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Hôtel Woodstock

La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Hôtel Woodstock L'HISTOIRE : 1969. Elliot Tiber, décorateur d’intérieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l’État de New York, où il tente de reprendre en mains la gestion de leur motel délabré.
Menacé de saisie, le père d’Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l’assurance alors qu’Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu’il est gay...
Alors que la situation est tout simplement catastrophique, il apprend qu’une bourgade voisine refuse finalement d’accueillir un festival de musique hippie.
Voyant là une opportunité inespérée, Elliott appelle les producteurs.
Trois semaines plus tard, un demi million de personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l’aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.
une comédie d’une enthousiasmante énergie

Le réalisateur de Tigre et Dragon, Raison et sentiments, Lust Caution, sans oublier le bouleversant Le Secret de Brokeback Mountain, Ang Lee, présente son nouveau film, Taking Woodstock. Récompensé à plusieurs reprises dans le cadre du Festival de Berlin et celui de Venise, c’est la première fois qu’il participe à la compétition officielle cannoise, après avoir ouvert en 1994 la Quinzaine des réalisateurs en présentant Salé Sucré. Avec Taking Woodstock, il s’éloigne de cette verve épique qui était la sienne ces dernières années et se tourne vers un style plus léger, d’une folle drôlerie derrière une certaine forme de mélancolie. 


 


Ang Lee adapte ici le livre d’Elliot Tiber, Taking Woodstock, A true Story of a Riot, A Concert, and A Life, un livre qui lui a été offert par l’auteur lui-même alors qu’ils s’étaient croisés totalement par hasard et nous offre une comédie d’une enthousiasmante énergie dépassant la simple parenthèse cinématographique sur un évènement culturel ayant marqué l’histoire des Etats-Unis. Raconter Woodstock était dès le départ une entreprise terriblement périlleuse et ce concert mémorable avait déjà fait l’objet, en 1970, d’un percutant documentaire de près de trois heures. Le cinéaste se concentre donc ici avec intelligence sur une petite histoire dans la grande histoire, un délicieux épisode, le cheminement d’un homme ayant permis que tout cela prenne forme, sans réellement y participer directement, le récit d’une libération personnelle s’inscrivant avec pertinence dans le parcours d’Ang Lee.

Au fil de ces quelques semaines qui vont précéder le concert, au fil des rencontres, au fil de ces trois journées inoubliables, la vie étriquée du timide et taciturne Elliot va soudainement exploser car il va enfin réussir à affronter ses angoisses, à s’imposer, à oser être ce qu’il est, un homosexuel ne supportant plus la tyrannie de sa mère, un homme ayant envie enfin d’exister pour lui-même, de s’épanouir en acceptant sa propre sensibilité. Au travers de ce personnage, Ang Lee retrouve des thématiques qui lui sont chères, poursuit ses questionnements sur la famille, la quête identitaire, l’affirmation de ce que l’on est au plus profond de nous.

 

Demetri Martin, dont c’est le premier rôle au cinéma, apporte à son personnage une incroyable vérité. Il est excellent, à la fois touchant et délicieusement drôle, d’une fraîcheur naïve jubilatoire et d’une savoureuse spontanéité. Il se fond à merveille au cœur de ce cocktail éclatant, mis en scène avec une grand maîtrise, une fougue communicative par Ang Lee et portée par de sensationnels comédiens que l’on prend un grand plaisir à retrouver ici, de Liev Schreiber renversant à Imelda Staunton diaboliquement despotique. Une joueuse parenthèse, débridée, humaniste, cool évidemment, nous donnant envie de retrouver cette ferveur insouciante qui portait les jeunes de cette époque. Un film qui sortira aux Etats-Unis pour les 40 ans de Woodstock.

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