Ultra-violent, gore à souhait et baignant dans un humour noir très singulier,
Ichi The Killer est probablement le film le plus extrême de Takashi Miike, cinéaste aussi prolifique que provocateur à qui l'on doit notamment la romance horrifique
Audition et la satire familiale hardcore
Visitor Q. Il adapte ici un manga pour adulte d'une rare cruauté graphique qui fait passer les bastons de
Fight Club et
Tokyo Fist pour d'aimables plaisanteries.
Réputé insortable ailleurs qu'au Japon (où il faillit d'ailleurs être interdit par la censure),
Ichi The Killer fait son petit bonhomme de chemin dans les festivals. Il fut projeté en clôture de la 4ème édition du
Far East Film à Udine (le compte-rendu arrive dans la semaine) après avoir également fait son effet à
Cognac quelques semaines plus tôt. Durant les 2 projections, on pouvait, s'amuser à compter les spectateurs fuyant la salle devant la violence insoutenable de certaines scènes. Vous avez donc compris que cet OFNI s'adresse à un public très averti. Les parisiens pourront le découvrir prochainement lors de la prochaine édition de
L'Etrange Festival qui aura lieu d'ici quelques mois.

ICHI THE KILLER de Takashi Miike (2001) ICHI THE KILLER (Koroshiya Ichi)Réalisateur : Takashi MiikeAnnée : 2001Interprtètes : Tadanobu Asano, Nao Omori, Shinya Tsukamoto,
Paulyn Sun, Hiroyuki TanakaDurée : 2H00 env
Quand un chef Yakusa disparaît de la circulation, son second, l’élégant Kahikara (Tadanobu Asano) décide d'utiliser tous les moyens possibles pour le retrouver. La technique favorite de ce gangster masochiste au visage balafré et au sourire plus grand que nature - il a les joues tranchées - retenu par deux percings (voir photo) : la torture. Après avoir ''interrogé'' quelques personnes susceptibles de le renseigner, Kahikara découvre que son boss a été tué par un jeune homme introverti nommé Ichi. Ce dernier est affublé tel un justicier, d'une combinaison spéciale et provoque de véritables carnages au sein des organisations criminelles grâce à ses chaussures rasoirs, d'une tranchante efficacité...

ICHI THE KILLER de Takashi Miike (2001)
Takashi Miike voulait choquer et atteint partiellement son objectif en proposant une succession de scènes à la limite du soutenable, parmi lesquels un interrogatoire façon Hellraiser où la victime est suspendu par le dos à des crochets tandis qu'on lui verse de l'huile bouillante sur le corps. Le reste des ''moments forts'' du film est du même acabit : on arrache un bras en tirant très fort dessus, on coupe un type en deux dans le sens de la longueur, la tête d'un autre sert de cible à de grandes aiguilles acérées, une jeune femme se fait massacrer à coup de poings et en redemande, une bande de yakusas malchanceux repeignent les murs avec leurs tripes etc... Le genre de scènes dont le côté ''too much'' est censé provoquer deux types de réactions : la répulsion ou le rire. Mais rapidement c'est l'ennui qui s'installe car en dehors de ces moments extrêmes, on se rend compte que le film ne raconte pas grand chose et surtout qu’il manque singulièrement de rythme. Un peu comme Fudoh, une autre adaptation de manga qu’il réalisa en 1996 et qu’on retient principalement pour quelques scènes plutôt jetées (le vagin lanceur de fléchettes notamment).

ICHI THE KILLER de Takashi Miike (2001)
Trouver dans ce film un personnage sain et exempt de tout attitude déviante est quasiment impossible. Chacun des protagonistes a un grain et il est assez difficile de définir qui possède le plus gros. L’exagération outrancière des différentes situations suffit amplement à faire de Ichi The Killer un film unique en son genre sans que les acteurs en fasse des tonnes. Au contraire l’interprétation générale est plutôt sobre puisque les protagonistes évoluent dans un univers de BD où le sexe, la violence, la drogue, les meurtres font partis de leurs quotidiens. Tadanobu Asano est parfait en dandy maso qui cherche autant à se venger qu’a subir avec une certaine impatiente une bonne punition physique de la part de celui qu’il poursuit. Un film sans limite morale à ne pas mettre devant tous les yeux. Vous êtes prévenus !