L'HISTOIRE : Lycéenne dans une petite ville américaine, Jennifer est une beauté fatale à qui aucun garçon ne résiste. Cette bombe cache pourtant un petit secret : elle est possédée par un effroyable démon. Mangeuse d'hommes à tous les sens du terme, elle se transforme peu à peu
en créature pâle, maladive et meurtrière...
Needy, sa discrète amie d'enfance, va désespérément tenter de protéger les jeunes hommes de la ville, à commencer par son petit ami Chip...
Bonne comédie horrifique ou pétard mouillé ?
POUR / PAR GEOFFREY CRETE
On retrouve dans Jennifer's Body beaucoup des ingrédients qui ont fait aimer (ou détester) Juno. Le cadre est similaire, Megan Fox parle comme Ellen Page et le film s'autorise un tas de références à la pop-culture. Là où elle utilisait Juno pour dynamiter l'image parfaite de l'American Dream, Diablo Cody se sert ici du film de genre et de l'amitié entre deux adolescentes pour traiter un thème très proche. « Hell is a teenage girl » nous dit Needy au début du film, et c'est bien la thématique qui parcourt maladroitement le film : la difficulté de grandir, d'accepter son corps et sa sexualité, et l'équilibre infime entre la normalité sociale et les extrêmes (la pute ou la coincée).
Soucieuse d’injecter de la profondeur dans cette mécanique, Diablo Cody raconte en réalité une autre histoire en sourdine, plus sombre, où l'on comprend que les reines du lycée ne sont pas celles qui deviendront les plus désirables une fois passé le cap de la vingtaine et que la nature peut prendre sa revanche. On voit où elle veut en venir lorsqu'elle lorgne sans humour vers le fait-divers sataniste et sordide traité comme dans un épisode de Twin Peaks ou lorsqu'elle cherche une poésie fragile déjà à l'épreuve dans All the boys love Mandy Lane sur les fantasmes passés, la cristallisation du désir et les ravages de l'imagination. Mais on n’est pas sûr que tous ceux qui ont travaillé avec elle aient eu envie de la suivre dans ce délire. Ancienne assistante de John Sayles repérée avec Girlfight, Karyn Kusama, qui avait besoin de se racheter une conduite après la débâcle artistique et commerciale de Aeon Flux, filme chaque rebondissement de manière neutre, au premier degré (voir les affreux flashbacks), prenant de plus en plus de distance avec le script qui change de point de vue en cours de route et évolue vers quelque chose de plus grave et mélancolique. A l'arrivée, il manque l’implication émotionnelle d’un Lucky McKee (May) – qui aurait été parfait aux commandes d’un projet aussi tordu. Faute de trouver son équilibre, Jennifer's body finit par générer l’inverse de l’effet recherché.
A l'occasion de la sortie de "La Comtesse" de et avec Julie Delpy, retour sur les dix pires garces de l'histoire du cinéma. Sharon Stone, Gleen Close, Megan Fox vous attendent.