L'HISTOIRE : Les aventures de Igor (John Cusack), un assistant de laboratoire bossu et talentueux mais servant de bouc-émissaire au Dr. Glickenstein (John Cleese), un savant fou qui enrage chaque année d'échouer au concours des méchants scientifiques face au Dr. Schadenfreude (Eddie Izzard). Igor, accompagné de son suicidaire lapin ressuscité Scamper (Steve Buscemi), décide cependant que cette année sera la sienne et, pour cela, il donne vie à la créature la plus diabolique possible : Eva, un monstre gigantesque qui doit lui assurer la couronne de plus méchant scientifique...
Le monde de Malaria n'est plus le même depuis que d'énormes nuages ont fait leur apparition au-dessus de lui, le plongeant dans une obscurité permanente qui réduisit à néant l'économie du pays. Sous la suggestion du roi Malbert, un concours se déroule donc désormais régulièrement, dans lequel les participants sont en fait des savants fous qui confrontent leurs pires inventions pour terroriser le reste du monde et leur extorquer de l'argent. Chacun d'entre eux est aidé dans cette tâche par son propre Igor, diplômé certifié de l'académie des Igors et condamné à une vie de zozotements et de servitude. Mais pas notre héros qui, en cachette, prépare lui aussi une invention terrifiante. Il s'apprête ainsi à faire ce qui n'a jamais été fait : créer la vie ! Et si le résultat ne sera pas tout à fait celui attendu par cet apprenti savant fou, les conséquences que cela va entraîner sont encore plus imprévisibles...
Igor ne manquera ainsi pas d'être comparé à l'énormissime L'Etrange Noël de monsieur Jack en cela que tous deux partagent une approche assez similaire, qui fait des freaks les héros du récit et, au bout du compte, les fait paraître comme des gens (presque) normaux. Car même si notre Igor de héros a un bon fond, qui se révèle au fur et à mesure de l'intrigue, il commence en voulant véritablement créer un monstre diabolique, qui sèmerait destruction et désolation sur son passage. Malgré donc sa ressemblance assez frappante avec le bossu de chez Disney, il est loin du héros gentillet qui n'agit que pour le Bien. Une impertinence qui fait toujours plaisir, surtout quand elle est accompagnée comme ici de gags qui perpétuent cette noirceur calculée. Des discrètes allusions aux blagues récurrentes gentiment trashouilles, comme avec ce lapin mort-vivant qui essaye désespérément de se suicider alors qu'il ne peut mourir, le film peut se lire sur plusieurs niveaux qui n'échapperont pas aux spectateurs les plus âgés, qui trouveront alors là matière à un rire sincère. D'autant que le film se permet de plus, de par son univers, de multiplier les clins d'oeil au cinéma d'horreur classique, détournant certains de ses codes pour mieux nous emmener dans l'envers du décors de tout ce pan de l'imaginaire fantastique.
C'est pourtant de ce côté-ci que les choses vont quelque peu coincer pour le film de Anthony Leondis, son scénario n'étant pas suffisamment structuré pour que la progression de l'intrigue nous emporte avec elle. Trop brouillon et finalement assez classique dans sa façon de s'achever sur un bon happy-end des familles, qui assène sa morale plus qu'autre chose, il nous laissera donc quelque peu de marbre. Dommage, parce qu'avec ses emprunts évidents aux grands classiques du cinéma horrifique, Frankenstein en tête, se dressait un parallèle assez intéressant entre le créateur de monstre et le pygmalion de stars, la violente créature espérée par Igor se trouvant en réalité être une Violette aux rêves uniquement tournés vers la scène. Un aspect qui aurait fait des merveilles entre les mains de Pixar mais qui, ici, va se diluer au contact de la partie s'intéressant au concours de savants fous et aux machinations qui s'y trament. Le caractère peu impressionnant des méchants et donc de la menace n'arrangeant en rien ce constat.
Faisant preuve d'une bonne volonté dans le second degré et jouissant d'un cadre plaisant pour tous les fans de cinoche fantastico-horrifique, Igor aurait donc pu être une vraie belle réussite pour peu qu'il ait eu un scénario un peu plus consistant, mieux aiguillé. Les bonnes idées soulevées en cours de route finissent par se perdre dans un traitement qui a tendance à revenir sans cesse vers le convenu, ce qui entraîne parfois le long-métrage dans des considérations hors-sujets jusqu'à un final un peu trop guimauve. Si Igor est ainsi parvenu, lui, à donner vie à sa créature, il manque au film cette étincelle qui lui aurait permis de s'imposer comme une oeuvre complète et entière. Enfin, que ce défaut ne vous arrête pas non plus car l'aventure possède suffisamment d'atouts dans ses manches pour faire passer un bon moment aux petits comme aux grands, d'autant que les petits frenchies de Sparx Animation Studios, responsables de l'animation, s'en sortent vraiment bien pour leur premier long-métrage de la sorte. Et puis, un film où l'un des personnages sort du champ en disant qu'il va "tabasser des vieux pour se détendre", ça ne vous met pas la puce à l'oreille ?Ayant travaillé pour le studio parisien de Disney sur des longs-métrages tels que Le bossu de Notre-Dame, Hercule, Tarzan ou encore Le livre de la jungle 2, Olivier Besson est ensuite devenu ...