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Jason X

La critique d'Excessif

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jasonx_cinefr L'HISTOIRE : Jason Vorhees, le célébrissime tueur en série au masque de hockey, a finalement été capturé. Ne pouvant être détruit, celui-ci se retrouve cryogénisé, comme la charmante Rowan qu'il tentait de tuer.
Près de cinq siècles plus tard, la Terre est devenue inhabitable suite aux méfaits de la pollution. Venus de la planète qui a servi d'asile à la race humaine, de jeunes archéologues partent en voyage sur la Terre pour étudier les causes du cataclysme écologique.
Au cours de leurs recherches, ils découvrent un caisson réfrigéré contenant ce qu'ils pensent être l'un de leurs plus vieux ancêtres. Afin de le préserver et d'en savoir plus, ils décident de ramener ce corps cryogénisé ainsi que celui de Rowan sur leur vaisseau spatial. Jason ne va pas tarder à sortir de son hibernation...
Jason revient encore ! Si, si, on vous l’assure. Le « boogeyman » le plus célèbre du cinéma fantastique (à égalité avec Michael Myers et Freddy) renaît donc une huitième fois de ses cendres (on rappelle que dans le premier, c’était sa mère qui se faisait décapiter) pour à nouveau découper en morceaux le plus de teenagers possibles. En dépit de la qualité (relative) des derniers opus (entamée avec le 6, de loin le meilleur épisode de la série), il faut reconnaître qu’il est de plus en plus difficile pour la franchise des Vendredi 13 d’attiser la curiosité des spectateurs. La répétition et l’absence quasi totale d’originalité dans le récit (scénario identique à chaque fois : groupe de jeunes en chaleur, Jason dans les parages, Jason pas content donc Jason tue tout le monde jusqu’à ce qu’un des ados, plus futé, parvienne à le trucider) a depuis longtemps plomber la série. Et il ne reste plus que les fans purs et durs pour s’enthousiasmer devant les exploits du tueur à la machette.

JASON X
Année : 2002
Réalisateur : James Isaac
Acteurs : Kane Hodder, Jeff Geddis, Lexa Doig, David Cronenberg, Markus Parilo
Durée : 1h 30
Sortie : 31 juillet 2002

Alors, pourquoi cette nouvelle apparition de Jason mérite-t-elle le détour ? Et bien, c’est fort simple et on se demande bien pourquoi personne n’y a pensé avant : il suffisait de pousser le concept à son paroxysme. En s’éloignant de Cristal Lake et en optant pour un univers et une époque des plus surprenants, en l’occurrence l’espace et le futur, les auteurs de Jason X annoncent d’emblée la couleur : en avant pour la grosse déconnade et pour l’iconisation absolue de leur monolithe masqué. L’histoire est ainsi 100% farfelue (et donc forcement intrigante) Et oui, nous sommes désormais en 2455 et Jason a été cryogénisé depuis plus de quarante ans alors que la terre a été ravagée par une catastrophe écologique. Recueilli à bord d’un vaisseau spatial par une bande de jeunes scientifiques en herbe, Jason va immanquablement décongeler pour enchaîner immédiatement par le massacre en règle de toute forme de vie rencontrée.



A défaut donc d’avoir le fameux Jason versus Freddy que l’image finale du 9 nous faisait espérer (mais bon le projet est enfin en route et c’est Ronny Yu qui s’en charge), on a donc le droit en guise d’apéritif à une variante d’Alien avec notre hockeyeur préféré en lieu et place de la créature. Situation pour le moins totalement délirante et casse gueule (mal foutu et c’est la série Z assurée) mais qui parvient à fonctionner. Du moins en partie.

En dépit de la fraîcheur et de l’humour souvent fort à propos des situations, Jason X reste un divertissement et un film mineur. Certes, l’ambition, une relative inventivité, une envie de s’amuser et de détourner les règles du genre sont bien présentes sur l’écran mais de manière trop sporadique. La chance toutefois de Jason X, c’est de parvenir à caser des séquences clés à intervalles réguliers, juste au bon moment pour relancer l’intérêt du spectateur. C’est ainsi qu’à la sortie de la salle, on en vient à retenir que les bonnes scènes en oubliant (presque) la médiocrité de la mise en scène, le jeu peu convaincant des comédiens, la ringardise de certains décors (on pense en particulier à une chasse à l’homme dans les coursives du vaisseau, directement inspirée de Aliens et son gang de marines attaqué par les monstres mais qui sur l’écran ressemble plus à une séquence fauchée d’une production bis italienne) et le manque de rythme flagrant au milieu du récit.

En revanche, on se réjouit donc de pouvoir assister à l’empalement spectaculaire en ouverture du film de David Cronenberg, venu en touriste. On se délecte devant la manière dont Jason se réveille (il entend un couple forniquer). On s’amuse comme des petits fous devant certains meurtres particulièrement inventifs et désopilants (congélation du visage instantanée suivi d’un éclatement impressionnant contre le bord d’un bureau ou encore embrochage de soldat qui résiste en défiant Jason de faire mieux, défi relevé sur le champ par notre « héros » et acquiescé d’une punchline savoureuse par le dit soldat). On prend son pied devant un combat titanesque entre un androïde femelle particulièrement sexy (vêtue toute en cuir noir) et Jason où ce dernier prend LA raclée de sa vie. On jubile lorsque Jason décide de s’upgrader et arbore une tenue qui rendrait jaloux le Terminator. Et enfin, on se bidonne devant LA scène la plus géniale que la série nous ait jamais offerte : un retour virtuel à Cristal Lake où Jason démontre face à deux bimbos peu farouches à quel point il n’a pas perdu ses bonnes vieilles habitudes. Visuellement, on est ici en plein Tex avery live.



Jason X est donc une œuvre bâtarde et quelque peu régressive, fourre tout parfois totalement réussi et assumé qui pêche d’un manque de moyens évident. Mais alors que la règle dans le cinéma yankee est que les suites ne cessent de s’appauvrir (et c’est pas Michael Myers qui nous contredira), il est fort réjouissant de voir que la franchise des Vendredi 13 gagne en qualité au fil des ans (ou du moins conserve l’esprit joyeusement parodique et délirant instauré depuis le numéro 6). On espère désormais que Jason versus Freddy le confirmera amplement.

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