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Il Sera Une Fois

La critique d'Excessif

0/5
sera_1_fois_cine L'HISTOIRE : Pierrot vit dans le décompte. Sa vie s'égrène à l'envers. Pour obsession le temps qui passe, et pour hantise la mort de sa mère. Sa mère, son père, une maison démesurée à l'écart du bourg. Sa seule amie Elise, et le bunker solitaire en haut de la falaise, voilà tout l'univers de Pierrot. Mais Pierrot est ailleurs, cadenassé dans son monde intérieur. Au-delà du miroir, la réalité se déforme. Sous son regard, l'âge prend mille visages. Les visions l'assaillent de plus en plus souvent, deviennent hallucinations. La vieillesse est partout, déjà autour de lui, en lui. Pris dans son propre engrenage, Pierrot se dérègle de jour en jour. ... Une nuit, le compte à rebours touche à sa fin, les limites de sa folie sont atteintes et Pierrot se retrouve face à face avec le vieillard qu'il sera lui-même. Un étrange voyage commence alors pour l'improbable duo...
Il sera une fois, quatrième film de Sandrine Veysset, est à la fois une séduisante invitation à l’introspection de soi au stade de l’enfance où de multiples angoisses peuvent tourmenter un esprit bouillonnant et un corps déjà en pleine mutation. Mais il est aussi un film au rythme un peu languissant perdant de son énergie dans diverses petites errances qui pourraient bien être rédhibitoires pour certains.

IL SERA UNE FOIS
un film de Sandrine Veysset
Avec Alphonse Emery, Lucie Régnier, Dominique Reymond, Michael Lonsdale, Jean-Christophe Bouvet, Marc Barbé, Beata Nilska, Francoise Lebrun
Durée : 1h17
Date de sortie : 21 novembre 2007


Pierrot vit dans le décompte. Sa vie s’égrène à l’envers, il nage à contre courant et n’a que très rarement accès au présent … Sa mère, son père, une maison démesurée à l’écart du bourg, sa seule amie Elisa, et le bunker solitaire en haut de la falaise, représentent tout l’univers de Pierrot. Mais au-delà des apparences, la réalité s’altère. Des visions l’assaillent de plus en plus souvent, la vieillesse est partout autour de lui. Un jour, Pierrot se retrouve face à son double, un vieillard qui va l’entraîner dans un incroyable périple, celui de sa propre vie …

Il y a des films qui savent nous transporter immédiatement vers un voyage onirique ; Il sera une fois commence par une séquence où un homme âgé traverse tout l’écran dans un paysage méditerranéen particulièrement embrumé. Il s’arrête, de dos, face à la mer. Toute l’atmosphère si étonnante du métrage réside ici, car ne nous-y trompons pas, si plusieurs traumas de l’enfance sont abordés, ce n’est pas le format drame qui a été choisi, mais celui plus aérien du conte. Par conséquent, le film aime faire naître le fantastique dans le quotidien esseulé de Pierrot. La réalisatrice Sandrine Veysset dont c’est le quatrième film, saisit avec subtilité l’univers si fragile de nos deux jeunes héros. Pierrot, gamin angoissé et troublé par une vie familiale où on ne se parle plus, et Elisa, témoin passif du déchirement de sa cellule familiale dû aux problèmes de couple de ses parents.


A travers ces deux enfants, la réalisatrice s’attèle à reconstituer en image un univers mental en proie de façon précoce au doute et à la mort. Sans vouloir en révéler trop sur l’intrigue, on soulignera que le récit mêle les deux destins plus intensément qu’on n’aurait pu le croire. Au niveau de la mise en scène, on assiste à une suite de jolis plans avec certaines séquences carrément éblouissantes baignées en plein imaginaire fantastique. On reprochera tout de même un rythme par trop lancinant au film qui aime étirer trop longuement certaines intrigues (quotidien de la famille de Elisa, Le cercle du père de Pierrot). Le naturel des acteurs est là mais on regrettera tout de même quelques répliques trop « jouées » ce qui a pour effet direct de nous retirer un peu de la magie que le film pouvait avoir sur nous. Le jeune Alphonse Emery (Pierrot) semble moins à l’aise à jouer l’effronté, mais retranscrit bien l’histoire d’un garçon en proie à diverses peurs infantiles. Sa mère, malade depuis quelques temps, engendre chez lui une angoisse de la perte de l’être aimé. L’extrême lucidité de l’enfant pour son âge renvoie peut-être aussi à une forme de folie, à l’image de ce décompte qu’il entretient durant une bonne partie du film, un décompte qui, arrivant à zéro, lui permet de rencontrer un vieillard, le Pierrot du futur (Michael Lonsdale jouant avec malice). A défaut de révélations extraordinaires, cette rencontre surnaturelle scellera l’une des morales transmises par le film. Il faut vivre un maximum son présent pour éviter les inévitables remords venant avec l’âge.


Le message est terriblement bienveillant et tombe quelque peu dans la mièvrerie, mais peu importe, on ressort du voyage l’esprit apaisé, satisfait d’avoir assisté à l’œuvre sensible d’une cinéaste qui n’est sans doute encore qu’au début d’une carrière prometteuse, même après quatre films, et dont on a déjà hâte de voir la suite.

Vincent Martini



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