Film d’ouverture du Festival de Deauville,
L’illusionniste se remarque par la qualité de son casting, principale source du plaisir pris à cette production classique, manquant un peu de souffle à défaut de charme. Pour son deuxième long métrage de fiction, Neil Burger - révélé avec un faux-docu consacré à l’assassinat de Kennedy – livre une adaptation soignée, sinon « possédée », de la superbe nouvelle de Steven Millhauser : Eisenheim l’Illusionniste.
L'ILLUSIONNISTEUn film de Neil Burger
Avec Edward Norton, Paul Giamatti, Jessica Biel, Rufus Sewell
Durée : 1h50
Sortie : non communiquée
Situé à Vienne en 1900, le film débute avec la fascination exercée sur les foules par un mystérieux illusionniste, Eisenheim, dont les tours de magie semblent cacher de vrais pouvoirs surnaturels. La réapparition de son amour d’enfance, Sophie von Teschen (Jessica Biel), l’amène à pousser très loin ses jeux de scène, quitte à risquer la vie de sa belle et attirer l’attention de l’inspecteur Uhl (Paul Giamatti), déterminé à prouver l’imposture cachée derrière son spectacle.
Au-delà des possibilités visuelles offertes par un thème aussi fascinant que la prestidigitation, c’est un grand film d’amour qui se présentait à Neil Burger. L’absolu romantisme du lien qui unit Eisenheim à Sophie est bien au cœur de son propos, mais de façon plus attendrissante qu’envoûtante. L’ensemble est reconstitué avec application, mais surtout magistralement interprété par Edward Norton et Paul Giamatti.

Manifestement habité par ce personnage évoluant à la limite du surnaturel, Edward Norton prend un plaisir communicatif aux jeux de miroirs que lui offre son personnage. Il n’est pas compliqué de faire le lien unissant l’acteur au prestidigitateur, mais ce lien semble particulièrement s’imposer quand il s’agit du roi de l’implication, capable de se glisser dans la peau d’un néo-nazi pour
American History X ou d’encaisser les coups dans le cultissime
Fight Club.
Norton avait déjà révélé un certain romantisme dans
Au nom d’Anna, son premier long métrage en tant que réalisateur. Il confirme avec
L’Illusionniste une vraie capacité à se glisser dans la peau d’un amoureux fou et un attrait évident pour les personnages doubles, complexes. L’intensité de son regard est pour beaucoup dans le mystère qui émane de ce magicien suspecté d’occultisme, aussi convaincant dans la peau d’un supposé charlatan que dans celle d’un ardent Roméo.

Toujours très soucieux de la préparation de ses rôles, Edward Norton a passé plusieurs mois à répéter les numéros qu’il interprète sur scène. Mention spéciale aux simples tours de passe-passe exécutés dans le film, moins facilement « truquables » par la magie du cinéma et donc plus fascinants aux yeux d’un spectateur difficile à bluffer.