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Je suis une légende

La critique d'Excessif

4/5
je_suis_une_legende_cinefr L'HISTOIRE : Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu.
Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang. Ses innombrables ennemis lui en laisseront-ils le temps ? Le compte à rebours touche à sa fin...
Précédé par des années de development hell avant d’atterrir dans les mains du scénariste de Batman et Robin et du réalisateur de Constantine, Je suis une Légende avait tout du projet maudit. Craintes très vite balayées dès les premières minutes du film. Je suis une Légende se révèle être la plus grosse réussite de cette fin d’année.

JE SUIS UNE LEGENDE
Un film de Francis Lawrence
Avec Will Smith
Durée : 1h40
Date de sortie : 19 décembre 2007


Le docteur Robert Neville est le seul survivant d’une épidémie planétaire ayant transformé les humains en monstres sanguinaires. Il vit avec son chien dans le centre de Manhattan et partage son quotidien entre recherches pour trouver un antidote et exploration de la ville pour se procurer quelques vivres.

À en croire les bandes annonces, Je suis une Légende serait une version musclée du roman de Richard Matheson. Pourtant à la sortie de la projection le film s’avère être une excellente surprise qui trouve le juste équilibre, parvenant à distiller une atmosphère pesante, ponctuée de coups d’éclat violents et abruptes. L’une des nombreuses réussites du film est d’avoir réussi à retranscrire l’ambiance, la solitude et les frustrations ressenties dans le roman par le personnage dans ce contexte bigger than life de cette ville New York dévastée et oppressante. Le transfert de l’histoire d’origine de Los Angeles vers New York s’avère plus que judicieux tant la verticalité de la ville et son absence de foule renforcent l’atmosphère lourde du roman.


Dès le début du film, la vision post-apocalyptique de New York confère un cachet et une tenue visuelle absolument stupéfiante. De la partie de chasse démentielle en Mustang du commencement jusqu’à l’assaut final on aura rarement vu des décors aussi impressionnants. Les avenues désolées de Manhattan s’étendant à perte de vue font passer les rues de Londres de 28 jours plus tard et de sa suite pour des décors de court-métrage. Grâce à un budget facilement quatre fois supérieur à ceux des deux « 28… » réunis, Francis Lawrence se permet des visions apocalyptiques démesurées donnant un sentiment de désolation assez incroyable. Du grand spectacle qui accentue la solitude et influe directement sur l’intimité et la raison du personnage principal interprété par un Will Smith impeccable.


Pendant presque deux heures l’interprète de Ali est seul face à la caméra, arpentant avec son chien cette jungle urbaine, expression qui trouve ici tout son sens. Probablement sa meilleure performance depuis le chef d’oeuvre de Michael Mann, Wil Smith crève littéralement l’écran, tout en retenue et impose un charisme impressionnant. On pouvait craindre comme dans I, Robot, un décalage entre le ton du film et son interprétation « à la Big Willie Style », mais au final l’acteur habite littéralement le personnage de Robert Neville et est en parfaite adéquation avec la gravité du sujet. Le réalisateur et son acteur principal s’approprient les thèmes du roman original et les adaptent judicieusement. On ressent cette solitude pesante, ces luttes vaines et pathétiques pour garder son humanité qui finiront par lui faire perdre la raison. Même la frustration sexuelle très présente dans le roman de Matheson trouve ici un écho.


Je suis une Légende est avant tout un film d’ambiance sur la solitude mais c’est aussi un pur survival avec des vampires. Le réalisateur opte pour le choix de représenter ses « créatures de la nuit » entièrement en images de synthèse, qui s’avèrent être parfaitement en adéquation ave leur déshumanisation. Si certaines animations ne sont pas aussi réussies que le reste, les plans impliquant ces monstres restent assez spectaculaires et dynamiques. On n’oubliera pas de sitôt leur première apparition. Loin d’être aussi « sociabilisés » que dans le livre, ils ressemblent à un croisement entre un Reaper de Blade 2 et des enragées de 28 jours plus tard. Loin d’être un film d’action pétaradant (on ne s’ennuie pas une seconde), Je suis une Légende ménage ses effets et ses scènes de pure violence, accentuant ainsi leur brutalité.

Mais l’euphorie générale de voir que Francis Lawrence et la Warner réussissent leur pari est légèrement ternie par quelques petites frustrations ressenties par tous les lecteurs du livre. Il est bien difficile d’en parler sans trop en révéler sur le roman ou le film mais la fin du métrage diverge grandement. Avec une fin qui fut retournée il y a à peine un mois on pouvait s’attendre au pire mais elle reste un gros moment abrupt, sec et efficace. Le seul véritable reproche est que cette fin n’atteint pas la haute tenue visuelle et narrative entretenue pendant les 90 minutes précédentes. Dommage.


Mais au final, et malgré ses quelques rares défauts, Je suis une Légende reste une très grosse surprise et clôt brillamment cette année 2007.

Stanislas Bernard



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Le verdict des internautes

Total des votes : 4

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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tinalakiller 03/03/2011 à 00h18
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