La critique d'Excessif

3/5
inglourioustaran_vign23 L'HISTOIRE : Dans la France occupée de la Seconde Guerre Mondiale, la jeune Shoshanna Dreyfus voit ses parents brutalement assassinés de la main du colonel nazi Hans Landa. Echappant de peu à un sort similaire, elle fuit pour Paris où elle se forge alors une nouvelle identité, en tant que directrice d'un petit cinéma de quartier.
Ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine monte un groupe de soldats juifs, spécialisé dans les attaques-éclairs de représailles. Connus de leurs ennemis sous le pseudonyme de "basterds", l'escadron de Raine part pour l'Allemagne où ils doivent retrouver Bridget Von Hammersmark, comédienne et agent double au service des Alliés. Ensemble, ils vont alors mettre à exécution un plan visant à éliminer les principaux chefs du troisième Reich et retrouveront sur leur chemin Shoshanna, qui a elle-même sa propre vengeance à satisfaire...
Suspense palpable à en creuver et prouesse d'interprétation

Plus de la moitié de ses films ont fait un tour sur la Croisette, remportant même au passage la Palme d'Or pour Pulp Fiction en 1994. Il a toujours voué au festival de Cannes un attachement particulier, jusqu'à annoncer qu'il ferait tout pour qu'Inglourious Basterds soit prêt à temps pour l'évènement. La semaine dernière, on le disait encore en salle de montage, histoire de peaufiner le film le plus médiatisé de la sélection officielle. Ses basterds ont finalement pris d'assaut la plage pour nous offrir un moment de cinéma décomplexé et ultra référencé. Du Quentin Tarantino pur jus. Et pourtant...


 

 


"Il était une fois...". Avec ses premières minutes pleines de tension et d'humour, le conte cruel de Quentin Tarantino laisse pantois d'admiration. Surcadrages maniérés, suspense palpable à en creuver et prouesse d'interprétation. La séquence d'introduction est une pure merveille de cinéma, jonglant avec une atmosphère western et un ludisme permanent avec le spectateur (le verre de lait, les changements de langues). Si le cinéaste ouvre son film avec un niveau qu'il n'avait encore jamais atteint, la suite ne tient pas toutes ses promesses. La faute d'abord à un film trop bavard qui n'arrive pas en vérité à atteindre la puissance émotionnelle et graphique de l'ouverture (ne vous attendez surtout pas à un film d'action). La folie dramatique et l'héritage culturel (merci Morricone) semblent se ternir au fil du temps qui paraît de plus en plus long. On ne s'ennuie pas réellement mais le cinéaste ne retrouve jamais la puissance narrative et formelle des débuts. Même s'il reste un fin dialoguiste et un directeur d'acteurs hors pair, Quentin Tarantino tourne beaucoup trop autour du pot.

 

 

 

La bande de Basterds emmenée par Brad Pitt vit dans l'ombre de l'héroïne juive, celle par qui la vengeance arrive, celle par qui le métrage puise sa dimension onirique et la grandiloquence de ces derniers instants. Mélanie Laurent incarne Sashanna avec conviction, mêlant une sauvagerie contenue à un visage d'ange. Chacun de leur côté, soldats kamikazes et rescapée traumatisée vont tout faire pour assoiffer leur catharsis. Mais ces Inglourious Basterds se font finalement voler la vedette par le Colonel Landa, figure absolue du Mal, "faucon" s'abattant sur les "rats juifs" et détective ingénieux. Christoph Waltz lui prête une gestuelle outrancière, un air sournois et un talent comique qui efface les tentatives de ses partenaires de jeu lorsqu'ils sont réunis avec lui à l'image. On en ressort avec l'étrange impression que l'auteur a pris plus de plaisir à caractériser le grand méchant Nazi que sa galerie de soldats bâtards et scalpeurs, finalement pas si présents à l'image. Une ambivalence forcément intéressante et puissamment inquiétante. Vu comment le cinéaste se regarde le nombril, il ne serait pas étonnant qu'il ait pris un malin plaisir à offrir consciemment le meilleur rôle à l'ennemi juré. C'est en même temps la grande force du film et ce qui provoque son coma artificiel. Coma duquel émane des fulgurances narratives et jouissives de pur cinéma.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 51

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

wolvy 01/12/2009 à 14h16
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