L'HISTOIRE : Son nom est Tank. Il a du charme et plaît beaucoup. Il décide donc d'en faire son "gagne-pain". Il est ainsi régulièrement engagé par les ex-petits amis de jeunes femmes pour passer une soirée avec elles et leur faire vivre un enfer afin que celles-ci retournent vers leur ancien amour. Mais quand le meilleur ami de Tank a besoin de son aide, celui-ci hésite entre son envie de conquérir la jeune femme et son amitié. Car pour une fois, il va être très difficile pour lui de résister à la belle Alexis...
Le résultat risque de s'adresser en priorité à la gente masculine, le machisme et la misogynie y détenant une place assez importante.

Avant de vous en dévoiler davantage, il serait préférable de rappeler qui est Dane Cook. Peu populaire en France (comme bon nombre de ses comparses), il est une véritable star Outre-Atlantique, voire une référence absolue dans le monde du stand-up. Ses nombreux fans se reconnaissent d'ailleurs aisément grâce à un signe de ralliement, le « SUFI », un super Fuck exécuté avec le majeur et l'annulaire. Selon un récent sondage du Time, Dane Cook ferait aussi partie des cent personnes les plus influentes aux États-Unis. Quant à sa carrière cinématographique, elle est déjà bien entamée puisqu'on a pu le voir dans Mystery Men, Deux en un, Mr Brooks ou bien encore Charlie, les filles lui disent merci (pour ne citer que les plus « prestigieux »). En somme, un sacré bonhomme. Mais c'est avec La copine de mon meilleur ami qu'il trouve enfin un rôle à sa réelle démesure. Pourtant, rien ne laissait présager une telle réussite. A commencer par le metteur en scène, Howard Deutch. De la même façon, son nom ne vous dit certainement rien. Et pour cause. Jusqu'à présent, il se contentait de donner suite à quelques piètres comédies (Drôle de couple 2, Les Grincheux 2 sans oublier Mon voisin le tueur 2), après avoir réalisé le tout premier épisode de la série Melrose Place (en 1992), et l'un des derniers films avec Macaulay Culkin, Rend la monnaie, papa !, en 1994. Mais aujourd'hui, sa rencontre avec Dane Cook change enfin la donne. Sans réussir d'incroyables prouesses, aussi bien techniques qu'artistiques, le cinéaste suit tout de même avec finesse et talent les nombreux délires de son acteur principal. Chaque grimace, aussi banale soit-elle, se montre particulièrement efficace et dénuée de toute vulgarité. Dane Cook illumine alors l'écran de par son charisme (il a le physique d'un « démon ») et une folie sans aucune limite. Imaginez-le montrant son sexe en plein mariage, ou invitant une jeune femme catholique pure et dure à dîner dans un restaurant hérétique qui se sert de la religion comme d'un fond de commerce... Scandale assuré ! Et encore, ceci n'est qu'un vague aperçu de ce que vous réserve le personnage. Culte en devenir...
Il convient également de citer ses partenaires, notamment Kate Hudson, dont le charme semble croître de film en film. On regrette que son rôle stagne dans les conventions habituelles, celles de la jeune femme blonde, inaccessible mais gentille, et un peu cruche sur les bords. La comédienne, avec son sourire ravageur et les yeux pétillants, y insuffle toutefois une énergie et une drôlerie des plus atypiques, si bien qu'elle réussit à nous séduire sans grande difficulté, et ce, malgré une beauté extrêmement commune. A ses côtés, Jason Biggs s'éloigne de la caricature American Pie pour composer un personnage tout en retenue, l'un des plus tendres et les plus touchants de l'histoire en raison de son romantisme et d'un manque d'expérience flagrant. Cela ne l'empêche pas pour autant de détenir l'un des meilleurs gags du film, lors d'une scène située dans un salon de coiffure. A vous de le découvrir... Enfin, mention spéciale à Alec Baldwin dans la peau d'un vieux beau toujours aussi obsédé par le sexe. Un état d'esprit particulièrement tendance cette année chez les seniors américains, Michael Douglas interprétant, à quelques détails près, le même rôle dans Hanté par ses ex, sorti récemment. Curieuse coïncidence...

Quant au scénario, il reprend la trame d'une comédie romantique classique, alternant les « Je t'aime », « Je ne t'aime plus », « J'hésite à t'aimer encore... », etc... Mais la particularité de ce film est d'avoir su détourner à l'intérieur-même du script les principaux codes du genre, dans la mesure où, ici, l'homme a pour rôle de dégoûter et non de séduire la femme. Ce n'est pas une parodie, juste une nouvelle approche. Et le changement se révèle particulièrement bénéfique, excepté une fin toujours aussi prévisible. Malgré tout, le résultat risque de s'adresser en priorité à la gente masculine, le machisme et la misogynie y détenant une place assez importante. Rappelons toutefois qu'il s'agit là d'une comédie, à prendre si possible au second degré voire plus...
La copine de mon meilleur ami serait-il le vilain petit canard de l'été ? Derrière l'apparence d'un titre niaiseux se cache en fait une oeuvre délirante et très divertissante. A vous réconcilier définitivement avec les films romantiques... Et Dane Cook pourrait bien être l'un des futurs grands génies de la comédie américaine.