L'HISTOIRE : Dans les années 70, l’Allemagne est la proie d’attentats à la bombe meurtriers. La menace terroriste et la peur de l’ennemi intérieur ébranlent les fondements mêmes d’une démocratie encore fragile.
Dix ans de faits historiques comprimés en moins de deux heures et demi, c'est à la fois beaucoup et bien peu. Bien peu au regard de l'intense histoire du groupuscule depuis les prémisses de l'engagement sur les bancs de l'université et le choix de la journaliste Ulrike Meinhof de rejoindre ses amis révolutionnaires, jusqu'au procès monumental de Stammhein en 1977. Et c'est à la fois beaucoup lorsque le film choisit l'angle d'attaque des scènes qui s'enchaînent autour du trio infernal. D'un côté le désir de mémoire, de l'exposition d'une Histoire nationale récente et douloureuse (l'on se souvient de La chute, de La vie des autres, etc., comme quoi l'Allemagne se regarde comme jamais auparavant), de l'autre le désir de fiction et la mise en valeur du cerveau à trois têtes de la RFA, Baader/Meinhof/Ensslin. Un entre-deux qui, loin d'insuffler un élan emportant tout sur son passage, dessert au contraire le film.
De fait le film joue trop sur cette relation à trois, trop fictive et structurée dans le récit pour ne pas reconnaître qu'elle nuit à l'historique même du groupuscule. Le romanesque s'immisce dans ce qui aurait pu faire le succès du film, le côté froid et distancié de l'information pure. Le mélange des genres ne sied pas lorsque l'on aborde des sujets d'une telle richesse réflexive, les récents exemples de Indigènes et de L'ennemi intime pour la France l'ont prouvé, des films insuffisants sur la guerre en Algérie. Il reste pourtant l'interprétation exceptionnelle de Martina Gedek dans le rôle de la journaliste puis terroriste Ulrike Meinhof. Certainement celle qui doute le plus, elle est aussi celle qui prouve que la réflexion peut engendrer l'acte terrible, Baader et Ensslin étant trop caricaturés pour offrir une quelconque perspective de leurs opinions et comportements. Meinhof ou comment abandonner ses enfants pour une cause que l'on croit juste, pour défendre justement l'avenir de ses enfants. A l'occasion de la sortie le 12 novembre de La bande à Baader, le dernier film d'Uli Edel, il semble judicieux de revenir sur cette période douloureuse de l'histoire allemande que l'on a très ...