L'HISTOIRE : Geirr est trentenaire et handicapé à la suite d'un accident. Sa femme est sur le point de le quitter, cédant devant son mauvais esprit et sa misanthropie galopante. En désespoir de cause et pour lui donner une dernière chance, elle convie chez lui un groupe d'handicapés chaperonnés par une coach pleine de foi en sa méthode positive. Il les accueille à sa manière en leur vidant un extincteur dessus. Dès lors, son entreprise de démoralisation commence. Tous les repères vont exploser, les handicapés vont prendre le contrôle et exclure les valides et leur bonne conscience, se perdant dans une nuit d'ivresse aux vertus inattendues.
Geirr est trentenaire et handicapé à la suite d'un accident. Sa femme est sur le point de le quitter, cédant devant son mauvais esprit et sa misanthropie galopante. En désespoir de cause et pour lui donner une dernière chance, elle convie chez lui un groupe d'handicapés chaperonnés par une coach pleine de foi en sa méthode positive. Il les accueille à sa manière en leur vidant un extincteur dessus. Dès lors, son entreprise de démoralisation commence. Tous les repères vont exploser, les handicapés vont prendre le contrôle et exclure les valides et leur bonne conscience, se perdant dans une nuit d'ivresse aux vertus inattendues.
La mise en scène de Bard Breien rappelle un peu le dogme tel qu'il avait été utilisé par Thomas Vinterberg dans Festen. L'idée du film s'en approche également, fait d'un montage nerveux, d'échanges vifs entre les personnages, les clichés ne tiennent plus. Ici la bonne-âme qui tentera de faire danser un homme en fauteuil roulant pourra se prendre une droite bien sentie. De même que l'hypocrisie des charitables sera démasquée. Il n'y a pas à transcender la souffrance, à l'oublier mais à l'affronter, à l'intégrer à sa vie. Et rien ne résistera à l'impitoyable lucidité du héros incarné avec une ironie mordante par Fridjov Såheim. Tous ses semblables suivront son exemple, le temps d'une nuit pour déchaîner leurs frustrations, se lâcher, ne plus être exemplaires et purs tels qu'on voudrait qu'ils soient pour qu'ils ne dérangent pas. Ici, ce qui apparaissait d'abord comme de la misanthropie ou de la déprime, devient une invitation à se confronter à la réalité sans morale ou slogans rassurants. Et c'est une véritable libération, inattendue et salvatrice, parce que personne ne laissait auparavant transparaître sa négativité, les personnages devaient tous faire bonne figure ou réserver leurs pensées déprimantes à un vieux bonnet de laine pudiquement baptisé « sac à merde ». Le film montre la belle émancipation de ceux qui n'ont pas le droit d'être négatifs, Geirr incarne leur libérateur. En cela, on s'éloigne de la gravité d'un Festen pour trouver la jubilation libératrice d'un Pump up the volume. Un groupe de gens trouve de quoi exprimer sa révolte.
Le film a déjà été distingué dans de nombreux festivals. Il pose bien des questions comme la difficulté de vivre en couple lorsque l'un est en fauteuil roulant et l'autre pas. Geirr aime sa femme, mais il ne parvient pas à s'assumer ainsi. Pourtant, pas de grandes leçons de vie ici, pas d'exemple à donner. De cette pensée négative, de ce jeu de massacre jubilatoire sort une belle vérité : celle du droit à être simplement quelqu'un, avec ses désirs et ses coups de blues, le droit d'être mélancolique, déjanté, sarcastique ou malveillant. Simplement le droit de vivre sans personne pour vous dire comment il faut s'y prendre.
Alors oui, voilà un beau film, qui envoie les belles certitudes au diable, qui évoque un grand problème avec un mauvais esprit grisant. Il finit par toucher à une vérité assez profonde. Et puis, un bon gros « allez vous faire foutre » dit d'une voix ingrate, même le temps d'un film, ça fait un grand bien. 














S'il évolue depuis sa plus tendre enfance au c?ur de cet univers, au-delà de la présence et des récits de son père, Jean, et de son grand-père, Jacques, Louis Becker a su se construire sa propre ...