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L'Amour caché

La critique d'Excessif

3/5
lamourcache135 L'HISTOIRE : Un être malsain a donné naissance à un autre être malsain : ceci est mon histoire et celle de Sophie ... Sophie me déteste et je voudrais ne jamais l'avoir mise au monde ...
Mére et fille se ressemblent, mais leurs confrontations témoignent d’une violence peu ordinaire.

On savait Isabelle Huppert spécialiste des rôles de femmes froides, L’amour caché pousse au maximum cette remarque en offrant à l’actrice l’un de ses rôles les plus extrême qui soit, celui d’une femme n’ayant jamais éprouvé le moindre amour envers sa fille. Danielle erre dans les couloirs de la clinique tel un fantôme, femme en sursis dans un monde qui la désintéresse totalement. Froide et frigide, elle se tait et renonce à vivre, la culpabilité se mêlant à la colère. Car une étrange compétition s’est installé entre elle et sa fille, celle de blesser davantage l’autre, de se surpasser dans l’ignominie et l’attitude victimaire. Le film affronte de face le sacro-saint tabou de l’amour filial nié, considéré par tous comme allant de soi, naturel de l’ordre des choses. Ici ce naturel est contesté par l’expérience tragique d’une femme face à elle-même.

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Entre les confidences de la femme malade et les allégations de sa fille, le spectateur est comme pris en porte-à-faux, dans une position très instable. Grande réussite du film, le récit ne choisit pas de résoudre cette ambiguïté pour amplifier à souhait l’inéluctabilité du drame. L’amour maternel fait ici place à une délicate cruauté qui finit par affecter même la psychiatre qui pourtant se démène pour sortir Danielle de ses douleurs. Malade, elle n’en reste pas moins intelligente et persuasive, ce qui entraîne par là même le doute quand à la véracité de ses propos. Face à la blancheur d’Isabelle Huppert, Mélanie Laurent campe sa fille, elle-même mère d’un enfant en bas âge. Les deux femmes se ressemblent plus qu’on ne le croit mais leurs confrontations témoignent d’une violence peu ordinaire. Leurs mots deviennent des armes, des lames acérées censées entailler le corps de l’autre.

 

 

La sécheresse de la mise en scène n’a d’égal son propos. Plans fixes, gros plans et rythme lent auscultent ces corps laissés à l’abandon. Film mortifère par nature, L’amour caché propose une plongée douloureuse et vertigineuse dans les affres du sentiment humain, au cœur de son côté sombre que l’on préfère d’habitude taire. Ce refus de l’amour maternel est intolérable mais tout en même temps très humain, Danielle n’est pas seulement un monstre d’égoïsme et de frigidité, elle est aussi une femme qui souffre, deux facettes contradictoires d’une même personnalité complexe. Par miroir, la psychiatre se ressource dans l’amour qu’elle porte à son mari, un spécialiste de l’accouplement des mammifères incarné par le très discret Olivier Gourmet. Le biologique n’explique pas tout, même s’il ordonne les grands axes de nos destinées animales. L’amour caché est un film très pesant mais qui ne doit pas détourner le spectateur de la performance étonnante des actrices dans le registre des névroses psychiatriques. Maîtrisé de bout en bout, le film ne se détourne à aucun moment de son objet, celui d’un chemin de croix d’une femme qui a perdu toute espérance.

Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

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    Réalisation
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    Acteurs
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    Musique

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