1. >
  2. >
  3. >Critique Hooligans

Hooligans

La critique d'Excessif

2/5
hooligans_z2 L'HISTOIRE :
Alors que de visu, sur le papier, présenté de manière lapidaire, le programme s’annonçait alléchant (sujet en or, casting impec), on sort de la projo perplexe sans pour autant avoir trouvé le résultat honteux. La vraie question est de savoir si la réalisatrice-scénariste Lexi Alexander, dont c’est le premier long, était finalement la bonne personne pour raconter une histoire aussi tragique. Dans d’autres mains (on pense à Spike Lee ou Oliver Stone), le sujet aurait été prétexte à un objet filmique immense. Ici, l’objet filmique a peur de son sujet.

HOOLIGANS
Réalisé par Lexi Alexander
Avec Elijah Wood, Charlie Hunnam, Claire Forlani
Date de sortie : 31 mai 2006
Durée : 1h55 min



Renvoyé d’Harvard pour une faute qu’il n’a pas commise (de la drogue dans ses affaires alors qu’elle appartient à son camarade de chambre), Matt oublie quelques jours le journalisme, se barre en Angleterre chez sa sœur et rencontre Pete, le frère de son beau-frère, qui l’initie au cercle très fermé des supporters hooligans. C’est le début de la fin.
Il y a une curiosité presque instinctive à aller voir Elijah Wood se perdre dans le milieu rustaud et brutal des Hooligans anglais. La réalisatrice Lexi Alexander a très bien compris cette accroche et tente de tordre l’insouciance que le jeune acteur inspire. On le regarde alors évoluer dans cet univers comme naguère on regardait Al Pacino se perdre dans les bas-fonds SM de l’impressionnant Crusing (William Friedkin, 1980). De manière similaire, Lexi Alexander traite son sujet sur le mode de l’initiation (le journaliste viré de son école dans des conditions louches masque son identité et fréquente un milieu dont il ignore les règles) mais là où Friedkin poussait son acteur jusqu’à son ultime retranchement (Pacino refuse encore aujourd’hui d’en parler), Lexi Alexander reste étonnamment timide et préfère se raccrocher à des archétypes comme pour se rassurer. De mauvaises langues pourront toujours parler de facilités mais le film possède des qualités qu’il ne faut pas nier.




En sachant que tout ceci peut facilement prêter à la controverse, la cinéaste fait montre d’une certaine maîtrise dans les us et coutumes du milieu qu’il filme sans condescendance. Du moment qu’on reste dans la description des hooligans, des regards assassins, des rapports claniques et des provocations avec des pintes de bière, le film fonctionne et remplit son cahier des charges sans trop de heurts. Là où le bât blesse, c’est lorsqu’il se dit qu’il va trop loin, qu’il doit chercher des échappatoires au cauchemar et décide d’amplifier les fondements de son script avec une dramatisation presque théâtrale pour ne pas dire pompière. En désirant occulter tout fâcheux amalgame (tous les supporters de foot ne sont pas des hooligans) ; en voulant causer de supporters uniquement malintentionnés mais également de traumas, de préjugés, de couardise, de tout et de rien, il fractionne sa foule de manière trop évidente et afflige bon nombre de situations de lourdeurs dommageables sans éviter les écueils qui pendent au bout de sa caméra (démonstration, manichéisme, outrance). Ce qui annihile toute dimension viscérale. L’effet pervers, c’est que la cinéaste désirait certainement l’inverse, à savoir échafauder son intrigue comme un récit d’investigation et pensait que ce serait suffisant pour rendre palpable la peur à l’écran. La perte de soi dans un monde profane, vrai sujet du film, est traitée sans vertige malaisant.



Dommage parce qu’à travers cette histoire de journaliste américain qui découvre les mœurs d’hooligans anglais, le réal pose quelques bonnes questions sur le déterminisme (est-ce qu’on est obligé de suivre ses aînés et ses pairs ? Comment s’affranchit-on d’une tutelle ?) et des disparités sociales (le protagoniste sait qu’il n’a aucune chance face à son camarade de chambre parce qu’il vient d’un milieu moins aisé). Mais les personnages n’obéissent qu’à un schéma schématique. Grosso modo, on se retrouve avec l’éternel débat de l’atmosphère contre la dramaturgie. A certains moments, cela devient gênant. Les scènes de confrontation entre hooligans optent pour le réalisme mais jouent davantage la carte de la surenchère puisqu’elles ressemblent à des combats épiques avec des geysers d’hémoglobines et des parti pris de mise en scène emphatiques (la dernière baston est édifiante). Bref, pas mal de choses handicapent ce petit film nerveux et énergique.



Mais ce n’est qu’un premier long-métrage et par chance, en dépit des grosses scories du scénario ultra-convenu, l’interprétation sauve très fréquemment les meubles et assure suffisamment d’intégrité pour qu’on ait envie de suivre le périple jusqu’au bout. Si bien que le héros du film n’est pas Elijah Wood, celui auquel le spectateur est censé s’identifier mais Charlie Hunnam, la vraie révélation, bloc de virilité intransigeant, qui éclipse à maintes reprises son comparse Hobbit. Sous la simplicité apparente de son personnage à fortiori rudimentaire, il laisse apparaître sans la moindre ostentation un abîme, une profondeur, un vrai gouffre que seule la caméra parvient à cerner. Finalement, l’acteur qui finit par se perdre dangereusement ici, c’est peut-être bien lui.

Mag : plus d'actu sur Hooligans

  • hooliganshaut
    Général news
    Hooligans : Le Test Dvd28 novembre 2006 - 0 commentaires

    Alors que de visu, sur le papier, présenté de manière lapidaire, le programme s'annonçait alléchant (sujet en or, casting impec), on sort de la projo perplexe sans pour autant avoir trouvé le ...

  • 21 novembre 2006 - Général news : Tout Sur Hooligans En Z2

Le verdict des internautes

Total des votes : 0

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

logAudience