L'HISTOIRE : En 1957, la parution du poème Howl d'Allen Ginsberg provoque un scandale dans l'Amérique puritaine. Ce recueil jugé trop obscène a valu un procès à son auteur et à son éditeur un an après sa parution. Œuvre phare de la génération beatnik, Howl a été l'un des pivots de la contre-culture de la fin des années 1950. Le film éponyme présenté au festival Sundance et au festival de Berlin retrace la vie de l'œuvre et de son poète. Un pari cinématographique risqué
Plongée dans les années 1950. Avec ses lunettes arrondies, sa chemise à carreaux et son indifférence travaillée, Allen Ginsberg (incarné par James Franco) est l'archétype du poète perdu. Ses amours déchues et son sentiment de désillusion vont lui inspirer les vers de Howl (« hurlement » en anglais) : « J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l'aube dans les rues nègres à la recherche d'une furieuse piqûre »... Qu'on ne s'y méprenne pas : le film Howl n'est pas une suite d'extraits de poèmes lus sur un ton ennuyeux. Les réalisateurs ont réalisé un tour de force en allant à la rencontre des genres.
Adapter une oeuvre littéraire au cinéma, c'est toujours jouer avec le feu. Mais tourner un film sur une œuvre représente encore une véritable gageure. En voulant faire d'un poème le centre du récit, les réalisateurs Rob Epstein et Jeffrey Friedman ont tenté un pari extrêmement risqué. Ils avaient prévu au départ de faire de Howl un documentaire. Mais après réflexion, c'est la fiction qui s'est imposée à eux pour brosser le portrait d'Allan Ginsberg et de son oeuvre.

Anaïs Jurkiewicz-Renevier
Première, Grazia, Positif, Rock N'Folk, LCI, Studio Ciné Live, Radio Nova, Transfuge, Lire et Excessif donnent leurs avis sur La dame de fer, Dos au mur, Howl, La vie d'une autre...