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King Guillaume

La critique d'Excessif

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kingguillaume135 L'HISTOIRE :

Magali et Guillaume forment un couple basique : elle, concertiste, et lui, conducteur d'un petit train touristique, mènent une vie tranquille en banlieue. Ils économisent doucement mais sûrement dans le but d'acheter la maison de leur rêve, et attendent un heureux événement : la naissance de jumeaux, une fille et un garçon. Mais un jour, le père de Guillaume, mourant, prend contact avec lui pour la première fois, et lui révèle la nature de son héritage : le Royaume de l'île de Guerrelande. Pour Guillaume et sa femme, la perspective de régner sur une île paradisiaque est bien tentante. Mais la réalité est cependant toute autre. L'île n'est qu'un caillou miteux, battue par les vents du Nord et peuplée de seulement cinq habitants quelque peu décalés... Pendant que Magali délire sur son futur statut de reine, leurs nouveaux serviteurs rivalisent de plans tordus pour leur cacher la vérité, jusqu'à ce que Guillaume ne puisse plus renoncer à sa couronne...

Une comédie un peu morne.

En 2006, le comédien Pierre-François Martin-Laval avait créé l'évènement en signant le scénario et la mise en scène du film Essaye-moi, une étonnante comédie française alternant poésie et tendresse. Aujourd'hui, l'ex Robins des bois fait son grand retour derrière la caméra et nous propose l'adaptation d'un bande dessinée conçue par les excellents Pétillon et Rochette. Mais contre toute-attente, King Guillaume se révèle être une semi déception et passe à côté d'un immense potentiel.



Dans son ensemble, le nouveau film de Martin-Laval tient relativement bien la route et demeure une comédie très correcte, au ton légèrement barré, s'élevant ainsi au-dessus de nombreuses productions actuelles. L'univers est original et suffisamment osé pour que l'on s'y intéresse de près. L'auteur, assisté de ses complices Jean-Paul Bathany et Fred Proust, nous réserve bon nombre de gags absurdes (dans le sens positif du terme), et dont lui seul a le secret. Par exemple, on se souviendra pendant longtemps de la cabine téléphonique ou bien encore du cercueil jeté à la mer. Mais on ne rentrera pas dans les détails ici, afin de vous laisser le plaisir de découverte.

 

En somme, King Guillaume se rapproche souvent des Nuls voire des Monty Pythons. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Terry Jones fait partie du casting dans un rôle certes à la hauteur de son talent, mais dont on aurait aimé une participation encore plus importante. Quoiqu'il en soit, le long métrage prévoit de franches rigolades et devrait ainsi faire les beaux jours de la télévision française en prime time. Alors pourquoi parler de réussite en demi-teinte ?


En fait, le cinéaste ne tient pas la longueur, la faute à un scénario beaucoup trop creux. Le film se concentre essentiellement sur une intrigue des plus minces (la succession d'un Roi et son héritage « empoisonné »...), accompagnée de péripéties honteusement prévisibles. En outre, la morale du film se montre totalement indigeste, et la fin tombe comme un cheveu sur la soupe. Le long métrage change alors brutalement de style, passant du rire aux larmes sans nous laisser le temps de comprendre, à croire que plusieurs scènes ont été coupées. On sort presque vexé et surtout déçu par ce conte moderne aux allures de « film de potes ».

 

L'histoire ainsi traitée, le réalisateur délaisse inévitablement les personnages qui la composent. Que les inconditionnels de PEF et de Florence Foresti se rassurent, ils en auront pour leur argent. Le premier n'est pas avare en « cascades » délirantes et autres performances physiques ; la seconde offre quant à elle une incroyable performance dans un style proche de celui du comédien Louis de Funès, constituée de nombreuses grimaces et de répliques chocs. Pour son premier vrai grand rôle au cinéma, celle-ci se révèle au passage particulièrement convaincante. Malheureusement, les rôles secondaires n'ont pas eu le même traitement de faveur. La plupart sont à la limite de la figuration (Omar Sy, Isabelle Nanty) et les autres ne prennent aucun risque en restant sur leur terrain habituel (Pierre Richard, Rufus). Cela ne retire en rien leur indéniable talent mais quitte à réaliser une comédie audacieuse, autant s'y jeter entièrement et offrir de véritables nouveautés. Tel est le problème principal de ce deuxième film. PEF ne traite finalement son sujet qu'à moitié, sans aller au bout du délire, et se rapproche bien souvent du « politiquement correct ». Le casting est d'ailleurs à cette image. Le réalisateur fait essentiellement appel à ses amis, à ses idoles de jeunesse et aux stars du moment. Heureusement, quelques exceptions confirment la règle, et l'on prend alors un malin plaisir à (re)découvrir de « nouvelles » têtes, encore peu exploitées par le Septième Art, à l'instar de Raymond Bouchard, ou bien encore de Grégoire Bonnet, vu récemment aux côtés de Bernard Tapie dans la pièce à succès Oscar. Leur charisme illumine l'écran, et permet un renouvellement qui n'est pas négligeable.

 

King Guillaume n'est donc pas à la hauteur de nos espérances. Loin d'être catastrophique, le film réserve quelques bonnes surprises mais risque de sombrer rapidement dans l'oubli, face à une concurrence de plus en plus rude. Finalement, Pierre-François Martin-Laval ne confirme pas ses compétences trois ans après Essaye-moi. On attend désormais la troisième mise en scène du cinéaste pour se faire une réelle idée, en espérant cette fois-ci un script original.

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  • lesrobinsdesboishaut.jpg
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    Le Cinema Des Robins Des Bois26 janvier 2009 - 0 commentaires

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Le verdict des internautes

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    Musique

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