L'HISTOIRE : Six mois après la révélation de son identité, Tony Stark alias Iron Man profite de sa vie dissolue de milliardaire. Ne voulant pas céder les secrets de sa prodigieuse armure à l'armée, il se voit obligé de forger de nouvelles alliances afin de préserver l'équilibre de la paix mondiale. Le danger arrive du côté de la Russie avec un physicien au passé trouble, Ivan Vanko.
Un film qui fait plus office de Iron Man 1.5 malgré un Robert Downey Jr. irréprochable.
Critique pour (4/5)
Iron Man nous avait laissés avec un Tony Stark venant de faire son coming-out de super héros, révélant alors son identité aux yeux du Monde entier. Devenant une star interplanétaire, reléguant les peoples au rang de novices, Tony Stark a bien évolué depuis le premier opus, passant d'un homme en quête de rédemption à celui d'un pur égocentrique jouant sur son image, abusant de son cynisme et de son pouvoir. Nous nous trouvons donc à l'opposé d'un Bruce Wayne ne cessant de se cacher sous un masque afin ne pas révéler les faiblesses de l'homme derrière Batman. Ici Tony Stark est Iron Man et Iron Man est Tony Stark. Pour autant et bien avant d'affronter deux nouveaux méchants très charismatiques, Robert Downey Jr. doit se battre avec lui-même ou plutôt contre les créations qui le maintiennent en vie et qui lui donnent une raison de se battre. L'Homme a appris à ses dépends que la technologie prend peu à peu le pas sur l'Humanité et Tony Stark ne dérogera pas à cette règle.
Mais Jon Favreau ne s'est pas contenté de donner plus d'épaisseur à Tony Stark, il a également fait grandir les personnages qui l'entouraient. Ainsi, Pepper Potts, son éternelle assistante, devient la Présidente de Stark Industries, lui conférant ainsi plus d'emprise et d'influence sur un Tony Stark ne cessant d'agir comme un gamin irresponsable. Quant à Jim Rhodes, remplacé par Don Cheadle depuis le départ de Terrence Howard, il incarne désormais War Machine, frère d'arme d'Iron Man chargé d'épauler notre héros et se révèle ainsi être son ange gardien.
Maxime CLAUDEL
Critique contre (2/5)
Tony Stark a changé. Après avoir révélé au grand jour son identité secrète et abandonné le commerce des armes, notre milliardaire peut laisser libre court à son narcissisme exacerbé, l'absence d'ennemis de la Nation achevant de le rendre invulnérable. Mais c'était sans compter l'arrivée d'un mystérieux russe au pouvoir destructeur extraordinaire. Le premier film de Jon Favreau réussissait la lourde tâche d'introduire un nouveau personnage à l'écran, exercice ô combien difficile dans l'univers archi-codifié des super-héros. Sa réussite résidait essentiellement dans la personnalité de son rôle-titre. Robert Downey Jr. incarne à lui seul un monument de cool-attitude avec son caractère inimitable. Et si le film ne gagnait pas sur tous les tableaux, il pouvait compter sur sa fraicheur et le capital sympathie acquis à Tony Stark. Le chemin semblait alors tout tracé pour une suite encore plus forte et divertissante. Et le résultat pourra décevoir ...
Dire que le projet Iron Man 2 était attendu relève de l'euphémisme. Le casting encourageait ces impressions des plus positives. A l'arrivée, si la catastrophe est évitée, on ne peut s'empêcher de regretter une telle omniprésence de Tony Stark aux prises avec une histoire plutôt facultative. L'acteur n'est pas mis en cause, on regrettera simplement le manque de présence de tous les personnages à ses côtés. Scarlett Johansson en beauté fatale sans épaisseur, Gwyneth Paltrow au charme en berne, Don Cheadle tristement sous-exploité... même Mickey Rourke en Whiplash ne présente pas un grand obstacle pour Stark. Le plus grand danger du génial inventeur résidant finalement bien plus dans son toxique coeur de métal -sa force devient soudainement sa principale faiblesse-.
L'intégration de Nick Fury (Samuel L. Jackson borgne) reste anecdotique avec des ficelles scénaristiques sans panache visiblement plus soucieuses de préparer le terrain à Avengers, future licence Marvel. L'ensemble de l'intrigue se déroule au rythme d'un récit très sage. Aucun enjeu majeur ne saurait perturber l'équilibre entretenu. Tel qu'il est, cet Iron Man 2 propose son lot de plaisirs avec des scènes à Monaco très réussies, la séduisante arrivée de la Veuve Noire chez Stark, un affrontement contre une nuée de drones implacables. C'est dans ces rares moments enlevés qu'on se demande pourquoi l'action se fait aussi rare dans ce deuxième film, une question que l'on se posait déjà avec le premier film.
Il devient difficile dans ces conditions de dépasser le statu quo qui nous laisse en présence d'un film certes divertissant, mais aussi archi-balisé, bavard à l'excès, faisant plus office de Iron Man 1.5 en attendant l'apothéose avec un troisième opus. Il ne reste plus qu'à espérer que Tony Stark ait encore plus d'un tour dans son armure.
Vincent MARTINI
Robert Downey Jr. est à l'affiche de Date limite de Todd Phillips. L'occasion rêvée de se pencher sur le box office de cet homme d'acier...