L'heure est grave! C'est en quelque sorte l'idée principale du film de Franny Armstrong qui s'inscrit dans un contexte collant parfaitement à la situation actuelle. Le thème : le réchauffement climatique et la planète qui se meurt. Dès le début du film les cartes sont posées : on est en 2055, l'humanité est en voie d'extinction, seules demeurent les archives mondiales où sont stockées toutes les informations de notre espèce. Un homme, Pete Postlethwaite, se pose en narrateur et dernier conteur de notre histoire. Devant la caméra, il présente les causes de notre destruction. Un documentaire fiction qui révèle de fausses vérités et se retrouve souvent étouffé par le poids de la mise en scène maladroite.
L'AGE DE LA STUPIDITEUn film de Franny Armstrong
Avec Pete Postlethwaite, Piers Guy, Fernand Pareau
Durée : 1h29
On ne peut pas reprocher à
L'âge de la stupidité de bien vouloir faire les choses. La raison se veut des plus nobles et cherche comme maints autres films à faire réagir le spectateur, se sentant obligé de lui mettre devant le nez les faits sans artifices et sans mensonges.
L'âge de la stupidité n'est pas sans insister sur le message qu'il souhaite faire passer. L'homme n'a rien fait pour sauver le monde de la déchéance et même si certaines personnes se veulent de bonne volonté, la nature humaine fait qu'on est voué à disparaître d'une manière où d'une autre.
C'est en suivant le parcours de plusieurs protagonistes que Franny Armstrong, via son narrateur, tente de nous ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans la sphère underground des grandes sociétés exploitant le pétrole et les diverses énergies dans le monde. Six témoignages qui exploitent des commentaires contre la "consommation" de notre planète. Consommation, c'est en effet le terme qui serait propre à tout cet écosystème qu'est l'humanité et qui sans chercher tout le temps le profit, agit d'une manière ou d'une autre sur le dérèglement du fonctionnement de notre Terre. Oui, c'est vrai que le principe ne part pas d'un mauvais procédé, mais Armstrong cherche dans sa réalisation une sorte de constat qui n'innove pas dans le genre. Là où Olivier Weber (réalisateur de
La fièvre de l'or) apportait vraiment un état des lieux de la situation du commerce de l'or et des retombées sur la population, Armstrong cherche une lamentation longue et sans surprise qui n'apporte finalement pas plus qu'un journal de 20h.
Avec
L'âge de la stupidité, on attendait plus. On attendait un film qui envisageait une déclaration d'un genre nouveau. L'appellation "drame-documentaire-hybride" peut-être intéressante dans le sens où le parti pris du film se base dans une époque future à la notre. 2055, c'est en effet la date à laquelle nos ressources fossiles seront épuisées et où nous ne serons dépendants que des énergies renouvelables que l'on aura créées. Avoir l'idée de mettre un grand acteur comme Pete Postlethwaite pour nous raconter cette histoire aurait pu retenir notre attention si elle ne passait pas complètement à la trappe. Là où l'on espérait une véritable position du personnage, les décisions ne sont pas assumées et sa présence ne ressemble au final qu'à un faire-valoir marketing sans intérêt.
L'âge de la stupidité n'est pas mauvais dans le fond car il traite d'un sujet qui nous touche tous sans exception. D'autant plus que cette année, en décembre, se tiendra à Copenhague la conférence des Nations Unies sur le réchauffement climatique et que le sujet du film sera plus que tout à l'ordre du jour. Malgré un souci de bonne volonté, le film passe sans marquer et ne fait pas l'effet de la bombe qu'il aurait dû poser.