L'HISTOIRE : Depuis des années, Auguste Maquet vit dans l'ombre d'Alexandre Dumas. Présenté comme son plus proche collaborateur, il se révèle en fait être son « nègre ». Bien qu'il le vive mal, Maquet accepte sa triste condition. Jusqu'au jour où il fait la connaissance de la jeune Charlotte qui, suite à un quiproquo, le prend, admirative, pour Alexandre Dumas. Profitant de cette aubaine, Maquet joue alors le jeu, et ce, afin de tenter de séduire la demoiselle...
L'autre Dumas est prioritairement un film d'acteurs, dans toute sa noblesse
Adapté d'une pièce de théâtre conçue par Cyril Gely et Eric Rouquette, L'autre Dumas, production française particulièrement attendue en ce début d'année, séduit tout particulièrement grâce à une brillante confrontation, celle de Benoît Poelvoorde face à Gérard Depardieu, tout deux au sommet de leur art. Dommage que la mise en scène ne présente pas la même énergie.
Duel de stars
Le principal intérêt du film repose sur le duel orchestré entre les deux comédiens principaux. Rarement Benoît Poelvoorde n'était apparu aussi touchant et fragile (du moins, sur grand écran). Dans la peau de l'écrivain Auguste Maquet, l'acteur interprète un amoureux transi, séduit par une jeune femme de seulement 22 ans. Bien que marié (et totalement inexpérimenté dans la tromperie), le voilà prêt à tout pour vivre de nouvelles aventures, plus particulièrement encore une seconde jeunesse. D'une très grande crédibilité, Poelvoorde donne à son personnage une tendresse inattendue, aussi forte que bouleversante, à laquelle on s'attache dès les premières minutes du film. Face à lui, Gérard Depardieu incarne un Alexandre Dumas tout en retenue, sans trop d'extravagances ni même de cabotinage. Le comédien dévoile ainsi une sobriété que l'on ne lui connaissait pas (ou si peu) et le résultat n'en est que plus juste. Tout deux forment un couple fascinant qui, paradoxalement, s'oppose et se complète en même temps. Ils ne peuvent vivre l'un sans l'autre, chacun pour des raisons tout à fait personnelles, et pourtant la souffrance règne entre les deux. Aidés par un scénario extrêmement prenant (Alexandre Dumas est-il l'auteur qu'il prétend être ou n'est-il qu'un simple imposteur ?), Poelvoorde et Depardieu livrent un face à face sans merci, chacun se servant de l'autre pour réussir (que ce soit professionnellement ou sentimentalement parlant), avant de laisser place à un égoïsme redoutable, surtout. lorsqu'il s'agit de régler ses comptes (au sens moral, voire financier du terme). Parallèlement, cette lutte entre deux grands acteurs laisse aussi une place de tout premier choix à la charmante Mélanie Thierry, prenant au fil des rôles de plus en plus d'assurance, sans oublier Dominique Blanc qui, comme à son habitude, reste impeccable de bout en bout. L'autre Dumas est prioritairement un film d'acteurs, dans toute sa noblesse.
Gilles BOTINEAU
Retour en images sur la carrière d'un électron libre, associé à des univers singuliers, de grands éclats de rires et de grandes émotions. Tous les visages de Benoît Poelvoorde.