1. >
  2. >
  3. >Critique Jennifer's Body

Jennifer's Body

La critique d'Excessif

2/5
jennifers_body_33.jpg L'HISTOIRE :

Lycéenne dans une petite ville américaine, Jennifer est une beauté fatale à qui aucun garçon ne résiste. Cette bombe cache pourtant un petit secret : elle est possédée par un effroyable démon. Mangeuse d'hommes à tous les sens du terme, elle se transforme peu à peu

en créature pâle, maladive et meurtrière...

 

Needy, sa discrète amie d'enfance, va désespérément tenter de protéger les jeunes hommes de la ville, à commencer par son petit ami Chip...

Bonne comédie horrifique ou pétard mouillé ?
Sous l'emprise d'une force intérieure, une jeune pom-pom girl à la vie idéale se met à assassiner les garçons de sa petite ville. Sa meilleure amie va tenter de l'arrêter. Pour ou contre ?



POUR / PAR GEOFFREY CRETE
On retrouve dans Jennifer's Body beaucoup des ingrédients qui ont fait aimer (ou détester) Juno. Le cadre est similaire, Megan Fox parle comme Ellen Page et le film s'autorise un tas de références à la pop-culture. Là où elle utilisait Juno pour dynamiter l'image parfaite de l'American Dream, Diablo Cody se sert ici du film de genre et de l'amitié entre deux adolescentes pour traiter un thème très proche. « Hell is a teenage girl » nous dit Needy au début du film, et c'est bien la thématique qui parcourt maladroitement le film : la difficulté de grandir, d'accepter son corps et sa sexualité, et l'équilibre infime entre la normalité sociale et les extrêmes (la pute ou la coincée).

 


Le problème, c'est qu'en plus d'une mise en scène qui jongle entre la stylisation à outrance et le foutoir, le scénario se veut tellement « cool » (Megan Fox, le sexe), métaphorique (le viol, les meurtres), et tendance (Megan Fox, le film de genre) qu'il s'auto-parodie constamment. Il n'y a qu'à entendre le chanteur justifier son crime pour comprendre que tout ça n'est qu'une immense blague. Le spectateur est alors contraint de s'amuser de tout, et du film lui-même : les clichés sont intentionnellement énormes (les grosses lunettes d'Amanda Seyfried), les personnages sont tous idiots (ils ne cherchent qu'à coucher), et l'on sent une méchanceté assez hilarante envers ces adolescents tourmentés par leurs hormones (l'horrible robe rose). Au fond, on se demande si Diablo Cody ne déteste pas autant que nous ses personnages. En tout cas, les tuer n'est pas une si mauvaise idée, et si l'on arrive à passer outre un mauvais goût assez prononcé (les effets de style, la musique, les effets spéciaux), on passe un moment sympa.

CONTRE / PAR ROMAIN LE VERN
Dans Juno, la scénariste Diablo Cody évoquait son amour des films d’horreur à travers une adolescente enceinte fan de Dario Argento. Sans doute annonçait-elle déjà Jennifer's body qu’il faut comprendre au second degré, au risque de passer à côté de son intérêt. Passé une introduction qui rappelle Ginger Snaps : resurrection, la première partie n’est ni plus ni moins qu’une parodie du cinéma fantastique américain des années 80-90 où une bombe sexy (Megan Fox) et son amie d’enfance (Amanda Seyfield) ne peuvent pas se séparer l'une de l'autre. Les personnages secondaires (le gothique, le leader d’un groupe de rock) renvoient aux archétypes du teenage movie et J.K. Simmons, l’un des acteurs fétiches de Sam Raimi, incarne un professeur intrigant mais pas développé. Avant d’être gore ou trash, le scénario de Diablo Cody décline les passages obligés du genre dans un esprit ironique proche de Wes Craven pour se moquer des personnages mais aussi du public adolescent (Maroon 5 et Wikipédia sont plus connus que The Rocky Horror Picture Show). Certains spectateurs, induits en erreur par la sculpturale actrice des Transformers, auront sans doute l’impression d'avoir été trompés sur la marchandise. Un long baiser lesbien aimerait créer un semblant de provocation. Mais, dans un registre similaire, celui que Sarah Michelle Gellar et Selma Blair s’échangeaient dans Sexe Intentions était bien plus intense. Toutes ces scènes un peu faciles, comme les poses allumeuses de Megan Fox, servent de simulacre.


Soucieuse d’injecter de la profondeur dans cette mécanique, Diablo Cody raconte en réalité une autre histoire en sourdine, plus sombre, où l'on comprend que les reines du lycée ne sont pas celles qui deviendront les plus désirables une fois passé le cap de la vingtaine et que la nature peut prendre sa revanche. On voit où elle veut en venir lorsqu'elle lorgne sans humour vers le fait-divers sataniste et sordide traité comme dans un épisode de Twin Peaks ou lorsqu'elle cherche une poésie fragile déjà à l'épreuve dans All the boys love Mandy Lane sur les fantasmes passés, la cristallisation du désir et les ravages de l'imagination. Mais on n’est pas sûr que tous ceux qui ont travaillé avec elle aient eu envie de la suivre dans ce délire. Ancienne assistante de John Sayles repérée avec Girlfight, Karyn Kusama, qui avait besoin de se racheter une conduite après la débâcle artistique et commerciale de Aeon Flux, filme chaque rebondissement de manière neutre, au premier degré (voir les affreux flashbacks), prenant de plus en plus de distance avec le script qui change de point de vue en cours de route et évolue vers quelque chose de plus grave et mélancolique. A l'arrivée, il manque l’implication émotionnelle d’un Lucky McKee (May) – qui aurait été parfait aux commandes d’un projet aussi tordu. Faute de trouver son équilibre, Jennifer's body finit par générer l’inverse de l’effet recherché.

 

Mag : plus d'actu sur Jennifer's Body

Le verdict des internautes

Total des votes : 47

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

c.bastien 12/03/2011 à 19h12
l0iic28 01/03/2010 à 09h25
logAudience