Événement s’il en est, la ressortie en salle d’un chef d’œuvre d’animation en
stop motion 13 ans après sa réalisation : L’Etrange Noël de Monsieur Jack. L’intérêt n’est pas par un esprit mercantile. Au contraire, il est issu d’une volonté de redonner une nouvelle dimension au film de
Henry Selick et
Tim Burton mettant en avant l’utilisation d’un procédé expérimental que représente la projection 3D. Expérimental, car même si elle est bien connue depuis plus de 50 ans, elle n’a jamais réussie à imposer une norme. Mais qu’en est-il avec cette nouvelle version de L’Etrange Noël de Monsieur Jack en 3D ?
L’Etrange Noël de Monsieur Jack en 3DSortie : 25 Octobre 2007
Réalisateur : Henry Selick
Hormis les qualités du film original qui en fit une œuvre majeure du cinéma d’animation dans les années 90, L’Etrange Noël de Monsieur Jack se voit ainsi plonger dans les affres de la technologie 3D. A ceci près, qu’ici, l’habituel procédé de doubles projecteurs, projetant les films des deux caméras filmant en simultané le même plan, disparaît, . Les plus connus sont entre autres
Vertigo et
L’Etrange Créature du Lac noir.
Or la véritable révolution technique orchestrée par les studios ILM pour Disney se nomme
DISNEY DIGITAL 3D. Convoquant plusieurs avancées technologiques en matière de numérique, ils ont réussi à mettre à jour un procédé unique qui permet de ne plus dépeindre de la lourdeur encombrante de l’habituelle technique 3D pour un confort plus appréciable. Qui plus est, le procédé de projection n’est pas américain, mais français : Volfoni. Exit les doubles projecteurs, exit les dizaines de dizaines de bobines encombrantes spécifiques à chaque projecteur.
Le nouveau procédé permet avec un même et unique projecteur numérique de créer l’illusion stéréoscopique. Altérant les images pour chaque œil du spectateur, le projecteur affiche 144 images secondes. La polarisation de la lumière compensent l’assombrissement dû aux lunettes.
Le grain argentique converti en pixel numérique facilite le traitement pur de l’image afin de creuser sa platitude pour conférer un aspect véritablement tridimensionnel au film. Celui-ci fut donc entièrement numérisé avec un soin tout particulier apporté aux mouvements des personnages et aux captations du relief.
Mais qu’en est-il au final ? La première impression est tout simplement bluffante avec une impression stupéfiante du rendu de la texture des objets ainsi que celle des personnages. La 3D procure une réelle nouvelle dimension au film, jouant sur les décors impressionnistes et la spatialité théâtralisée propre à l’univers pictural du film.
La propension féérique du métrage prend ainsi une toute nouvelle envergure, conférant à la mise en scène des jeux dramatico-esthétiques jusqu’alors totalement indiscernables dans la version 2D. L’apport technologique dépasse bien au-delà le statuquo de la simple démonstration gadgétisé, pour procurer une véritable intention onirique que représente L’Etrange Noël de Monsieur Jack.
On salive d’avance de pouvoir découvrir le prochain Disney
Bienvenue chez les Robinson, et surtout
Beowulf qui risque fort de marquer les esprits, même les plus réfractaires. Bien entendu ce type de projection à cours terme ne risque pas de se démocratiser, mais avec le temps ce format risque fort de prendre un nouvel essor. La révolution numérique aidant, d’autres films vont ainsi bénéficier une sortie spéciale en dehors des festivals, dans l’intime espoir de découvrir le titanesque projet
Avatar de
James Cameron qui réalise son film entièrement en version 3D.
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