Les chasses aux trésors semblent être à la mode depuis peu. Cette année, après
Benjamin Gates et le livre des secrets, en attendant Indiana Jones et le Royaume de Cristal, voici Ben Finnigan et le trésor du fond des mers.
Le début du film nous dévoile toutes ses promesses : on découvre des décors paradisiaques, des mers transparentes, sur un fond de musique tranquille et distrayante. Les bases sont posées, Ben Finnigan est un aventurier qui se met dans des situations périlleuses (son bateau explose dès les premières minutes), il a une vie de couple à la dérive et recherche désespérément un trésor depuis bien longtemps. Puis on rencontre la galerie de personnages avec une Kate Hudson décidément très craquante, un Donald Sutherland en vacances, ainsi qu’un groupe de gangsta rap sous la tutelle de Kevin Hart (
Scary Movie 3). Les gentils d’un côté, les méchants de l’autre. On a donc envie d’aimer ce film. Le McGuffin (objet que les héros recherchent) est ici le trésor de la dote Royale, un cadeau envoyé par le roi d’Espagne Felipe V à sa future reine, qui fut séparé en deux navires ayant disparu en mer durant la nuit du 29 au 30 juillet 1715. Dans ce film, le trésor aurait été transporté secrètement par un capitaine dans son navire l’Aurelia, qui aurait coulé au large de l’archipel des Florida Keys.
L’histoire nous est racontée pendant une scène où Ben et Tess (Kate Hudson) expliquent à son nouveau mécène Nigel Honeycutt (Donald Sutherland) comment le trésor a pu être transféré entre les bateaux. L’inconvénient c’est que tout nous est raconté d’un trait, sans rien pour nous rattacher à la réalité, et de ce fait, on ne comprend plus tellement comment les bijoux de la couronne se sont retrouvés sur le navire, et encore moins comment ce navire a pu échouer en Floride. Le souci, c’est que le film est à l’image de cette scène, c'est-à-dire brouillon. Bien entendu, on sait d’avance que nos héros parviendront à mettre la main sur le trésor, sans pour autant savoir comment, et à vrai dire, c’est à peu près ce qui arrive pendant tout le reste du métrage. Ben raconte que tout est parti de la découverte d’un canon ayant appartenu à l’Aurélia, mais qu’après avoir effectué des recherches pendant quelques années, ils sont arrivés à comprendre que le trésor devait se trouver à bord du bateau. Maintenant, s’ils sont parvenus à mettre la main sur le canon une première fois, comment se fait-il que maintenant, ils n’aient aucune idée de l’emplacement du bateau ? Et ce n’est que grâce au fruit du hasard qu’ils parviendront à redécouvrir le lieu du naufrage avec une déduction que l’on ne comprend pas tellement. On passe donc d’un lieu de l’île à un autre, sans pour autant suivre le raisonnement des pensées des personnages, et de ce fait, on se retrouve un peu laissé sur la touche pendant la chasse au trésor.

Quant aux côtés prévisibles de l’histoire, lors de la présentation des personnages, nous avons une multitude de clichés présentés avec les méchants vraiment méchants (mais joués par des acteurs comiques), le héros surhumain capable de soulever une ancre à bout de bras, tout en étant enchaîné dans les profondeurs, la femme qui veut divorcer, mais pas vraiment, le père Sutherland qui a des problèmes avec sa jeune fille (Alexis Dziena), le sidekick juste là pour les blagues, et l’ancien chasseur de trésor qui témoigne tout de même de l’affection pour le héros. L’apogée sera atteinte lors de la scène finale, qui sonne vraiment téléphoné, mais que nous éviterons tout de même de raconter. De ce fait, le film passe sans vraiment laisser de traces, et pourtant tout ce déploiement de bonnes volontés fait qu’on arrive tout de même à suivre
l’Amour de L’or sans déplaisir. Le casting est sympa, avec un Matthew McConaughey en ex-surfeur halluciné, et un Ray Winstone en chasseur de trésors bougon mais paternel, avant son apparition dans le prochain Indiana Jones. En plus, on peut admirer la mignonne Kate Hudson en Bikini et rêver aux plages de sable fin. Vous l’aurez compris, le dernier film d’Andy Tenant (Hitch) devrait donc plaire à ceux qui ne sont pas exigeants, quant aux autres, vous pouvez passer votre chemin.