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L'An 1 : des débuts difficiles

La critique d'Excessif

3/5
lan1ok135 L'HISTOIRE : Au tout début de notre ère, Zed et Oh, deux « chasseurs-cueilleurs » pas vraiment dégourdis, sont bannis de leur village natal. Feignants, peureux et incapables de chasser, les deux compères se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un environnement hostile. Ils n’ont pas d’autre choix que de quitter l'endroit qu'ils ont toujours connu pour s'aventurer vers l'inconnu ...
Un brin de bravoure pour trois soupçons de débilité
On entend Jack Black et Michael Cera devant la caméra. On entend Harold Ramis aux commandes et Judd Apatow à la production... Alors pourquoi pas ! Il est vrai que l'on nous donne la matière pour passer un bon moment mais l'histoire rame sur certains passages et pêche par souci de vouloir trop en faire. On aime Jack Black, mais juste ce qu'il faut.


Ah non ! Ce n'est pas dans la délicatesse qu'Harold Ramis projette ses personnages dans L'an 1. Encore moins quand il choisit Jack Black dans le rôle principal, épaulé par Michael Cera drôle au possible. Mais attention, les compères ne sont pas à leur coup d'essai dans la comédie. Jack Black n'est plus vraiment à présenter (Rock Academy, Super Nacho, Tonnerre sous les tropiques) l'irrévérencieux bonhomme tient à merveille son homme des cavernes découvrant la modernité, les religions, les vices des villes de Sodome et Gomorrhe, cheveux longs et répliques biens cinglantes comme on aime les entendre de sa bouche. Il est Zed, le boulet du village, grande gueule et feignasse de premier ordre. Michael Cera, lui, c'est le contrepoint du premier. Ayant fait ses armes avec des comédies sensiblement plus légères (Supergrave, Juno, Une nuit à New-York) et surtout moins empruntes de la lourdeur comique de Black, il joue davantage sur le cynisme et la naïveté de ses personnages. Il est "Oh" dans le film. Juste Oh, fils de Ooh. Pourquoi ? Parce qu'il est toujours sur la défensive et se soumet aux autres, sans demander son reste il préfère se taire et passer inaperçu.

 

 

 

Les deux loustics font partie de la même tribu, les hommes des bois vivant, comme leur nom l'indique, dans les bois. Leurs seules activités se résumant à la chasse pour les plus forts et à la cueillette pour le reste, on peut d'ores et déjà imaginer que l'un est cueilleur, l'autre est chasseur, mais tous les deux aussi doués que leurs pieds dans ce qu'ils font. En marge du reste du village, c'est Zed qui sera l'élément déclencheur de l'histoire en croquant le fruit défendu de l'arbre sacré qui les entraînera lui et Oh dans une grande aventure à travers les débuts de notre civilisation.
Un brin de bravoure pour trois soupçons de débilité, c'est un peu le leitmotiv des deux personnages toujours en quête de débauche. Pour ce faire ils vont croiser sur le chemin de leur exil des figures de l'Histoire et assisteront entre autres au meurtre d'Abel par son frère Caïn, empêcheront Abraham de sacrifier Isaac en offrande à Dieu, participeront aux orgies de Sodome et Gomorrhe, le tout bien entendu à la sauce moderne du phrasé de Jack Black entraînant avec lui un humour anachronique hilarant.

 

 

"Oui mais"... Là où on trouve les situations plutôt amusantes, on se sent écrasé sous le poids bedonnant des vannes à répétition de Black, auxquelles on s'attend forcément, tellement les perches sont grandes. Si bien que le film ressent le revers de la médaille Black un peu trop tôt dans l'histoire. En revanche, on ne peut se soustraire au fait que le film tourne essentiellement autour de lui, étant "L'élu" de l'histoire. Mais on doit aussi noter la performance de nombreux seconds rôles plus que réussis, comme Hank Azaria dans la robe d'Abraham, David Cross dans le perfide Cain ou encore Olivier Platt en tant que grand prêtre, légèrement fofolle, du roi. Une pléiade de seconds rôles faisant que le ressort comique du film ne s'use pas et aide souvent à faire passer le trop plein de Jack Black.

Avec la signature d'Harold Ramis à la réalisation, on ne pouvait que se souvenir du très très très grand Un jour sans fin avec le magistral Bill Murray et la jolie Andy MacDowell, un chef d'œuvre du cinéma comme on en trouve de moins en moins. On pouvait aussi penser à Mafia Blues avec le tordant Robert De Niro. C'est aussi sans compter sa patte scénaristique sur les divins S.O.S Fantômes. Avec L'an 1 : des débuts difficiles, il n'exploite pas au maximum les possibilités de la farce.

 

 

Avec un démarrage sur les chapeaux de roues, il aurait pu pousser la folie de son scénario jusqu'aux limites de notre civilisation. Au lieu de cela il s'arrête et prend le temps de permettre à sa vedette de déboulonner quelques bons calembours. Il est vrai que l'heure et demi de film passe vite, on ne cessera de rire aux situations "so funny" de Black et de Cera et on se régalera du langage "pas vraiment d'époque" des personnages, mais l’ensemble laisse un goût d’inachevé. Avec la myriade de talents autour et dans le film, on s'attendait à mieux même si cette comédie arrache certains fous rires mérités.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 4

Les notes des internautes

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    Musique

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