La critique d'Excessif

3/5
jelaimais135okok L'HISTOIRE :

En une nuit, Pierre va partager avec sa belle-fille Chloé ce grand secret qui le hante depuis vingt ans, celui qui le mit face à lui-même, à ses contradictions et à ses choix, à son rôle d'homme et à ses manques. Le secret de cet amour pour Mathilde, pour lequel il n'a pas tout abandonné, choisissant une route plus sûre et connue. En une nuit, nous découvrirons la vie d'un homme qui n'osa pas.

Les comédiens, à fleur de peau, réalisent une très belle prestation.
Après Se souvenir des belles choses et L’homme de sa vie, Zabou Breitman adapte cette année un roman d’Anna Gavalda en compagnie de sa camarade scénariste, Agnès de Sacy... Si le roman Je l’aimais manquait parfois de souffle, il en va de même pour son adaptation qui malgré un rythme soutenu, ne parvient pas toujours à garder intact notre intérêt pour ce joli récit amoureux. Hors du temps, de l’espace et loin du regard des autres, l’amour de Daniel Auteuil pour Marie-Josée Croze est pourtant une belle bouffée d’oxygène dont la simplicité ne peut que nous émouvoir. Zabou filme ce conte immoral comme une parenthèse, ne portant jamais de jugement sur son personnage et défiant les règles de l’amour tel qu’il doit être vécu dans notre société occidentale... Elle nous souffle dans l’oreille que souvent, pour aimer, il faut savoir laisser filer...



Zabou Breitman possède une sensibilité rare, une vision de l’amour et du couple allant souvent à l’encontre de l’idée pré-conçue que l’on peut s’en faire... Dans ses deux premiers films, les unions improbables qu’elle conçevait voyaient le jour dans des contextes spécifiques, des lieux isolés où les sentiments, même les plus inavouables, peuvent s’exprimer. Ici, le récit commence dans un chalet de montagne alors que Chloé, une jeune mère de famille vient de se faire larguer par son mari et passe quelques jours de repos en compagnie de son beau-père. La situation est plus que surprenante et l’intimité particulière qui s’installe propice à des révélations sans langue de bois... Florence Loiret Caille, qui n’a que quelques scènes pour nous révéler son désespoir, brise la glace dans une séquence bouleversante où elle explose les conventions des bonnes familles, déchire le collet monté pour exprimer sa spontanéité, sa tristesse et son besoin d’être réconfortée... Elle n’a que faire des règles de vie et la brèche étant ouverte, Daniel Auteuil, en bon père de famille, en profite pour s’y faufiler et lâcher ce grand secret qui le hante depuis si longtemps : il a été amoureux, follement amoureux, d’une autre femme que son épouse.

Construit en flashback, suivant le récit chronologique qu’en fait Auteuil, l’histoire d’amour illumine le film, à l’image de Marie-Josée Croze qui inonde de sa beauté et de son naturel toute la morosité ambiante de départ. Si l’on aurait aimé une vraie liberté de ton, une mise en scène pleine de souffle, évoquant une idylle lunaire, hors de toute considération temporelle ou spatiale, si l’on aurait rêvé d’une histoire d’amour autrement plus cinématographique, ce qui se déroule devant nos yeux manque trop souvent de lyrisme, de cette touche poétique propre à Zabou qu’elle avait su explorer dans ses deux précédents films... Pourquoi se brider lorsque le sujet réclamait justement une liberté totale ? La cinéaste s’autorise quelques cadres de travers, une poignée de flous artistiques sans grande envergure et une utilisation très limitée de toutes les possibilités que pouvait offrir un cadre comme Tokyo. Bref, le tout est assez paresseux si l’on compare avec la stupéfiante prestation des comédiens et notamment celle de Daniel Auteuil qui, en amoureux transi, parvient une fois de plus à nous toucher profondément, nous faire oublier son âge et apprécier son gigantesque talent. Il nous rappelle son rôle dans Quelques jours avec moi de Claude Sautet où son amour démesuré pour Sandrine Bonnaire le menait à tout oublier... Quant à Marie-Josée Croze, parfaite de bout en bout, elle symbolise cet amour fugace et incarne le fantasme parfait jusqu’au moment où elle redevient un être humain après n’avoir longuement été qu’une sorte de rêve eveillé.

 

Zabou réalise un film attachant, une parenthèse enchantée qui parvient au détour de quelques séquences à s’envoler dans des sphères romantiques particulièrement grisantes... Cependant, le manque de permission et de liberté empêchant au film de réellement nous prendre aux tripes et cette histoire d’amour, finalement, semble n’appartenir qu’à ceux qui la vivent. Mais c’était peut-être le but recherché...

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  • daniel_auteuil_haut
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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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