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Khamsa

La critique d'Excessif

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khamsaok L'HISTOIRE : Placé par mesure de protection dans une famille d'accueil, Khamsa 13 ans, fugue pour retrouver le camp Gitan qui l'a vu naître. C'est le début de l'été, avec les plongeons dans le chantier naval de l'Estaque, les parties de cartes nocturnes et les chapardises chez les voisins.
Avec son cousin le nain Boyard, Khamsa achète un coq de combat. Ils rêvent de fortune et de liberté. En attendant il fait les quatre cents coup avec Coyote son ami d'enfance.
Avec lui il rencontre Rachitique, un jeune Arabe d'une citée voisine. Très vite, le trio inconscient passe du vol de scooter au cambriolage de maison. Il a beau embrasser sa petite main de Fatma qu'il porte toujours autour du cou, la protection et le bonheur qu'elle est sensée lui apporter ne sont pas au rendez-vous ...
Sur le bord de l’autoroute du soleil à Marseille, le jeune Marco (Marc Cortes) s’est enfui d’une famille d’accueil pour rejoindre le camp gitan dans lequel il a grandi. Impulsif et violent, il avait brûlé la caravane de sa belle-mère avant d’être placé par les services sociaux. De retour parmi les siens, il retrouve son cousin Tony (Tony Fourmann), le nain et son vieux copain de toujours, Coyote (Raymond Adam), avec qui il fait les quatre cents coups depuis qu’ils sont enfants. Vols de scooters, de sacs à mains puis bientôt effractions et vols caractérisés lorsqu’ils rencontrent Rachitique (Medhi Laribi), un jeune Maghrébin de la cité. Les « bicots » et les « manouches », deux communautés qui habituellement ne se fréquentent pas et même s’affrontent. Pourtant c’est toute l’histoire de Marco, né d’un père gitan et d’une mère arabe, deux cultures qui ne se mélangent pas mais dans lesquelles le jeune garçon puisera quand même. La chaîne avec la petite main de Fatma qu’il porte au cou est son plus précieux trésor, un trésor hérité de sa mère disparue. Face à l’adversité de l’existence, il embrasse cette main appelée en arabe « khamsa » et chantonne un air manouche.

KHAMSA
Un film de Karim Dridi
Avec Marc Cortes, Raymond Adam, Tony Fourmann, Medhi Laribi, Simon Abkarian
Durée: 1h50
Date de sortie : 15 octobre 2008

Depuis quelques années le cinéma français essaye péniblement de représenter sa diversité ethnique, une diversité depuis longtemps acquise mais qui a du mal à s’imposer comme une évidence sur les écrans, aussi bien ceux du cinéma que ceux de la télévision. Certaines tentatives pourtant s’attardent avec succès et subtilités au sujet des minorités dites « visibles » ; Le thé au harem d’Archimède (1985) de Médhi Charef, Bye bye (1995) également de Karim Dridi, Gadjo Dilo (1998) et Exils (2004) de Tony Gatlif, ou enfin L’esquive (2004) et La graine et le mulet (2007) d’Abdellatif Kechiche en sont bien entendu les exemples les plus réussis. Mais combien de bons films au milieu de toute une production fade et colporteuse de clichés ? Il semble en effet que parfois, à trop vouloir rendre une image autre de la population française on retombe de l’autre côté du précipice des idées faciles comme dans Indigènes (2006, Rachid Bouchareb), qui passe à côté de son sujet à trop vouloir asséner à coup de marteau la responsabilité de l’Etat Français dans l’oubli (par ailleurs tout à fait juste, dans le sens de la réalité historique) de ses soldats originaires des colonies françaises.


Ici il n’est pas question du passé du peuple français mais bel et bien de son présent, un présent âpre et difficile parmi une communauté installée depuis près de cinquante ans dans le camp appelé Mirabeau, aux abords d’une autoroute fréquentée par plus de la moitié des citoyens en période de grandes vacances mais qui pourtant reste pratiquement invisible aux yeux de tous. C’est là que le très jeune Marco retrouve ses repères, ceux d’une vie vécue au jour le jour, entre l’errance de la bande de copains et les combats de coq sur le port, entre l’insouciance des plongeons salvateurs et les vols à l’arrachée qu’ils commettent sur les touristes. Une vision parfois tendre mais surtout sans concessions ni aucun parti pris sur un mode de vie où l’éducation n’a qu’une place minime dans la formation des enfants. Ainsi chacun doit trouver sa place, ou plutôt chacun doit faire sa place, à coups de poings ou de ruses, les enfants apprennent très tôt la signification de la débrouillardise et de l’arnaque.

Entre Coyote, son copain de toujours, et Rachitique, qui lui présente sa famille et un tout nouveau contexte de vie, Marco comprend qu’il n’aura jamais une place stable où qu’il aille. A ce propos le premier plan du film est évocateur, Marco marche sur le muret du bas-côté de l’autoroute : une marche en équilibre, quelque peu instable, qui démontre combien le gamin, qui a perdu sa mère et qui est délaissé par son père, n’a d’autre choix que de faire confiance à une seule personne, lui-même. Ce qu’il ne possède pas par sa petite taille et son corps maigre, il le décuple dans un regard sombre qui semble défier le monde entier. C’est ainsi qu’il marche sur la route de la vie, un route incertaine et sinueuse mais que le petit Marco n’a pas peur d’affronter.

David A.









Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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