La critique d'Excessif

3/5
irobotz2coll L'HISTOIRE : En 2035, les robots sont devenus de parfaits assistants pour les êtres humains. Le détective Del Spooner enquête sur le meurtre du docteur Alfred Lanning, un chercheur en robotique. Le principal suspect semble être un androïde nommé Sonny. Or, si l'on s'en réfère aux lois de la robotique, les robots ne sont pas dotés de la faculté de tuer...
L'un des blockbusters de l'été pointe enfin le bout de ses bobines en France. Il marque le retour très attendu du peu prolifique Alex Proyas, délaissant ici les corbeaux et autres citées sombres pour dépoussierer ub peu Asimov et mettre en valeur les muscles tout saillants de Will Smith.

I, Robot
De: Alex Proyas
Avec: Will Smith, Bridget Moynahan, James Cromwell, Alan Tudik
Durée: 2h00
Sortie le 28 juillet 2004

Chicago 2035, dans un soucis de confort, les robots domestiques font partie du quotidien de tout à chacun, et conçus pour ne jamais mettre en danger la vie d'un seul être humain, bien que du propre aveu de leur concepteur l'intelligence artificielle peut s'auto-développer et fournir des attitudes qu'un programme n'aurait pu prévoir. La réalité rattrape alors vite les doutes du créateur lorsque ce dernier se fait sauvagement assassiner par son propre robot qui s'octroie également la faculté de maquiller son meurtre en suicide. L'inspecteur Del Spooner, jeune protégé du défunt et seul homme convaincu que les machines peuvent commettre un assassinat de leur propre chef, se lance à la poursuite d'un suspect programmé pour mentir.



I, Robot est un projet qui part avec une énorme épine dans le pied: Bien qu'il soit inspiré du roman éponyme de Isaac Asimov à la base de bien des œuvres sur la menace robotique, il a l'inconvénient de sortir après des films tel que Terminator et Matrix qui ont pioché bon nombre de leurs idées chez l'auteur. Bien entendu la sensation de déjà vu est omniprésente tout le long du film. Il faut dire que le pitch de départ est quasi-semblable à l'Animatrix La seconde renaissance dans lequel un robot domestique jugé pour assassinat déclenche une guerre civile hommes contre machines. Le film de Proyas progresse également dans le sens logique des films de James Cameron et des Wachoski à tel point que les trois histoires pourraient presque se télescoper les unes dans les autres, comme si I, robot pouvait constituer le début d'une révolution qui s'achèverai par un contrôle total de la matrice. Hormis les films cités plus haut, on peut reconnaître ici où là des idées déjà vues dans Blade Runer, Runaway de Michael Crichton où Tom Selleck pourchassait également des robots meurtriers, le calamiteux Maximum Overdrive de Stephen King où tout élément technologique cherchait a tuer le premier être humain qu'il croisait dans le seul but d'avoir le monopole de l'existence, et encore bien d'autres plus ou moins recommandables. Pas évident donc de remettre au goût du jour un sujet qui s'avère extrêmement simpliste aujourd'hui même pour n'importe quelle série Z.



Toutefois Proyas ne joue pas la carte du film de Science Fiction à thématique consensuelle sur l'éternel débat "Ce que nous créons nous tuera" etc., évitant ainsi de tomber dans le piège Matrix ou un éventuel cafouillage idéologique et scénaristique, et préfère tout miser sur le divertissement, certes linéaire mais franchement efficace. Si le fond frôle souvent les deux autres sagas précédemment citées, la forme lorgne plutôt vers Minority Report et sa froideur métallique, dans le but de constituer un futur probable. Un réalisme nécessaire pour nourrir la parano du personnage interprété par Will Smith, allergique à tout système d'automatisme, fin mélomane du début des années 2000 (une bonne occasion de caser pas mal de sponsors), et donc totalement opposé à la circulation de robots. La nature même du personnage aurait sans doute gagné à être développée, surtout la légère noirceur qui engrange une véritable haine viscérale des machines, le poussant même à abattre froidement un robot innocent d'une balle en pleine tête histoire d'en intimider un autre sous prétexte qu'ils ne peuvent ressentir aucune émotion, thèse que contredit peu à peu le film.
Un coté anti-héros qu'on aurait aimé voir abordé un peu plus profondément au lieu des sempiternels vannes et mots d'esprits pas toujours bien placés et devenant assez pénibles par moment. Le second point malheureusement ici trop sous exploité également prend la forme du robot Sonny. Un personnage à part entière dont le titre même du film consitue une sorte de journal intime qu'il pourrait tenir dévoilant un peu plus ses troubles et son étrange ambiguïté. Il n'est en malheureusement rien et si le robot bénéficie du minimum syndical pour qu'on s'intéresse à lui, il faudra se tourner à nouveau vers L'homme Bicentenaire (également d'Asimov) ou Intelligence Artificielle pour se pencher vers les sentiments des machines. On appréciera toutefois sa volonté de déchiffrer ce que signifie le clin d'œil, Smith lui répondra d'ailleurs "C'est un truc humain, tu peux pas comprendre", un petit running gag un peu téléphoné mais pas déplaisant.



Chicago, ville rarement exposée dans ce genre de scénario, jongle entre un certain rustre auquel nous sommes habitués (et à juste titre quartier de prédilection de notre héros rétrograde) et buildings totalement surdimensionnés et à la déformation physique presque palpable lors de gigantesque travellings aériens numérique, prenant alors des allures d'un splendide Metropolis (The Crow semblait se dérouler dans Gotham City). Un décor au cœur duquel se marient à merveille, humains, véhicules plus ou moins innovants et une grande diversité de robots assez jouissive (en ce sens, Futurama de Matt Gronening n'est pas loin) démontrant que voir déambuler ces boites de conserves en pleine rue est beaucoup plus fun que de les observer dans le monde imaginaire de Georges Lucas.



Un terrain de jeu épatant pour bon nombre de scènes qui ne le sont pas moins. Proyas qui avait déjà montré son savoir faire visuel dans Dark City notamment, se lâche nettement plus ici (le budget confortable y étant pour quelque chose) nous offrant quelques scènes de bravoures tout bonnement hallucinantes. Si certaines joyeusetés visuelles se sont rapidement démocratisées ces dernières années les rendant quasiment anodines (gunfights aériens, ralentis interminables basculant sauvagement en accélérés) d'autres séquences méritent le déplacement : Will Smith tentant d'échapper à un gigantesque robot aux allures de "mechabot" détruisant une énorme villa (notre bonhomme sauve d'ailleurs un matou de l'éboulement; une habitude depuis Ennemi d'état?) ou bien encore une spectaculaire poursuite automobile nous ramenant à nouveau, véhicule d'un futur réaliste oblige, à l'autoroute verticale de Minority Report et ses voitures magnétiques au style visuel si particulier. A ce titre, la mise en scène de la séquence en question possède fluidité ébourrifante et nous offre une réalisation impeccablement découpée malgré le chaos présent et les nombreux éléments impliqués (dizaines de robots, humains, voitures, camions et autres explosions). Un sublime morceau de bravoure et par la même occasion la meilleure scène d'action à laquelle l'acteur vedette ai jamais participé. Deux scènes d'autant plus jubilatoires car totalement non exploitées par la bande annonce, un sacrifice marketing qui s'avère réellement payant lors du premier visionnage.
Proyas, qui d'un point de vue statique avait offert une vaste mobilité aux décors de Dark City, fait ici virevolter une caméra énergique dans un décors indécrottable de solidité donnant ainsi de vraies allures de foire du trône à sa séquence finale (être trop près de l'écran peu offrir un léger mal de crâne aux petites natures soit dit en passant). Cinq minutes de ce qu'on pourrait appeler un film de monstres, où les robots tels des singes s'attaquent à une armature aux airs d'arbre d'acier, certes vu et revu mais oh combien défoulant.



Si I, Robot ne consitue pas la superproduction la plus attendue cet été, il n'en demeure pas moins l'une des plus réussies, damant allègrement le pion aux fugitifs de l'espace, aux chasseurs de loups-garous, aux diables rouges et faisant sérieusement concurrence à l'homme araignée.



Sans avoir la prétention de vouloir diffuser un quelconque message (même si un peu plus de profondeur aurait été bienvenu, ne serait ce que pour les personnages principaux), Alex Proyas a livré un film, certes un peu moins aboutit que les excellents The Crow et Dark City, mais offrant à Will Smith un film pop à sa hauteur et qui possède cette qualité de faire passer deux heures en un claquement de doigts, chose visiblement devenue assez rare ces derniers temps.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 9

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

tinalakiller 17/03/2011 à 19h03
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