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Howl

La critique d'Excessif

4/5
Affiche du film Howl L'HISTOIRE : En 1957, la parution du poème Howl d'Allen Ginsberg provoque un scandale dans l'Amérique puritaine. Ce recueil jugé trop obscène a valu un procès à son auteur et à son éditeur un an après sa parution. Œuvre phare de la génération beatnik, Howl a été l'un des pivots de la contre-culture de la fin des années 1950. Le film éponyme présenté au festival Sundance et au festival de Berlin retrace la vie de l'œuvre et de son poète.
Un pari cinématographique risqué

Plongée dans les années 1950. Avec ses lunettes arrondies, sa chemise à carreaux et son indifférence travaillée, Allen Ginsberg (incarné par James Franco) est l'archétype du poète perdu. Ses amours déchues et son sentiment de désillusion vont lui inspirer les vers de Howl (« hurlement » en anglais) : « J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l'aube dans les rues nègres à la recherche d'une furieuse piqûre »... Qu'on ne s'y méprenne pas : le film Howl n'est pas une suite d'extraits de poèmes lus sur un ton ennuyeux. Les réalisateurs ont réalisé un tour de force en allant à la rencontre des genres.
Adapter une oeuvre littéraire au cinéma, c'est toujours jouer avec le feu. Mais tourner un film sur une œuvre représente encore une véritable gageure. En voulant faire d'un poème le centre du récit, les réalisateurs Rob Epstein et Jeffrey Friedman ont tenté un pari extrêmement risqué. Ils avaient prévu au départ de faire de Howl un documentaire. Mais après réflexion, c'est la fiction qui s'est imposée à eux pour brosser le portrait d'Allan Ginsberg et de son oeuvre.

 

Howl

             
Une réussite visuelle
Entre interview imaginaire, lectures de poème en pellicule noir et blanc, reconstitution du procès et extraits de poème en images animées, les scènes s'entrecroisent et les mots s'entremêlent. Cet imbroglio savamment dosé de formes visuelles fait la force de l'oeuvre. On navigue agréablement du film au dessin animé, les transitions sont amenées avec douceur. Le film est vieilli, doucement old school. Le dessin s'avère inquiétant, troublant, presque dérangeant. Cette force à la fois littéraire, visuelle et poétique permet à l'oeuvre de revivre en images. Il s'agit cependant bien plus que d'une simple oeuvre.
 
Des problématiques actuelles
Le film Howl peut se lire à plusieurs niveaux : l'histoire d'un homme, d'une oeuvre, d'une génération et de ses problèmes. Le métrage prend une dimension réflexive presque intemporelle. Les thèmes qu'il aborde sont encore très actuels. Au centre de la fiction, les déboires amoureux du poète, un « homosexuel qui tombe toujours amoureux d'hétérosexuels ».  Rob Epstein et Jeffrey Friedman sont connus pour leurs documentaires traitant de l'homosexualité (Parlons-en, The celluloid Closet). Au centre du procès reconstitué, une interrogation sur les limites de la liberté d'expression et la définition de l'art. Fiction, poésie et réflexion se mêlent : il ne s'agit pas juste d'une biographie, mais d'une réelle méditation artistique et actuelle.
 
Howl ravit par son audace. Les réalisateurs ont réussi à combiner ingénieusement les genres et à présenter d'une manière originale l'une des plus grandes oeuvres du XXe siècle. Howl, c'est la rencontre parfaite du cinéma et de la poésie.

 

 

Anaïs Jurkiewicz-Renevier

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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