Si le cinéma québécois parvient parfois à exporter de jolies perles à l’instar de C.R.A.Z.Y ou
La Grande Séduction, il faut admettre que d’autres films nous laissent songeurs. Le nouveau long-métrage de Carole Laure (actrice et réalisatrice), à qui l’on doit un film gentillet sur la danse sorti il y a quatre ans, ne fait hélas pas partie de ces pépites d’Outre-Atlantique.
La Capture, dont le pitch de départ intrigue et titille notre curiosité est un plantage complet. Mise en scène ingrate, scénario à tiroirs très mal goupillé et jeu de comédiens approximatif forment un tout aussi flou que terriblement ennuyeux. Malgré la présence de Laurent Lucas…
La Capture démarre intelligemment, instaurant une ambiance perverse et délicate lors d’une séquence d’ouverture assez originale pour capter immédiatement notre attention. Deux enfants sont lâchement abandonnés par leur père dans la maison d’amis de la famille… Le flashback est élégant, onirique et fascine par l’interprétation inquiétante de Laurent Lucas, proche de son rôle ambigu de
Qui a tué Bambi ?. On se dit que le film démarre plutôt bien ; on s’en mord les doigts quelques minutes plus tard. Car ce flashback, en plus d’être inutile et complètement dispensable au récit ne témoigne en rien de ce qui va suivre. Nous nous retrouvons ainsi face à un méli-mélo d’intrigues aussi tordues qu’indigestes qui ne parvient jamais à couper dans le gras. Car si la colonne vertébrale du film s’articule autour du kidnapping du père (une idée au demeurant assez intéréssante), on ne comprend pas très bien ce que vient faire cette histoire ridicule de gangs de malfaiteurs aussi inquiétants qu’une bande de beaufs à la chemise ouverte (chaîne en or qui brille).
Et à force de se perdre au gré de détours inutiles, l’intégralité du métrage s’écroule, emportant dans sa chute toutes les bonnes intentions de départ. La jeune comédienne, plutôt sympathique et agréable dans un premier temps, se perd dans un jeu caricatural et grossier ne parvenant jamais à insuffler la moindre émotion à son rôle. Carole Laure tente de faire de sa Rose une Amélie Poulain en herbe en allant jusqu’à choisir une actrice sosie d’Audrey Tautou, en la coiffant comme Amélie, lui faisant porter des habits vert et rouge (jupes et chandails) et en lui en mettant au pied une paire de Kickers noire. Pourquoi pas... Mais à force de pousser le mimétisme, on atteint malheureusement les limbes du ridicule.
La Capture loupe son coup... Laurent Lucas survole de sa présence un film qui se suicide dès ses premiers instants en construisant un récit d’une vacuité coupable et en utilisant vulgairement une psychologie de bazar pour légitimer les actes de ses personnages ! Bref c’est l’électro-encéphalogramme plat, rien à signaler du côté de ce film sans grand interêt que vous pouvez rater sans regrets...