnages de ces contes qu'il manipule au gré de ses besoins, mais le film n'ira malheureusement jamais beaucoup plus loin que cette idée et ne cherchera pas même à lui donner un réel sens, se contentant donc d'enchaîner scènes et gags pour garder intacte l'attention de leur jeune auditoire.
Si les fans trouveront donc très certainement qu'il s'agit là d'un des films les moins drôles de la filmographie de Adam Sandler, c'est tout simplement parce que jamais celui-ci ne s'adresse à eux. Pensé uniquement à destination des plus jeunes spectateurs comme en attestent son humour ou bien son traitement frontal d'une intrigue qui aurait pu être bien plus creusée, sans même parler de cette sortie massive et internationale en pleines fêtes de fin d'année, Histoires enchantées ravira ainsi les bambins en les plongeant dans un conte moderne comme les affectionne tant le studio Disney, une aventure pleine de magie et de bons sentiments. Si vous voulez alors leur faire plaisir en ces vacances bien méritées, vous savez ce qu'il vous reste à faire !
PitouWH
Histoires Enchantées, la comédie de Noël 2008 dans laquelle joue Adam Sandler, est clairement destinée aux enfants et ne parvient vraiment pas à distiller l'enchantement jusqu'à la frange adulte du ...