Pas de surprise : la vision du film confirme les craintes suscitées par la lecture du synopsis sans pour autant constituer une expérience désagréable. C'est juste que les enjeux dramatiques sont inexistants, que les personnages secondaires confinent aux tristes archétypes et surtout que ça lambine sec dans la seconde partie (une heure). Traduction des faits :
In her shoes, film sympathique mais mineur, ne révolutionne en rien la grammaire cinématographique et ne le cherche à aucun moment. Curtis Hanson, qu'on a connu plus profond et inspiré, doit beaucoup à ses comédiennes.
IN HER SHOES
Un film de Curtis Hanson
Avec Cameron Diaz, Toni Collette, Shirley MacLaine
Durée : 2h10
Galerie photoSortie : 16 Novembre 2005Maggie est convaincue que son seul atout dans la vie réside dans son art d'aimanter le sexe opposé. Dyslexique et certaine de n'avoir aucune aptitude intellectuelle, elle a toujours privilégié le maquillage aux livres. Sa principale qualité : savoir toujours dénicher la tenue idéale pour n'importe quelle occasion. Rose est en revanche une brillante avocate officiant dans un prestigieux cabinet de Philadelphie. Mais cette grande bosseuse a un point faible : son corps et ses incessantes variations de poids qui l'ont poussé depuis longtemps à renoncer à toute sorte de vie amoureuse. Son unique réconfort : les chaussures, car contrairement aux vêtements, elles lui vont toujours bien. Tout oppose les deux soeurs, dont l'unique point commun est la pointure. Après un violent clash, les deux soeurs vont peu à peu se rapprocher...Réflexion faite : Curtis Hanson est peut-être ce que l'on appelle un cinéaste inégal, c'est-à-dire un metteur en scène un tantinet impersonnel qui accumule les objets filmiques sans se soucier du genre en atteignant par rares intermittences des sommets inespérés. A l'instar de quelques cinéastes qui sont dans la même posture pas nécessairement enviable, il a néanmoins son chef-d'œuvre (
L. A. Confidential) et n'a hélas jamais réussi à faire mieux depuis.
Dans le sillage d'une comédie douce-amère façon
Wonder boys qui manquait lui aussi d'ambition cinématographique, Curtis Hanson signe avec
In her Shoes un film de nanas un peu bêta, pas détestable, juste anodin, avec en toile de fond de jolis clichés pour lectrices de Biba avec une foultitude de thèmes très contemporains (les difficultés relationnelles, les réunions familiales tannantes, les rivalités sous-jacentes). Curtis décline tous ces lieux communs sans avoir la politesse de faire montre d'originalité. En entrant dans la salle, tout le monde sait très bien où le film se dirige et c'est probablement pour cette raison que les spectateurs iront le voir.
Sans atteindre des abîmes de complexité ni même de profondeur, le film a sans doute été mal vendu. Il repose certes sur des éléments potentiellement gaguesques mais privilégie avant tout la demi-teinte (humour et émotion). Inversement aux personnages qui, eux, sont taillés dans le marbre le plus manichéen. L'opposition entre les deux sœurs, diamétralement différentes et complémentaires, promet son lot évident de conflits pesamment binaires et résume cette impression de simplification, de facilité... qui constitue l'un des sérieux défauts du film.
Néanmoins, à la manière du récent
40 ans, toujours puceau qui ne cherche en aucun cas à laisser de trace mémorable mais à procurer du plaisir en déridant les zygomatiques à grands coups de gags énormes, on peut goûter aux ficelles convenues de cette comédie sentimentale qui réserve quelques passages sympathiques (le matage d'un film porno avec la grand-mère) et repose uniquement sur ses interprètes. On sait depuis
Muriel que Toni Collette a une prédilection pour les personnages régressifs. Le revival de Shirley McLaine en grand-mère suscite un intérêt poli, sans plus. La bonne surprise vient de Cameron Diaz, astucieusement mise en avant, filmée dans toutes sortes de tenues affriolantes et parfaitement synchrones avec la nunucherie de son personnage qui se pense incapable d'être intelligente et mise tout sur son physique. On louera deux fois plutôt qu'une ces trois portraits de femmes
who just wanna have fun qui émanent sans peine de ce film un chouia gnangnan et commun, qui se laisse reluquer gentiment…
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